Les activités culturelles et de défense des droits de l’homme se poursuivent en Espagne. Elles mettent en exergue la souffrance du peuple sahraoui et le processus de décolonisation au Sahara occidental, dans le contexte de l’occupation marocaine persistante et des violations des droits de l’homme qui l’accompagnent. Issues de divers horizons, des voix soutenant le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, et affirment que la question sahraouie demeure d’actualité et que malgré toutes les tentatives marocaines d’imposer une situation de fait accompli, les droits du peuple sahraoui sont inaliénables et imprescriptibles. Parmi ces voix, celle de l’artiste et activiste sahraouie Aziza Ibrahim, qui a souligné, lors d’une interview avec le journaliste et écrivain espagnol Gorka Andraka, publiée sur son site officiel via les plateformes de médias sociaux, « que la question sahraouie n’a pas perdu de son élan et de son essence que le peuple sahraoui continue de défendre ses droits et sa terre malgré l’occupation persistante et les mesures de répression imposées par l’autorité coloniale. L’artiste a affirmé que la lutte se poursuit malgré les tentatives de l’occupation d’imposer une réalité contraire à la légitimité internationale, notant que la persistance du conflit reflète les politiques d’occupation basées sur le contrôle et l’expansion, qui empêchent le retour des civils et entravent le développement et la liberté de mouvement, avec la persistance des effets de l’occupation et de ses violations sur la société sahraouie. Elle a également souligné que la souffrance quotidienne des Sahraouis n’inclut pas seulement la menace directe sur les vies, mais aussi les restrictions sur les droits économiques, sociaux et culturels, ce qui entrave tous les efforts de développement et d’éducation, affirmant que le travail culturel et artistique sahraoui, y compris la production et la projection de films dans les forums internationaux, représente un outil important pour révéler ces violations et mettre en lumière la réalité de l’occupation basée sur la répression et la spoliation des droits légitimes. Selon de nombreuses sources, la chape de plomb sous laquelle le Maroc voulait enterrer la cause sahraouie est fissurée et aujourd’hui le discours triomphateur prononcé par M6 au lendemain de l’adoption par la Conseil de sécurité de l’ONU, de la résolution 2797, au mois de novembre dernier prend les allures d’une grosse supercherie du makhzen pour faire oublier aux marocains leurs difficultés quotidiennes. Abordant le discours international, Aziza Ibrahim a affirmé que tout intérêt culturel ou médiatique n’aurait pas d’impact réel s’il n’était pas accompagné d’une pression politique tangible sur les autorités d’occupation pour garantir le respect des droits fondamentaux du peuple sahraoui et l’activation des résolutions de la légitimité internationale concernant le droit à l’autodétermination. C’est là une activité qui est présente sur le terrain, chaque jour que Dieu fait et à travers le monde, pour appuyer l’action armée des unités de l’Armée de libération du peuple sahraoui (Alps), du gouvernement de la RASD, de ses représentations diplomatiques à travers le monde, de ses jeunes et ses artistes. À ces témoignages il faudra ajouter que les activistes et les organisations continuent de mettre en lumière la réalité sur le terrain. La plateforme « N’oubliez pas le Sahara occidental » a souligné, dans un rapport intitulé « Les femmes sahraouies qui déminent : de la reconnaissance culturelle à la controverse politique », que la nomination du court métrage « Disonancia » aux Premios Goya a ravivé l’intérêt pour la question des femmes sahraouies qui travaillent au déminage. Des activistes sahraouis et des sympathisants à travers le monde ont souligné que le travail humanitaire qui se fait actuellement révèle, en même temps, la persistance des effets du conflit face à l’obstination de l’État occupant qui continue de violer la terre et de réprimer les civils, et impose une réalité coercitive au peuple sahraoui. Le rapport indique que les membres de l’équipe de déminage travaillent près du « mur militaire » construit par le Maroc dans les années 1980, un mur toujours entouré de champs de mines, ce qui constitue un danger permanent pour les civils et entrave la liberté de mouvement, le développement et le retour des habitants dans leurs régions. Il faut rappeler dans ce contexte, que le Maroc continue toujours de refuser l’accès des territoires occupés, aux Ong spécialisées dans la défense des droits Humains tout comme il continue de refuser d’étendre les missions de la Minurso aux questions liées aux atteintes aux droits de l’homme dans les territoires sahraouis occupés. Parallèlement la projection du film documentaire « Disonancia » au Parlement européen a suscité un débat renouvelé sur la cohérence du discours européen sur les droits de l’homme avec les pratiques de certains pays concernant la question du Sahara occidental. Le rapport a affirmé, citant des observateurs, que l’intérêt culturel, malgré son importance, reste d’un impact limité s’il ne se traduit pas par des positions politiques claires et des mesures pratiques qui mettent fin à la réalité de l’occupation. Alors que le Maroc tente de promouvoir des récits politiques et médiatiques visant à obscurcir la vérité du conflit, ajoute le rapport de la plateforme, les faits sur le terrain et les témoignages des droits de l’homme confirment que la question sahraouie reste une question de décolonisation inachevée, et que le peuple sahraoui, malgré des décennies de refuge et de souffrance, poursuit sa lutte en s’accrochant à son droit légitime à la liberté et à l’indépendance. C’est là l’unique voie pour garantir au peuple sahraoui de faire valoir son droit à l’autodétermination, un droit reconnu par la communauté internationale malgré les tentatives marocaines de faire obstruction à tout effort de règlement pacifique du conflit qui l’oppose au front Polisario et son peuple depuis 1975 et sa marche verte qui lui avait permis d’occuper les territoires sahraouis évacués par l’Espagne.
Slimane B.












































