Des habitants du quartier dit Haouche El-Makhfi (commune d’Ouled Hedadj) ont organisé hier matin, un sit-in devant le siège de la wilaya de Boumerdès, afin de protester contre la prolifération de la criminalité et de la drogue avec leurs conséquences sur la sécurité publique.
Les protestataires ont demandé une audition auprès du wali pour réclamer de la sécurité et d’avantage de présence policière dans la ville à travers l’implantation d’un commissariat de la sûreté urbaine. Le problème de sécurité est celui qui préoccupe le plus les habitants de Haouche El-Makhfi et ce pour plusieurs raisons : les gens ne se sentent plus rassurés quand ils sortent dans la rue, une situation liée aux différents crimes et homicides survenus ces dernières années, mais aussi la prolifération de la drogue. Le crime, la violence urbaine et le trafic de stupéfiants sont des phénomènes qui ont pris de l’ampleur dans la ville de Haouche El-Makhfi, un fait dû, selon les témoignages de quelques habitants, à l’absence de la quasi-totalité des commodités d’une vie normale. L’agglomération, qui compte des milliers d’habitants, n’en dispose que d’un seul stade municipal, seul refuge des jeunes du quartier. À cela il faut compter aussi les problèmes d’hygiène avec les nombreuses décharges dans les rues et les odeurs nauséabondes qui se dégagent. En début de ce mois (4 août), les habitants de ce quartier se sont réveillés sur un crime crapuleux. Un jeune homme âgé de 38 ans est mort des suites d’un coup de couteau dans une rixe à la rue Saïdani El-Djilali. Quatre mis en cause, dont une jeune fille, ont été appréhendés et présentés à la justice, selon les explications d’un responsable de la sûreté de wilaya de Boumerdès à l’APS. Sollicité par les habitants à travers le numéro vert spécialisé (15-48), les policiers sont intervenus sur les lieux de rixe mortelle, trouvant la victime allongée dans son domicile et son corps présentant des traces de coups de couteau dans différents endroits. L’enquête diligentée a mené à l’arrestation de quatre individus, dont une jeune fille, âgés entre 22 et 28 ans, tous résidants dans la wilaya d’Alger. Ils ont été ensuite présentés à la justice pour les griefs de « constitution d’une bande de crime organisé » et « homicide volontaire avec préméditation ». L’année dernière, mars 2019, c’est un couple de médecins de Boumerdès et leur fille âgée de 29 ans qui ont vécu l’horreur, en traversant Haouche El-Makhfi, sur l’autoroute entre Boudouaou et Réghaïa. Agressés, sortis de force de leur voiture puis dépouillés de tous leurs biens, bijoux, argent, devises, portables, documents, par un voyou armé d’un grand couteau, et ce, à quelques centaines de mètres du barrage fixe de la gendarmerie sur l’autoroute à Reghaïa. Le voleur s’empare de 10,5 millions de centimes, 450 euros, une parure et une gourmette d’une valeur de 25 millions de centimes, de deux cartes bancaires, de deux portables et d’importants documents. Deux autres familles qui se trouvaient à quelques mètres ont vécu le même supplice. Une femme enceinte de cinq mois a été tirée de force de sa voiture, une Renault Partner. Elle sera traînée par terre avant d’être délestée de son sac par l’agresseur pendant que son mari avait un couteau sous la gorge porté par un autre malfaiteur plus jeune.
H. Mecheri