Un colloque international sur l’écrivain Rachid Mimouni a été organisé au niveau de maison de la culture de Boumerdès.
De nombreux écrivains, chercheurs et universitaires ont revisité durant 02 jours (28 et 29 novembre) l’œuvre littéraire du grand romancier, où les préoccupations racontées demeurent toujours d’actualité. Il est organisé à l’initiative de la direction de la culture de Boumerdès en collaboration avec l’université d’Alger 2. Des écrivains et des universitaires présents ont passé en revue les différents romans de Rachid Mimouni en expliquant le contenu littéraire, social et politique ainsi que son impact sur la société. Ses romans constituent une mosaïque de l’Algérie, dans chaque roman, différents thèmes, sur l’Algérie sont abordés. Rachid se plaisait à explorer une sphère politico-sociale où il pourfendait les tares et défendait la liberté et la dignité, a déclaré Nawel Krim coordinatrice du colloque, tout en insistant sur la dimension du romancier qui a toujours pris la défense des opprimés en dénonçant la répression des décideurs, sans oublier que les préoccupations vécues par l’auteurs sont toujours d’actualités. Les intervenants, à l’exemple d’Abdelhamid Bourayou et de Hamid Ibri qui ont expliqué la finesse de l’auteur dans l’écriture littéraire basée sur le vécu de la société, en particuliers les difficultés quotidiennes lesquelles sont décrites d’une manière à susciter l’éveil et la prise de conscience.
Dans ce cadre, la traduction des œuvres de Mimouni vers l’arabe et tamazight n’enlève rien ni au vécu ni à l’esthétique littéraire car cela relève de la réalité vécue par toute la société algérienne, ont -ils expliqué. Habib Tengour, Afifa Brerhi et Youcef Imoune, ont convergé dans leurs interventions sur l’engagement de l’auteur dans ses romans pour la liberté, tout en dénonçant le pouvoir absolu des gouvernants et tous les autres fléaux qui menacent la société, entre autre l’intégrisme et toutes les autres formes d’obscurantisme, d’où l’écrivain en particulier et l’intellectuel en général y sont interpellés pour éveiller les consciences : « Je crois à l’écrivain comme pure conscience, probité intégrale qui propose au miroir de son art, une société à assumer ou à changer, qui interpelle son lecteur au nom des plus fondamentales exigences de l’humain : la liberté, la justice, l’amour. ». En plus des conférences présentées par les écrivains et chercheurs universitaires, des romans ainsi que des photos retraçant le parcours romanesque de l’écrivain ont été exposés d’où une nombreuse assistance, constituée en majorité de lycéens et d’étudiants, qui a découvert et apprécié le talent et le génie de l’auteur à travers ses romans, à l’exemple du ‘’Fleuve détourné, Tombéza, l’honneur de la tribu , la ceinture de l’ogresse et autres’’.
B. Khider
Le dramaturge et comédien Omar Fetmouche, qui était présent au colloque international, a bien voulu nous parler de l’écrivain
«Rachid Mimouni mérite plus d’égard pour son œuvre»
Le Courrier d’Algérie : votre présence au colloque international dédié au romancier Rachid Mimouni ?
Omar Fetmouche : C’est un honneur pour moi d’être présent car Rachid Mimouni est un grand romancier qui a toujours dénoncé les injustices subies par son peuple, et son œuvre est un patrimoine littéraire algérien, magrébin et international.
Je suis toujours présent quand il s’agit d’honorer ou d’évoquer les œuvres de ce grand écrivain qui continue de marquer les générations actuelles de par la finesse de son écriture évoquant le vécu de la société.
Est-ce que vous avez rencontré Rachid Mimouni ?
Oui, on s’est rencontré en 1993 autour d’une tasse de thé au niveau de la ville de Boumerdès.
Est-ce qu’il y a des souvenirs à raconter ?
Oui, il voulait que j’adapte ses œuvres ou au moins une, comme il ne cessait de me le répéter, et je n’ai pas hésité un instant à lui faire la promesse.
Et vous avez réalisé la promesse ?
Oui j’ai tenu ma promesse en 2007 en réalisant la pièce de théâtre ‘’Lahzam El Ghoula’’ , tirée du roman ‘’ La ceinture de l’ogresse’’. Elle a eu un grand succès.
Quelle a été la réaction de la famille de l’auteur et y a-t-il d’autres projets ?
Comme tout le public algérien, la famille était contente. Elle s’est même désistée de ses droits au profit des écoles où nous avons distribué gratuitement les livres de Rachid Mimouni.
Un dernier mot ?
Rachid Mimouni est un grand romancier, défenseur de la liberté qui mérite plus d’égard pour son œuvre littéraire grandiose et pourquoi pas une fondation en son nom ?
B. K.