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DES INONDATIONS AUX DÉGATS IMPORTANTS À JIJEL : Le laisser-aller des autorités pointé du doigt

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Les citoyens de Jijel ont vécu le cauchemar après les inondations survenues dans la nuit de lundi dernier, derrière d’énormes dégâts matériels provoqués par les pluies torrentielles qui se sont abattues sur cette wilaya du littoral.

En effet, des maisons et des rues ont été envahies par les eaux et la boue, conséquence des inondations qui ont affecté la wilaya. Des images et des vidéos partagées sur les réseaux montrent l’ampleur des dégâts matériels causés par les inondations.
Plusieurs affaissements de terrain ayant provoqué la destruction de routes, de maisons, locaux commerciaux. des quartiers entiers ont été inondés, beaucoup de véhicules ont été endommagés, une catastrophe majeure qui aurait pu être évitée si l’anticipation était au rendez-vous, à travers le contrôle régulier et l’entretien du réseau d’évacuation des eaux par exemple, ou le curage des regards, le débouchage des canalisations d’évacuation des eaux usées et pluviales, et d’autres tâches qui auront été bien utiles, comme l’entretien des infrastructures fragiles par les autorités concernées, en prenant la leçon des expériences passées, à l’instar de celle de Bab El-Oued en 2001 qui a causé d’énormes dégâts matériels et humains, faisant près de 700 morts, ou celle plus récente à Alger et plusieurs autres wilayas du pays comme Mila. En tout cas, les 12 heures de pluie ont mis à nu les travaux d’utilité publique et révélé l’étendue de l’urbanisation anarchique, notamment celle du pont d’oued El-Kantra. Sinon, comment expliquer qu’en quelques heures seulement une partie de ce dernier s’est effondrée.

Bilan de la protection civile
Selon un communiqué des services de la Protection civile, les pluies qui se sont abattues pendant 12 heures, notamment dans la matinée du lundi, ont causé l’effondrement d’une partie du pont d’oued El-Kantra au niveau du quartier EL-Okbi sur la RN 43. Dix-huit (18) véhicules de tourisme et utilitaires ont été emportés par les eaux.
Les flots ont également inondé 25 bus stationnés dans la gare routière située en face du pont, a indiqué la même source, faisant état de la mobilisation de « 53 agents de la protection civile et 15 officiers, en plus de 2 embarcations et 7 camions pour pomper les eaux pluviales », précise la même source.
« Les intempéries ont également causé la fermeture de certains axes routiers, notamment dans la commune de Taher, dans le région d’Achouat à hauteur de la rn 43, à proximité de la centrale électrique, induisant une panne de courant dans de nombreux quartiers durant la nuit de dimanche à lundi. En revanche, aucune perte humaine n’a été déplorée.
Sarah Oubraham

PR. ABDELKRIM CHELGHOUM, EXPERT EN RISQUES MAJEURS
Responsabilité « partagée » entre le wali et la direction des TP
Selon l’expert en gestion des risques majeurs, le professeur Abdelkrim Chelghoum, contacté, hier, par nos soins, l’effondrement du pont d’Oued El-Kantra est absolument « inacceptable », indiquant qu’ « un pont est un lifeline », et « quel que soit le risque ou la catastrophe il faut qu’il reste fonctionnel ». Après avoir salué les efforts des agents de la Protection civile et les citoyens qui ont aidé à éviter une grande catastrophe Abdelkrim Chelghoum a expliqué que « le pont s’est effondré suite à une crue de l’oued, ce qui prouve à 90% que les piles du pont n’ont pas été contrôlés par les responsables des travaux publics, et il y a eu le danger mortel des piles du pont c’est l’affouillement, c’est-à-dire la dégradation des fondations». « Une fois que c’est dégarni, poursuit l’expert, c’est très facile que la pile cède », « c’est la responsabilité des responsables du secteur des Travaux publics d’une part et de la wilaya qui est concernée par le contrôle et le suivi de ces ouvrages d’autre part », affirme M. Chelghoum. En conséquence de quoi, il a appelé les walis à appliquer les recommandations approuvées lors du dernier séminaire organisé à l’hôtel militaire. Cependant, notre interlocuteur dira que les responsables locaux doivent appliquer ce qui a été recommandé en matière de résilience, prévention de gestion par rapport aux ouvrages et aux infrastructures.

La loi sur les risques majeurs « figée »
Rappelons le rôle important de l’Observatoire national de gestion des risques majeurs, qui surveille et veille sur l’application de ces recommandations. Concernant la stratégie de prévention des risques majeurs, l’expert avait auparavant fait observer que depuis la promulgation, le 25 décembre 2004, d’une loi destinée à l’organiser, celle-ci continue de buter sur une série de problèmes. Il a reconnu qu’il y a eu beaucoup d’efforts en matière d’élaboration des procédures de prévention et de protection contre les risques majeurs, tels que les séismes, les inondations, les feux de forêt les catastrophes industrielles, les marées noires et les épidémies, ou ce qui est actuellement observé à travers la prolifération de la pandémie du Covid 19, en Algérie et dans le monde. Il a relevé que cette loi élaborée après le tremblement de terre de Boumerdès, était « figée », en ce sens que ce qui devait être un Observatoire national de gestion des risques majeurs, installé finalement en 2012, s’est trouvé remplacé par une simple direction relevant du ministère de l’Intérieur, « ce qui est, s’emporta-t-il, aberrant».
S. Oub

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