L’Allemagne se prépare à des perturbations importantes dans le trafic aérien et les transports publics cette semaine, alors que les syndicats intensifient la mobilisation contre les employeurs au sujet des salaires, des pensions et des conditions de travail par le biais d’une série de grèves. Le syndicat Verdi a annoncé lundi une grève d’avertissement d’une journée à l’aéroport de Berlin-Brandebourg (BER), prévue aujourd’hui, suite à l’échec des négociations salariales avec la direction de l’aéroport. Le syndicat a déclaré que cette action était « une conséquence directe du refus des employeurs de présenter une offre négociable ». L’agence de presse allemande DPA a indiqué que l’impact total sur les opérations aériennes à l’aéroport BER reste incertain, mais les passagers ont été avertis de s’attendre à des perturbations majeures. Le syndicat Verdi réclame une augmentation de salaire pour environ 2 000 employés de BER dans le cadre d’un accord proposé sur 12 mois. Il exige une hausse de 6 %, avec une augmentation mensuelle minimale de 250 euros (285 dollars américains), ainsi qu’un jour de congé supplémentaire pour ses membres. Selon Verdi, les employeurs ont proposé des augmentations de salaire annuelles d’environ 1 % jusqu’à la fin de 2028 lors du deuxième cycle de négociations la semaine dernière, une offre que le négociateur principal du syndicat a rejetée comme insuffisante. Par ailleurs, une grève se profile également chez Eurowings, filiale de Lufthansa, après qu’un vote massif des pilotes a approuvé le mouvement en faveur d’un débrayage, selon le syndicat des pilotes Vereinigung Cockpit (VC). Environ 82 % des membres éligibles ont participé au vote, et 94 % se sont prononcés en faveur de la grève. Le différend chez Eurowings porte sur les régimes de retraite d’entreprise des pilotes, faisant écho à un conflit similaire au sein de sa maison mère, Lufthansa. VC a indiqué qu’Eurowings avait refusé toute augmentation des cotisations patronales lors des négociations. Le président de VC, Andreas Pinheiro, a appelé à une « concession significative de la part des employeurs ». Ce vote intervient peu après une grève de deux jours menée la semaine dernière par les pilotes de Lufthansa en raison de désaccords sur les régimes de retraite professionnels, ce qui a entraîné l’annulation de centaines de vols.
Les bus et les trains immobilisés à Bavière, de Sarre, de Brandebourg, de Rhénanie-du-Nord-Westphalie et de Hambourg
Le mouvement social s’étend également au-delà du secteur aérien. Le syndicat Verdi a lancé un appel à la grève d’avertissement dans les transports publics locaux pour protester contre les salaires et les conditions de travail ; plusieurs Länder allemands devraient être touchés dès demain jeudi. Selon le syndicat, les bus et les trains resteront immobilisés dans les dépôts de Bavière, de Sarre, de Brandebourg, de Rhénanie-du-Nord-Westphalie et de Hambourg jeudi. L’agence de presse allemande Dpa a indiqué que d’autres Länder pourraient se joindre au mouvement. En Rhénanie-du-Nord-Westphalie, le mouvement de grève se poursuivra au-delà de jeudi, des grèves d’avertissement étant prévues mardi dans la plupart des régions. Lundi, les employés des administrations et des centres de service à la clientèle de l’État ont déjà débrayé. En Saxe, une partie des transports publics a également été touchée par la grève lundi. La vague actuelle de grèves marque la troisième grande grève coordonnée dans le cadre des négociations collectives en cours pour les travailleurs des transports publics, que Verdi mène simultanément dans tous les Länder allemands. « Dans de nombreux États, nous n’en sommes malheureusement qu’au tout début, au quatrième mois de ces négociations », a déclaré Christine Behle, vice-présidente de Verdi.
Dans la plupart des États, les négociations portent principalement sur les conditions de travail définies par les conventions collectives, notamment la durée du travail, les pauses et les temps de repos entre les postes. Dans certaines régions, les discussions abordent également des revendications salariales. Les employeurs, cependant, ont réagi aux revendications de Verdi. L’association des employeurs municipaux de Rhénanie-du-Nord-Westphalie accuse depuis des semaines le syndicat d’ignorer la situation financière catastrophique des opérateurs de transport, affirmant que « les salaires et les conditions de travail se sont déjà nettement améliorés et que les transports publics locaux offrent déjà des emplois attractifs » selon cette association des employeurs.
R. I.










































