La bonne santé de l’économie algérienne attestée par les rapports de la Banque d’Algérie et des institutions financières internationales (Banque mondiale et Fonds monétaire international) est confirmée par la note concernant l’Algérie publiée dans le Rapport pays 2024 du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD).
«Le taux de croissance économique s’est accéléré, passant de 3,6% en 2022 à 4,2% en 2023, porté par les secteurs des hydrocarbures, l’industrie, la construction et les services », constate la BAD. Autres appréciations de la BAD : «La politique monétaire est restée accommodante malgré la décision de la banque centrale en avril 2023 d’augmenter les réserves obligatoires et d’accélérer l’absorption des liquidités dans le secteur bancaire. Le déficit budgétaire s’est creusé, passant de 7,8% du PIB en 2022 à 10,2% en 2023, en raison de l’augmentation des salaires et des pensions versés aux fonctionnaires. Les recettes budgétaires ont augmenté d’environ 5% par rapport à 2022, malgré une légère baisse des recettes pétrolières. La dette publique, principalement intérieure, a diminué, passant de 62,1% du PIB en 2021 à 55,1% en 2023. L’excédent du compte des opérations courantes extérieures s’est considérablement réduit, passant de 8,6% du PIB en 2022 à 2,3% en 2023, ce qui a entraîné une baisse des réserves de change, qui sont passées de 18 mois de couverture des importations à 14 mois ». Le rapport relève que «l’inflation est restée élevée (9,3% contre 9,2% en 2022) en raison de la hausse des prix des denrées alimentaires», indique le rapport de la BAD. Sur ce paramètre, il est utile de se référer également au dernier bulletin de l’Office national des statistiques (ONS) qui fait savoir qu’après s’être maintenue à plus de 9 % en 2022 et en 2023, l’inflation a commencé à décélérer pour s’établir au mois de mai 2024 à 6,8 %. Selon l’ONS, le rythme d’inflation annuel, juin 2023 à mai 2024/juin 2022 à mai 2023, est de +6,8 %. Les chiffres de l’ONS sont implicitement admis par la BAD qui estime que « l’inflation devrait poursuivre sa décélération cette année et en 2025 ». D’après son rapport, « le gouvernement veut ramener le taux d’inflation à 4 %, tandis que les institutions financières internationales, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI), tablent sur un taux d’inflation entre 6 % et 7 % pour la même période ».
Perspectives prometteuses
Les perspectives sont prometteuses selon le rapport de la BAD: « La croissance du PIB réel devrait se poursuivre à un rythme d’environ 4% en 2024, puis ralentir à 3,7% en 2025. Le secteur des hydrocarbures devrait maintenir sa croissance, les exportations de pétrole et de gaz naturel augmentant d’environ 5% en 2024 et 2025. La tendance à la hausse de l’inflation devrait s’inverser en 2024, pour chuter à 6,8% en 2024 et à 5,7% en 2025, grâce à l’augmentation de la production agricole ». Le rapport fait observer que les dépenses sociales devraient continuer à augmenter, ce qui créera un déficit budgétaire de 11,1% du PIB en 2024 et 12% en 2025. Quant au compte courant, il devrait bénéficier des perturbations mondiales de l’approvisionnement en hydrocarbures et rester excédentaire, à 1,0 % du PIB en 2024. Le rapport de la BAD confirme « la stabilité du contexte sociopolitique national » et souligne que, de ce fait, « l’élection présidentielle qui se tiendra en septembre 2024 n’est pas considérée comme un risque macroéconomique ». Le rapport attire l’attention sur le principal risque pour les perspectives économiques qui est « la forte dépendance du pays au secteur des hydrocarbures ». Il confirme que le principal défi en matière de développement reste la nécessité de diversifier son économie. À court terme, il sera nécessaire de soutenir les industries locales et d’investir dans les technologies nécessaires à la stratégie d’industrialisation (économie numérique et digitalisation en particulier). À ce propos, concernant la part du secteur industriel national qui contribue en 2024 de 4,1% au PIB, elle sera de 10% à l’horizon 2027, selon les prévisions données en mai dernier par le ministre de l’Industrie et de la Production pharmaceutique, Ali Aoun, qui passait en revue en mai dernier les principaux indicateurs. Le ministre compte sur l’industrie locale à travers l’ensemble des secteurs, dont ceux de l’automobile, du ciment, du pharmaceutique et de la transformation, notamment agroalimentaire. Pour rappel, en annonçant, il y a un peu plus d’un mois, lors de son entrevue médiatique périodique- tenue au Palais du Peuple, son intention de se présenter pour un deuxième mandat présidentiel, le président Abdelmadjid Tebboune a donné le cap qu’il s’est fixé pour l’Algérie: atteindre un PIB de «400 milliards de dollars/an à l’horizon 2027». Il a réaffirmé que les indicateurs positifs réalisés par l’Algérie en matière économique au cours des dernières années la préparaient à rejoindre les économies des pays émergents. Tout récemment, le rapport annuel de classification des revenus de la Banque mondiale publié le 1er juillet 2024 a fait passer l’Algérie d’une classification de revenu intermédiaire inférieur à supérieur. Seuls quatre pays dans le monde ont franchi ce seuil, selon la Banque mondiale. Selon ses rédacteurs, le rapport de la BAD destiné à approfondir le dialogue politique sur les performances et les perspectives macroéconomiques et à servir d’outil indispensable aux décideurs politiques, aux gouvernements et aux partenaires de développement, sera officiellement présenté à la mi-septembre 2024, au siège local de la Banque à Alger. Ils précisent également que le thème du rapport est aligné à celui du rapport continental 2024 des Perspectives économiques en Afrique intitulé : « Impulser la transformation de l’Afrique par la réforme de l’architecture financière mondiale ».
M’hamed Rebah