Le visage de la tragédie palestinienne s’incarne aujourd’hui dans l’enfant Jawad Abou Nassar, un nourrisson de moins de deux ans originaire du camp de réfugiés de Maghazi à Ghaza. Selon des témoignages et rapports médicaux, l’enfant a été retenu avec son père par les forces sionistes afin d’obtenir des aveux. Rendu à sa famille par le Comité international de la Croix-Rouge, son corps portait des brûlures de cigarette et des plaies infligées par une lame. Le père, Osama, blessé à l’épaule, demeure toujours détenu. Les circonstances de cette affaire dénoncent, selon les observateurs, une cruauté méthodique et une violation flagrante des droits de l’enfant. Le ministère de la Santé à Ghaza a fait état ce jeudi d’un bilan effroyable : 72 267 morts et 171 976 blessés depuis le début de l’agression israélienne le 7 octobre 2023. Au cours des dernières 24 heures, deux morts et 17 blessés ont été recensés. Depuis le cessez-le-feu du 11 octobre 2023, 691 martyrs et 1 876 blessés supplémentaires ont été enregistrés, avec 756 corps extraits des décombres. Le nombre de victimes sous les décombres reste inconnu, la situation empêchant les équipes de secours d’y accéder. Cette convergence de violences contre les civils, de crise humanitaire et d’ingénierie militaire révèle une situation dramatique à Ghaza, où la population continue de subir les conséquences directes du conflit et de l’occupation.
Crise sanitaire et environnementale
Parallèlement, Ghaza fait face à une catastrophe environnementale imminente. Ahmed Al-Soufi, président du conseil des services communs pour la gestion des déchets solides des gouvernorats de Khan Younès, Rafah et la zone centrale, a alerté sur l’accumulation sans précédent de déchets solides, menaçant la santé de centaines de milliers de citoyens et de déplacés. Selon Al-Soufi, environ un million de « bennes » de déchets se sont accumulées depuis le début du conflit, avec un apport quotidien supplémentaire de 1 400 bennes, aggravant la crise. Les sites temporaires de stockage à Khan Younès, Deir al-Balah et Nuseirat sont presque saturés et risquent de ne plus pouvoir contenir les déchets dans les prochaines semaines si la situation persiste. Le responsable a souligné que le manque de pièces détachées, d’équipements lourds et l’impossibilité d’accès aux sites de traitement, principalement en raison des restrictions imposées par l’occupation, empêchent une gestion efficace des déchets. Le conseil a récemment lancé un appel urgent au Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU et à l’Organisation mondiale de la santé pour prévenir une « suffocation environnementale », alors que plus de 1,5 million de déplacés se concentrent sur moins de 40 % de la superficie du territoire.
M. S.













































