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ESSENCE À FAIBLE ÉMISSION DE CO2 : Sonatrach passe à la norme E5 à Augusta

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À partir de la raffinerie d’Augusta, située en Sicile (Italie), qu’elle détient entièrement, Sonatrach a franchi une étape décisive dans sa démarche stratégique de transition énergétique, en lançant la production d’essence E5 destiné au marché local.
La filiale Sonatrach Raffineria Italiana a fait savoir dans une publication diffusée vendredi sur son compte LinkedIn que le premier chargement de ce produit a quitté le terminal sicilien mercredi 14 janvier. Ce n’est pas une grande surprise, l’Algérie comptait passer à la norme Euro 5 dès cette année. C’est fait, par l’intégration dans l’essence, de 5 % d’éthanol, composant d’origine biologique et renouvelable issu de matières agricoles ou organiques. Dans son communiqué, la raffinerie précise que « cette intégration s’inscrit dans notre stratégie visant à augmenter la part des composants biologiques dans les carburants destinés au transport» et ajoute que ce succès « illustre la capacité de Sonatrach à s’adapter aux transformations réglementaires et environnementales rapides du marché européen ». Cela permet de réduire la dépendance aux dérivés pétroliers conventionnels, et de diminuer les émissions de dioxyde de carbone (CO2), ce qui rejoint les préoccupations environnementales des pays de l’Union européenne, exprimées dans des règles très strictes. Le communiqué précise que l’éthanol incorporé dans le mélange provient de l’usine IMA (Industria Meridionale Alcolici), implantée dans la province de Trapani, à l’ouest de la Sicile. IMA produit et vend du bioéthanol, utilisé dans le monde entier pour le mélange direct avec de l’essence. Les informations données sur son site font savoir que IMA s’est imposée, dès 1990, comme la première usine italienne de production de bioéthanol en construisant la plus grande usine italienne de tamis moléculaire pour la production d’alcool déshydraté à 99,9 % vol. Sa capacité de production initiale était de 300 m³ / jour. Depuis lors, l’entreprise a encore amélioré ses opérations en doublant sa capacité de production à 600 m³ / jour grâce à l’ajout d’une deuxième usine de déshydratation et en augmentant sa capacité de stockage à 36 000 m³ en utilisant exclusivement des réservoirs en acier inoxydable. Aujourd’hui, IMA se présente comme un leader durable dans la production et la fourniture de bioéthanol en Méditerranée. Quant à Sonatrach Raffineria Italiana S.r.l. (SRI), c’est une société dont le siège est à Augusta, appartenant au groupe Sonatrach qui en est l’unique actionnaire. L’entreprise opère dans le secteur du raffinage du pétrole brut à la raffinerie d’Augusta, dans le stockage et la distribution de produits finis avec les deux dépôts côtiers de Naples et Palerme ainsi que le dépôt d’Augusta adjacent à la raffinerie. L’entreprise est un leader européen dans la production de bases lubrifiantes, de bitume et de paraffines.

Des normes strictes
On sait que l’accès au marché européen pour nombre de produits impose une décarbonation progressive aux entreprises qui exportent vers l’UE. Sonatrach est engagée dans ce processus tout comme d’autres entreprises algériennes confrontées au même obstacle. Dans le domaine des carburants, il faut, toutefois, noter, que, selon les sources européennes, l’Euro 5 est aujourd’hui insuffisante face aux objectifs de l’UE d’une réduction de 55% des CO2 en 2030 et 100% en 2035, qui poussent vers l’Euro 6 et l’électrification. Ainsi, les mêmes sources font remarquer que des villes comme Bruxelles interdisent les diesel Euro 5 dès 2026, et la circulation des poids lourds Euro 5 est restreinte en France au-delà de 40 tonnes depuis 2025. Pour rappel, la Norme euro a été mise en place par l’UE en 1988 pour les véhicules lourds (norme Euro 0 à VI) , afin de limiter les émissions de polluants liées aux transports routiers. Elle fixe des normes de plus en plus contraignantes pour les constructeurs, qui sont dans l’obligation de mettre sur le marché des véhicules moins polluants.
M’hamed Rebah

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