Les autorités d’occupation marocaines poursuivent leurs violations à l’encontre des militants sahraouis. Mercredi soir, elles ont empêché la présidente de l’Instance sahraouie contre l’occupation marocaine, Aminatou Haïdar, de se rendre à Madrid via l’aéroport de la ville occupée de Dakhla, bien qu’elle ait accompli l’ensemble des procédures administratives requises.
Selon des sources médiatiques relayant les déclarations de la militante sahraouie, les autorités marocaines l’ont empêchée, ainsi que sa fille, de monter à bord de l’avion. Elles leur ont imposé un contrôle approfondi à l’aide d’un scanner spécial pour les bagages, avant de les conduire dans une salle isolée afin de procéder à une fouille corporelle complète impliquant le retrait de leurs vêtements. Aminatou Haïdar a qualifié cette procédure de « humiliante et dégradante ». La militante a souligné que ces mesures n’ont été appliquées à aucun autre passager, ce qui, selon elle, confirme le caractère ciblé et discriminatoire de cette intervention, fondée sur son identité et son engagement en faveur des droits humains. Elle a également indiqué qu’un employé de la compagnie aérienne avait initialement refusé de lui remettre sa carte d’embarquement, ne la lui délivrant qu’après une insistance prolongée, ce qui lui a fait manquer son vol. Il convient de rappeler qu’Aminatou Haïdar était arrivée dans la ville occupée de Dakhla trois jours plus tôt pour rendre visite à un proche malade. Durant tout son séjour, elle a été soumise à une surveillance étroite de la part des autorités d’occupation, une surveillance qui s’est poursuivie jusqu’à son arrivée à l’aéroport. L’Instance de coordination de l’action militante (section de Dakhla occupée) a dénoncé l’imposition d’une surveillance renforcée autour du domicile où séjournait Aminatou Haïdar, considérant cette pratique comme une violation flagrante du droit à la vie privée et à la sécurité personnelle. Elle a également condamné la fouille humiliante et provocatrice à laquelle la militante et sa fille ont été soumises à l’aéroport, y voyant un comportement de représailles manifeste en raison de ses positions politiques et de son engagement pacifique et légitime en faveur du droit du peuple sahraoui à la liberté et à l’autodétermination. Dans ce contexte, l’instance a appelé les organisations internationales de défense des droits humains, les organismes onusiens ainsi que les médias libres à dénoncer ces pratiques répressives et à exercer des pressions afin d’y mettre un terme. De son côté, l’Association sahraouie des victimes des violations graves des droits de l’Homme commises par l’État marocain a condamné, dans un communiqué, l’interdiction arbitraire de voyager imposée à la militante sahraouie, ainsi que les traitements humiliants et attentatoires à la dignité humaine qu’elle a subis, soulignant le caractère ciblé de ces agissements en raison de ses positions et de son activité militante. L’association a estimé que cette interdiction de voyager constitue une violation manifeste du droit à la liberté de circulation garanti par l’article 12 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, appelant la communauté internationale à intervenir d’urgence pour documenter ces violations graves et y mettre fin.
M. Seghilani












































