Les émissions mondiales de dioxyde de carbone (CO2) provenant des combustibles fossiles devraient atteindre un niveau record en 2025, avec une augmentation de 1,1% par rapport à 2024, selon une étude présentée jeudi lors de la 30e Conférence des parties à la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP30) à Belém, ville amazonienne du Brésil.
Selon Global Carbon Budget 2025, produit par le consortium scientifique international Global Carbon Project, les émissions mondiales de CO2 provenant des combustibles fossiles atteindront 38,1 milliards de tonnes cette année, la croissance de la demande mondiale en énergie continuant de dépasser l’expansion des énergies renouvelables. Le rapport indique que l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C est hors de portée dans les circonstances actuelles et que les puits de carbone naturels, tels que les océans et les forêts, s’affaiblissent en raison du changement climatique. « Avec des émissions de CO2 toujours en hausse, il n’est plus plausible de maintenir le réchauffement climatique en dessous de 1,5°C, » a déclaré le professeur Pierre Friedlingstein de l’Université d’Exeter, qui a dirigé l’étude. « Le budget carbone restant pour 1,5°C, soit 170 milliards de tonnes de dioxyde de carbone, sera épuisé avant 2030 au rythme actuel des émissions. Nous estimons que le changement climatique réduit désormais les puits terrestres et océaniques combinés, ce qui est un signal clair de la planète Terre indiquant que nous devons radicalement réduire les émissions, » a-t-il expliqué. Des progrès ayant été réalisés, ils ne sont toutefois pas suffisants, observent des chercheurs. « Les efforts déployés pour lutter contre le changement climatique sont visibles, 35 pays ayant réussi à réduire leurs émissions tout en assurant la croissance de leur économie, » a déclaré Corinne Le Quere, professeure à l’Université d’East Anglia. Elle a pourtant mis en garde : « Les progrès sont encore trop fragiles pour se traduire par la baisse durable des émissions mondiales nécessaire pour lutter contre le changement climatique. L’impact émergent du changement climatique sur les puits de carbone est préoccupant et souligne encore davantage la nécessité d’une action urgente. »
Le Brésil donne trois jours de plus pour débloquer les premiers obstacles
La présidence brésilienne de la COP30 a annoncé mercredi qu’elle allait s’accorder trois jours de négociations supplémentaires pour tenter de concilier les demandes des pays sur les sujets épineux de l’ambition climatique, de la finance et du commerce. André Correa do Lago, le diplomate qui préside cette année la grande conférence de l’ONU sur le climat, a proposé que « les consultations continuent », alors qu’elles devaient initialement s’achever mercredi, en vue d’une prochaine séance plénière « samedi ». Cela fait déjà suite à deux jours de « consultations » sur les thèmes que de grands groupes de pays veulent voir discutés à la COP: limiter le réchauffement; la finance; le commerce; et la transparence des données. Les pays « se sont engagés dans les discussions ouvertes et honnêtes » mais ont aussi indiqué qu’ils avaient « besoin de plus de temps », a expliqué André Correa do Lago. La présidence brésilienne, louée pour son savoir-faire mais qui entretient aussi un certain mystère sur ses intentions, a réussi à faire adopter l’ordre du jour de la COP30 lundi, tout en promettant des consultations sur les quatre points chauds. Ceux-ci pourraient être finalement inclus dans un texte de synthèse politique ou dans un « pacte » listant des engagements, qui seraient adoptés à la COP. Le groupe des petits Etats insulaires (Aosis), soutenu par d’autres, veut que la COP réponde au déficit d’engagements des pays sur la réduction des gaz à effet de serre.
R. I.












































