La vice-secrétaire générale de l’ONU, Amina Mohammed, a exprimé samedi son inquiétude après le dernier enlèvement massif survenu dans une école au Nigeria, appelant à la libération immédiate de toutes les personnes enlevées.
Ancienne ministre de l’Environnement du Nigeria, Mme Amina Mohammed a indiqué sur les réseaux sociaux que les écoles devaient être des « sanctuaires pour l’éducation et non des cibles », appelant à protéger les écoles, et à traduire les auteurs en justice. Selon les premières informations, 215 élèves ont été kidnappés tôt vendredi à l’école St. Mary’s de Papiri, dans l’Etat du Niger. Mais ce chiffre a ensuite été revu à la hausse par l’Association chrétienne du Nigeria, qui fait désormais état de 303 élèves et 12 enseignants enlevés. Le représentant de l’ONU dans le pays, Mohamed Fall, Coordonnateur résident et humanitaire, a qualifié la nouvelle de « déchirante », surtout quelques jours après les enlèvements dans l’Etat de Kebbi. « Il est temps de mettre pleinement en œuvre le Principe des écoles sûres », a-t-il déclaré. Ce principe avait été lancé lors de la première conférence internationale sur la sécurité des écoles, organisée à Oslo en 2015. Le Nigeria avait alors signé la Déclaration sur la sécurité dans les écoles, qui engage notamment les États signataires à éviter l’utilisation militaire des établissements scolaires, à protéger l’éducation contre les attaques et à garantir la continuité de l’enseignement en situation d’urgence. Il s’agit du dernier épisode d’une série d’enlèvements massifs, dont celui survenu plus tôt cette semaine dans l’Etat de Kebbi, où 25 élèves ont été emmenés de force. Le nombre de personnes enlevées dans cette école catholique du centre du pays dépasse celui des 276 jeunes filles kidnappées à Chibok en 2014. Aucun groupe n’a pour l’heure revendiqué l’attaque. Les autorités ont déployé des forces de sécurité pour retrouver les élèves et leurs ravisseurs, tandis que l’Etat du Niger a annoncé la fermeture de toutes les écoles jusqu’à nouvel ordre.
315 élèves et enseignants d’une école enlevés
Samedi, des hommes armés ont enlevé 315 élèves et enseignants dans une école au Nigeria, a annoncé samedi une association au lendemain du rapt, soit l’un des plus importants kidnappings de masse dans le pays le plus peuplé d’Afrique. Le raid vendredi contre l’école mixte « Saint Mary » dans l’Etat du Niger, dans le centre du Nigeria, est survenu après une attaque menée lundi contre un lycée de l’Etat voisin de Kebbi par des hommes armés, qui y ont enlevé 25 jeunes filles. Selon l’Association des chrétiens du Nigeria (CAN), « le nombre total de victimes enlevées (…) dans l’école catholique primaire et secondaire Saint Mary de Papiri, dans la zone de gouvernement local d’Agwarra, dans l’Etat du Niger, s’élève désormais à 303 élèves et 12 enseignants », soit presque la moitié des effectifs de l’école (629 élèves). Le précédent bilan faisait état de 227 disparus. Le gouverneur de l’Etat du Niger, Mohammed Umar Bago, a assuré samedi que les forces de sécurité étaient encore en train de compter et qu’elles fourniraient un chiffrage d’ici la fin de la journée. M. Bago a décidé de fermer toutes les écoles de son Etat, imitant ainsi les autorités des Etats voisins de Katsina et de Plateau. Le ministère de l’Education nigérian a de son côté annoncé la fermeture de lycées gérés par le gouvernement fédéral, essentiellement dans le nord du pays.
L’UNICEF aux côtés des victimes
Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a rappelé cette semaine qu’il continue de travailler en étroite collaboration avec le gouvernement, la société civile et les communautés pour renforcer les systèmes de protection de l’enfance, conformément au principe selon lequel aucun enfant ne doit être mis en danger en cherchant à se former. Le bureau nigérian de l’UNESCO, l’agence onusienne pour la culture, l’éducation et la science, a également condamné ce nouvel enlèvement massif, rappelant que les écoles ne doivent jamais être des cibles. « Nous sommes aux côtés des victimes, de leurs familles et du gouvernement du Nigeria, et nous appelons à la libération immédiate de tous les enfants enlevés », a déclaré l’agence.
R. I.












































