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DÉCLARATION INTERNATIONALE : Rejet de la suspension unilatérale des relations avec la RASD par le gouvernement bolivien de Rodrigo Paz

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Nous, les organisations, mouvements sociaux, forces politiques, réseaux de solidarité, parlementaires, universitaires et personnalités signataires, exprimons notre rejet le plus ferme de la suspension unilatérale des relations diplomatiques avec la République arabe sahraouie Démocratique (RASD) adoptée par le gouvernement bolivien de Rodrigo Paz. La Bolivie a officiellement reconnu la RASD et établi des relations diplomatiques sous le gouvernement du président Jaime Paz Zamora (1989-1993), en cohérence avec les principes du droit international et la tradition latino-américaine de soutien aux processus de décolonisation. Cette reconnaissance constitue un acte souverain de l’État bolivien qui ne s’éteint pas par des décisions politiques conjoncturelles. Une relation diplomatique peut être suspendue, mais la reconnaissance précédemment accordée ne peut être annulée. La rupture des relations avec la République Sahraouie ne contredit pas seulement les principes consacrés dans la propre Constitution Politique de l’État Plurinational de Bolivie, mais envoie également un signal préoccupant à la communauté latino-américaine en s’écartant de l’engagement bolivien envers les causes de décolonisation des peuples en suspendant les relations avec la République et le peuple sahraoui, dont le droit à l’autodétermination a été reconnu dans de multiples résolutions de la communauté internationale. Le Sahara occidental est un territoire en attente de décolonisation, inscrit par les Nations unies sur la liste des Territoires Non Autonomes depuis 1963 par la Résolution 1956 (XVIII) de l’Assemblée générale (11 décembre 1963), en application de la Résolution 1514 (XV) de 1960 sur l’octroi de l’indépendance aux pays et peuples coloniaux. L’avis consultatif de la Cour Internationale de Justice (16 octobre 1975) a établi qu’il n’existe pas de liens de souveraineté territoriale entre le Maroc et le Sahara occidental qui affectent le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. Le cas du Sahara occidental n’est pas un différend bilatéral de plus, mais un processus de décolonisation inachevé. Le principe d’autodétermination constitue l’axe central pour la solution du conflit, et toute action qui affaiblit ce principe implique de s’écarter du consensus international sur la question. Pendant que le gouvernement de facto issu du coup d’État en Bolivie, l’administration de facto de Jeanine Áñez a adopté une décision similaire de rupture des relations avec la RASD, sous des pressions externes et du lobby pro-marocain. La suspension unilatérale actuelle reproduit une ligne d’alignement avec des intérêts qui ignorent le caractère d’occupation et d’oppression colonialiste qui affecte une grande partie du territoire du Sahara occidental.

Nous considérons que cette décision implique, dans les faits, un aval politique à l’occupation et au contrôle de facto exercés par le Royaume du Maroc sur le territoire du Sahara occidental. Avaliser l’imposition par la force sur un territoire en attente de décolonisation viole les principes essentiels du droit international, ignore le caractère colonial de la controverse et crée un précédent contraire à la tradition diplomatique bolivienne.

La suspension unilatérale contredit :

· L’article 1.2 de la Charte des Nations unies,

· La Résolution 1514 (XV) sur la décolonisation,

· Le principe d’égalité souveraine des États,

· Le droit inaliénable du peuple sahraoui à décider librement de son destin.

Depuis l’Amérique Latine et les Caraïbes, région forgée dans les luttes contre le colonialisme, l’interventionnisme et la subordination externe, nous réaffirmons que la cause du peuple sahraoui est aussi une cause de la Grande Patrie et du Sud Global. Nous appelons le gouvernement du président Rodrigo Paz à rectifier cette décision et à rétablir la position historique de l’État plurinational de Bolivie en défense du droit international, de l’autodétermination des peuples et de la pleine indépendance du peuple sahraoui. La Bolivie ne peut s’écarter de la tradition souveraine et anticoloniale qui a caractérisé sa politique étrangère ni se désolidariser de l’engagement régional en faveur de la justice internationale.

L’autodétermination est un principe irrévocable ; la décolonisation ne peut être inversée par une décision unilatérale et la dignité des peuples n’admet ni reculs ni impositions.

23 février 2026

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