Dans un tournoi où chaque détail pèse lourd, l’Algérie a su puiser dans ses ressources mentales et collectives pour franchir l’obstacle congolais. Au terme d’un huitième de finale haletant face à la RD Congo (1-0), les Verts ont validé leur billet pour les quarts de finale de la CAN-2025. Une qualification arrachée au bout du suspense, révélatrice d’un groupe solidaire, patient et déterminé à aller plus loin.
La victoire algérienne face à la RD Congo n’a rien eu d’un succès facile. Longtemps accrochés par une équipe congolaise bien organisée et disciplinée, les Fennecs ont dû attendre la prolongation et la 119ᵉ minute pour faire la différence. Mais au-delà du but décisif, c’est surtout la maîtrise collective et la solidité mentale qui ressortent de cette prestation aboutie. En conférence de presse, le sélectionneur national Vladimir Petkovic s’est montré globalement satisfait. Le technicien helvético-bosnien a justifié ses choix tactiques, notamment l’option offensive avec Mohamed Amoura aligné en pointe. « Nous voulions avoir le ballon et aller vite », a-t-il expliqué, soulignant la montée en puissance progressive de son équipe. Selon lui, la domination des trente dernières minutes a fini par user l’adversaire et ouvrir la voie à la délivrance. Petkovic a également insisté sur l’importance du collectif et du banc de touche. Dans un match aussi intense, la gestion de l’effectif s’est révélée cruciale. « Le banc est extrêmement important. Nous avons un groupe fort », a-t-il rappelé, tout en reconnaissant la fatigue accumulée par plusieurs joueurs après une phase de groupes exigeante. Malgré cela, le sélectionneur se veut confiant pour la suite, mettant en avant la profondeur et la disponibilité de son effectif.
Le collectif avant tout
Capitaine exemplaire, Riyad Mahrez a livré une analyse lucide en zone mixte. Conscient de la difficulté de la rencontre, il a insisté sur la solidité mentale des Verts. « C’était un match fermé. Ils étaient bien en place », a-t-il reconnu, avant d’ajouter que l’essentiel résidait dans la capacité du groupe à rester concentré. Pour Mahrez, l’Algérie savait que la persévérance finirait par payer, même sans briller immédiatement. Le discours du leader algérien a également mis en lumière le rôle des cadres auprès des plus jeunes. Sans s’approprier l’entrée décisive d’Adil Boulbina, Mahrez a rappelé que les choix appartenaient avant tout au sélectionneur. Il a toutefois souligné l’importance de guider et d’accompagner les jeunes éléments, dans un esprit de transmission et d’unité.
Sur le terrain, cet esprit collectif s’est aussi traduit par l’engagement de joueurs comme Rayan Aït-Nouri. Titulaire malgré une maladie contractée les jours précédant la rencontre, le latéral gauche a tenu à honorer le maillot national. « Pour ce maillot, je donnerai tout », a-t-il confié, saluant également la qualité de l’adversaire congolais et le soutien indéfectible du public algérien, omniprésent à Rabat.
Boulbina, symbole d’une équipe
Le héros de la soirée se nomme Adil Boulbina. Entré en jeu en seconde période, le jeune ailier a inscrit un but somptueux à la 119ᵉ minute, offrant la qualification aux siens. Ému et humble, il a tenu à replacer son exploit dans un cadre collectif. « J’ai récolté le fruit des efforts de mes coéquipiers », a-t-il déclaré, refusant toute glorification personnelle. Boulbina a également raconté l’intensité émotionnelle de ce moment, entre larmes, ferveur populaire et sentiment d’accomplissement. Pour lui, marquer et qualifier l’Algérie devant un public aussi fidèle représente une immense fierté, mais aussi une responsabilité pour la suite du tournoi.
D’autres joueurs sortis du banc, à l’image de Himad Abdelli, ont confirmé la solidité du groupe. Le milieu de terrain a mis en avant la rigueur défensive et la sérénité affichée, même lorsque le score restait vierge. Une confiance collective qui aurait, selon lui, permis à l’Algérie d’aborder sereinement une éventuelle séance de tirs au but.
Solide, patiente et unie, l’Algérie a envoyé un message clair à ses futurs adversaires. Désormais tournée vers un quart de finale très attendu face au Nigeria, la sélection nationale devra confirmer cette constance retrouvée. Jusqu’où cette force collective pourra-t-elle porter les Fennecs dans cette CAN-2025 ?
Mohamed Amine Toumiat












































