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DISPONIBILITÉ DES PRODUITS ALIMENTAIRES DURANT LE RAMADHAN : L’abondance pour casser les prix

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En prévision du mois sacré, d’importants stocks de produits alimentaires de base seront disponibles, et en quantités suffisantes, ce qui permettra un approvisionnement confortable du marché. Dernière action du gouvernement en date, une réunion de coordination entre le ministre du Commerce et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig, et les représentants des associations de protection des consommateurs, qui s’est tenue, hier, au siège du ministère. Une rencontre consacrée au suivi de plusieurs questions liées à la préparation du mois sacré de Ramadhan, intervenant à la veille de l’ouverture des marchés de proximité au niveau des 58 wilayas. La veille, en marge d’une visite de travail dans la wilaya de Meniâa, Kamel Rezig a indiqué, dans ce contexte, que ses services avaient pris les mesures nécessaires pour assurer « la disponibilité des produits alimentaires sur les marchés nationaux durant le mois de Ramadhan, en ajoutant des quotas supplémentaires aux quantités distribuées habituellement ». Le ministre du Commerce a poursuivi dans ses propos en déclarant que ses services « œuvraient, en collaboration avec les différents départements du secteur, conformément aux directives des Hautes autorités, afin de répondre aux besoins des citoyens ». Selon Rezig, des instructions ont été adressées aux services de contrôle et de la répression des fraudes, sur la nécessité d’assurer la coordination avec les services de sécurité, en vue de s’enquérir de la disponibilité des produits alimentaires de base sur les marchés, durant le mois sacré de Ramadhan ». Le MC a indiqué, dans ce cadre, que ces quantités de produits alimentaires « seront doublées en application des directives du Gouvernement », relevant à ce titre « la nécessaire coordination entre les directions du commerce, des services agricoles et de l’industrie, pour doubler les quantités de distribution et d’approvisionnement supplémentaire et régulière, dans le cadre du programme tracé par le ministère du Commerce et de la Promotion des exportations ».

DÉSÉQUILIBRE DU RÉSEAU DE DISTRIBUTION

Pourquoi l’État ne parvient-il pas à maîtriser ces phénomènes de cherté et d’indisponibilité, lesquels se répètent chaque année ? Selon des experts, ceci est dû à une mauvaise maîtrise des réseaux de distribution commerciaux. Une désorganisation qui s’explique par un manque de régulation au niveau des grands distributeurs qui contrôlent le marché et se positionnent entre les producteurs/importateurs et le reste du circuit de la distribution. Le responsable de l’Association nationale des commerçants et artisans (ANCA), Hadj Tahar Boulenouar, a rebondi dans ce sens, en affirmant que certes « le stock de denrées alimentaires et d’articles de grande consommation sera suffisant pour des mois après le Ramadhan, assurant de nouvelles quantités d’huile, de poudre de lait et de farine qui vont approvisionner le marché national. Néanmoins, il faut reconnaître l’existence de perturbations dans la distribution de certains produits alimentaires, particulièrement ceux de large consommation, comme l’huile, le lait et la semoule ». L’intervenant a attribué la raison de ce déséquilibre à « une forte demande parfois disproportionnée, ainsi que les rumeurs répandues sur les sites des réseaux sociaux ».

LA FIÈVRE DES ACHATS, UNE BRÈCHE VERS LA SPÉCULATION ET L’INFORMEL

Comme ce fut le cas durant les Ramadhans précédents, malgré une abondance en produits agricoles, les Algériens ont toujours fait face à des hausses vertigineuses de plusieurs produits élémentaires pour la consommation. En effet, chaque année, la cherté bat tous les records. Et selon les experts et les observateurs, cette hausse est due essentiellement à cette fièvre d’achat qui s’empare des consommateurs durant ce mois sacré, un phénomène qui mettra forcément la pression sur l’offre. Un comportement irrationnel pointé du doigt par les autorités et les associations, qui estiment que cette fièvre crée généralement une certaine panique chez le citoyen, et donc une pénurie. Des conditions qui ont laissé place à une armée de spéculateurs, d’intermédiaires et de mandataires informels, ce qui les a lourdement encouragés à asseoir leur business. Ces derniers étant habitués à s’approprier les plus grandes quantités de fruits et légumes, les entreposer jusqu’à ce que la demande arrive à des seuils qui leur permettent de vendre à prix forts. Une situation qui a poussé le gouvernement à prendre les mesures nécessaires afin de lutter contre ces « hors la loi », des mesures qui ne semblent toujours pas permettre de contenir les chocs et irrégularités du marché, à l’approche du mois sacré. Par le passé, les systèmes mis en place n’ont pu réduire cette frénésie des prix et empêcher les forces de la spéculation d’avoir main basse sur le marché, ceci étant, et en raison de la demande spécifique du mois de Ramadhan, la situation actuelle requiert une stratégie et une gestion particulières de la part des autorités compétentes. « LA BAISSE DES PRIX À PARTIR DE LA DEUXIÈME SEMAINE » Outre l’approvisionnement des marchés, le gouvernement s’est engagé à maintenir les prix des denrées alimentaires sous contrôle pendant le mois sacré, appelant à des sanctions sévères pour les commerçants qui bafoueraient les règles. Ainsi, toute augmentation des prix pendant ce mois serait injustifiée. Cependant, force est de constater que les prix de nombreux produits ont déjà flambé, les fruits et les légumes notamment. Le prix des tomates, un ingrédient essentiel pendant le Ramadhan, a grimpé en l’espace de quelques jours aux alentours de 160 DA le kg. Le prix d’un litre de lait de vache est actuellement estimé à 80 DA. Concernant ces augmentations, Boulenouar, avait révélé, le 6 mars dernier, que les prix des légumes et des fruits devraient connaître une stabilité à partir de la deuxième semaine du mois de Ramadhan à venir. « En ce qui concerne les légumes et les fruits, les prix vont certainement monter en flèche », a estimé Boulenouar, précisant que « ces prix sont calculés sur la base de l’offre et de la demande », ajoutant que « pour réduire le prix d’un produit, il faut augmenter l’offre, et que le nombre de marchés existant contribue aussi au contrôle des prix ». Le président de l’ANCA a poursuivi en expliquant que « l’augmentation globale des prix des légumes et des fruits, est aussi due à la coïncidence avec la saison hivernale et les précipitations », couronnant son discours en énonçant que « les agriculteurs ou les producteurs ne peuvent pas récolter quand il pleut, sauf pour ceux qui possèdent des serres ».

Hamid Si Ahmed

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