Accueil ACTUALITÉ GHAZA : Un nouveau-né meurt de froid !

GHAZA : Un nouveau-né meurt de froid !

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La bande de Ghaza est une nouvelle fois le théâtre d’un drame humain révélateur de l’ampleur de la crise humanitaire qui continue de ravager le territoire. Samedi, un nourrisson palestinien est décédé des suites du froid intense qui s’abat sur l’enclave, dans un contexte marqué par des conditions de vie extrêmes pour des centaines de milliers de personnes déplacées, contraintes de survivre dans des abris précaires, dépourvus des protections les plus élémentaires contre les intempéries hivernales. L’enfant, prénommé Mahmoud, n’était âgé que d’une semaine. Selon le témoignage de son père, Adnan Al-Aqra, le nourrisson a succombé au froid glacial qui a accompagné une violente dépression atmosphérique ayant frappé Ghaza à partir de vendredi, avec des pluies abondantes, des vents violents et une chute notable des températures. La famille vivait dans une tente délabrée, installée dans un camp de déplacés à Deir al-Balah, au centre de la bande de Ghaza. « Nous avons attendu sa naissance pendant neuf mois. Est-il acceptable qu’un enfant meure simplement parce qu’il a froid ? », a déclaré le père, la voix brisée, depuis l’hôpital des Martyrs d’Al-Aqsa, où le décès de son fils a été constaté. Dans la morgue de l’établissement, il a fait ses adieux à son enfant, submergé par l’émotion. Selon son récit, les vents violents ont arraché plusieurs tentes dans la zone où se trouvait la famille, provoquant une exposition directe aux intempéries. Au cours de la nuit, Mahmoud a commencé à trembler de manière incontrôlable. Face à l’aggravation de son état, son père a tenté de joindre les équipes de secours, sans succès. Faute d’ambulance disponible, il a enveloppé le nourrisson dans une couverture et l’a transporté à pied vers l’hôpital de campagne le plus proche. À son arrivée, la température corporelle de l’enfant était inférieure à 30 degrés. Malgré les tentatives de réchauffement et les soins d’urgence prodigués, puis son transfert vers l’hôpital des Martyrs d’Al-Aqsa, l’enfant est décédé quelques heures plus tard, emporté par les effets du froid. Ce drame met en lumière la vulnérabilité extrême des populations déplacées à Ghaza, dont une grande partie vit depuis des mois dans des tentes usées, parfois déchirées, sans isolation thermique ni moyens de chauffage suffisants. Les familles dépendent de quelques couvertures pour affronter des nuits glaciales, dans un contexte où l’électricité est rare et le carburant quasiment inexistant. La Défense civile de Ghaza a confirmé que la dépression atmosphérique actuelle a causé des dégâts considérables aux infrastructures d’hébergement temporaire. Dans un communiqué publié samedi, son porte-parole, Mahmoud Bassal, a indiqué que des milliers de tentes ont été endommagées ou totalement détruites par les vents, notamment celles installées le long du littoral, particulièrement exposées aux rafales et aux embruns. « Des milliers d’autres tentes restent menacées de s’envoler à tout moment, en l’absence de moyens de fixation ou de protection », a averti Bassal, soulignant que chaque nouvel épisode météorologique se transforme en catastrophe humanitaire. Selon lui, les habitants ont été contraints d’installer leurs tentes sur la plage faute d’espaces disponibles à l’intérieur des villes, après la destruction massive de quartiers résidentiels entiers. La Défense civile met également en garde contre la présence de milliers de maisons partiellement détruites et menacées d’effondrement. Les fissures structurelles, aggravées par les pluies et les vents, représentent un danger immédiat pour les familles qui n’ont d’autre choix que de s’y réfugier. « Chaque tempête fait craindre de nouveaux drames », a ajouté le porte-parole. Cette situation intervient alors que l’accord de cessez-le-feu, entré en vigueur le 10 octobre 2025, devait permettre une amélioration progressive des conditions humanitaires dans la bande de Ghaza. Or, selon les autorités locales et les organisations de secours, les engagements prévus par cet accord, notamment l’ouverture des points de passage et l’entrée de matériaux de construction, de tentes et d’habitations préfabriquées, n’ont pas été respectés. Le blocage persistant de la reconstruction empêche toute solution durable pour les centaines de milliers de déplacés. La Défense civile estime que ce refus constitue une violation flagrante des principes humanitaires et du droit international humanitaire, dans la mesure où il expose délibérément des civils à des conditions de vie mettant leur survie en péril. Parallèlement à cette crise humanitaire, les violences se poursuivent sur le terrain. Samedi matin, trois Palestiniens ont été tués et plusieurs autres blessés lors de bombardements et de tirs dans différentes zones de la bande de Ghaza. Un homme a été tué et un autre blessé lors d’une frappe de drone près du rond-point de Bani Suhaila, à Khan Younès. Deux autres personnes ont trouvé la mort à l’est du quartier d’Al-Zaytoun, touchées par des tirs provenant de véhicules militaires. D’autres civils ont été blessés lors d’un bombardement visant l’entrée du camp d’Al-Maghazi, au centre du territoire, tandis que l’artillerie a continué de pilonner le sud de la zone d’Al-Mawasi, à Rafah. Selon des sources médicales, ces nouvelles victimes portent à 441 le nombre de Palestiniens tués depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, tandis que le nombre de blessés dépasse les 1 223 personnes. Pour rappel, l’accord de cessez-le-feu a mis fin à une guerre de destruction massive qui a duré deux ans, depuis octobre 2023, et qui a coûté la vie à plus de 71 000 Palestiniens, tout en faisant plus de 171 000 blessés. Près de 90 % des infrastructures civiles ont été détruites ou gravement endommagées, et le coût de la reconstruction est estimé par les Nations unies à environ 70 milliards de dollars. Face à l’aggravation de la situation, la Défense civile appelle à une intervention urgente de la communauté internationale afin d’assurer des solutions d’hébergement sûres, l’entrée immédiate de matériaux de construction et la protection des civils contre les conséquences des intempéries. Sans une action rapide, avertissent les autorités locales, l’hiver pourrait transformer la crise humanitaire à Ghaza en une catastrophe d’une ampleur encore plus dramatique.

M. S.

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