Au moment où le monde musulman célébrait l’Aïd El-Adha, et en pleine saison du Hadj, un incident a provoqué l’indignation des musulmans dans diverses parties du monde, après qu’un manifestant de l’extrême droite ai brûlé le Saint Coran devant la Grande Mosquée de Stockholm, sans que les autorités suédoises ne bougent le petit doigt. Une atteinte à la mémoire collective de plus d’un milliard de musulmans.
Au cours des dernières heures, les pays arabes et musulmans se sont prononcés pour condamner cet acte infâme, tout en menaçant de prendre des mesures décisives en réponse à cet agissement répété. En effet, en janvier dernier, le chef du parti d’extrême droite danois « Ligne dure », Rasmus Paludan, qui a pour habitude d’insulter les musulmans, s’était mis en scène en train de brûler un coran devant l’ambassade turque de Stockholm. Cette fois-ci, la police suédoise a elle-même autorisé ce rassemblement, plusieurs pays et organisations internationales ont condamné cet acte « provocateur », le qualifiant surtout de « méprisable » et d' »inacceptable ».
L’Algérie réaffirme « son rejet total de cet incident provocateur »
À commencer par l’Algérie qui a condamné fermement ces actes d’extrémistes suédois. « L’Algérie réaffirme son rejet total de cet incident provocateur, commis au premier jour de l’Aïd El-Adha, et insiste sur le fait que ces pratiques abjectes et répétées sont de nature à provoquer la haine et les sentiments religieux des musulmans, car portant profondément atteinte aux valeurs de liberté sur lesquelles reposent les sociétés avec tout ce qu’elles véhiculent comme valeurs humaines», a indiqué un communiqué du ministère des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, renouvelant son appel « à promouvoir les valeurs de tolérance, de dialogue et du vivre-ensemble, à rejeter l’extrémisme et à empêcher toute atteinte aux Religions et à tout ce qui leur est sacré ». Dans un communiqué, le ministère saoudien des Affaires étrangères a exprimé la ferme condamnation et dénonciation par le Royaume de cet acte honteux qui a provoqué les sentiments des musulmans du monde entier le premier jour de l’Aïd El-Adha, et contredit les valeurs de respect de l’autre et de son caractère sacré, et alimente les sentiments de haine entre les peuples. De même, le ministère jordanien des Affaires étrangères et des Expatriés a condamné l’autodafé et l’a considéré comme une incitation et un acte raciste inacceptable. Même réaction de la part de la République islamique d’Iran, qui ne tolère pas une telle insulte et condamne fermement cet acte provocateur, irréfléchi et inacceptable, comme l’a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Nasser Kanan.
Même son de cloche chez le Soudan qui, à travers son ministère des Affaires étrangères, a qualifié cet acte d’honteux et provocateur pour les musulmans du monde entier, alors que le ministère libyen des AE, qui a déclaré que de tels actes vont clairement à l’encontre des efforts internationaux visant à répandre la tolérance et la modération et à dénoncer l’extrémisme.
«Il est inacceptable d’autoriser des manifestations anti-islamiques au nom de la liberté d’expression »
Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a condamné cet acte sur son compte Twitter : « Je condamne la manifestation ignoble en Suède contre notre livre sacré le premier jour de l’Aïd El-Adha ». Il a ajouté qu’il est «inacceptable d’autoriser des manifestations anti-islamiques au nom de la liberté d’expression ». Pour sa part, le Parlement arabe a appelé les peuples arabes et islamiques à boycotter les produits suédois et à ne pas se rendre en Suède, et a appelé les pays arabes et islamiques à prendre des positions sérieuses à cet égard pour soutenir la Religion musulmane et le Noble Coran. Dans ce contexte, il est utile de préciser que la Turquie pourrait faire obstacle à l’adhésion de la Suède à l’OTAN. Le président russe Vladimir Poutine a condamné, lui aussi, cet incident et a déclaré lors de sa visite dans une mosquée du Daghestan : « Ce Coran est sacré pour les musulmans et sacré pour les autres. Nous savons que dans d’autres pays, ils se comportent différemment et ne respectent pas les sentiments religieux des autres, et ils disent aussi que ce n’est pas considéré comme un crime dans notre pays. Nous considérons cela comme un crime ». Et selon l’agence de presse russe, Sputnik, le président de la Douma russe, Viatcheslav Viktorovitch Volodine, a condamné les pratiques des autorités suédoises, qui ont autorisé cette manifestation indigne. De son côté, le Département d’État américain a condamné dans un communiqué l’incendie du saint Coran, affirmant que brûler des textes religieux est nuisible et montre un manque de respect.
Indignation et condamnation des organisations internationales
Le Parlement arabe a souligné que ces violations contre le Livre de Dieu sont un crime à part entière, rejeté par toutes les lois et pactes internationaux qui soulignent la nécessité de respecter les Religions et les Livres saints et d’empêcher le mépris des Religions, indiquant que ces provocations éveillent les sentiments des musulmans et sont totalement rejetées. L’Organisation de la Coopération islamique (OCI) a fermement condamné cet acte et mis en garde contre sa gravité, qui est contraire aux efforts internationaux visant à diffuser les valeurs de la tolérance, et à mettre un terme à l’extrémisme. La Ligue des États arabes a, de son côté, condamné, par la voix de son secrétaire général, Ahmed Aboul-Gheït, cet incident fort regrettable, appelant « à ne plus tolérer de pareils actes ».
Dans un communiqué, Aboul-Gheït a condamné notamment « la facilité avec laquelle des extrémistes ont pu mener leur acte », soulignant que « les États ont une obligation de veiller sur le respect des cultures et Religions d’autrui et non pas de soutenir ou de cautionner de tels gestes ». La Mosquée Al-Azhar et le Conseil de coopération des pays du Golfe ont condamné, eux aussi, vigoureusement cet énième acharnement contre l’Islam, appelant la communauté internationale « à ne pas rester passive devant de telles agressions qui ne peuvent qu’entraver l’épanouissement des valeurs de paix, de tolérance et de pardon ».
Hamid Si Ahmed