Expert en relations internationales et membre de l’Observatoire national de la société civile, dont il préside la commission coopération et communauté nationale à l’étranger, Badis Khenissa revient sur les évènements actuels qui montrent, comme il le dit, que la Françafrique tend à disparaître.
Dans un entretien accordé à la chaîne 3 de la Radio algérienne, dont il était l’invité de la rédaction, hier matin, il explique également pourquoi, dans ce contexte, l’Algérie dérange certains États occidentaux qui voient d’un mauvais œil l’émergence de notre pays. Pour Badis Khenissa, avec la disparition de la Françafrique, il y a une perte de dividendes pour la France, qui a du mal à le concevoir. « C’est pourquoi, elle met en place depuis quelques années déjà ce que l’on peut appeler des médias mercenaires, comme France24, qui est un levier du plan machiavélique, pernicieux et belliqueux de la France d’empêcher l’Afrique de s’affranchir de l’ancienne puissance coloniale, et qui cible en particulier l’Algérie, car elle est devenue une locomotive de l’Afrique et un porte-voix des peuples opprimés », ajoute-t-il. Badis Khenissa met l’accent sur la dichotomie que l’on constate entre le discours officiel de la France, supposément berceau des droits de l’Homme et de la liberté d’expression, et son attitude complètement à l’opposée. Il estime que cette incohérence diplomatique de la France, s’explique par son recul sur le continent africain. Il conseille à l’ancien colonisateur de « reconsidérer ses relations avec l’Algérie » et rappelle que « l’Algérie souveraine s’est affranchie de l’ancienne puissance coloniale et n’hésite plus à rompre ses relations diplomatiques avec la France ». « Aujourd’hui, nous vivons de manière factuelle l’illustration de cette Algérie nouvelle, cette Algérie conquérante, ambitieuse, audacieuse, qui a renoué avec l’espoir et qui, au lendemain de l’élection du président de la République Abdelmadjid Tebboune, est en train de mettre en place un redéploiement diplomatique au sein d’abord du continent africain mais aussi, sur l’échiquier international », indique Badis Khenissa. Il fait observer que l’Afrique est animée par une jeunesse dynamique, cultivée, ambitieuse qui renoue avec l’espoir et qui veut s’affranchir de ce diktat des pays occidentaux, et en premier lieu la France, « pour qu’il n’y ait plus cette attitude à géométrie variable, où l’Occident se place en donneur de leçon, tout en niant à l’Afrique son droit au développement », insiste l’expert. À ce propos, il se réfère au discours du Premier ministre qui a représenté le président Abdelmadjid Tebboune au sommet Russie Afrique. Il précise qu’un nouvel ordre mondial est en train de se dessiner sur les plans politique et économique et que l’Algérie, dans cette équation, a su être « un acteur majeur, à travers sa diplomatie que l’on peut qualifier de bienveillante et de prospective, une diplomatie altruiste et pragmatique ». Cette Algérie nouvelle, qui agit dans l’intérêt des États et des peuples, dérange, car à travers ce redéploiement diplomatique, elle redessine aussi les valeurs fondatrices de certains organes tels que le Conseil de sécurité de l’ONU. Il rappelle la vision de l’Algérie exprimée du président Tebboune concernant son mandat de membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU. Il souligne qu’il y a quelques mois, « l’Algérie a fait barrage à une tentative de hold-up menée par l’entité sioniste au sein de l’Union africaine », et réaffirme la volonté de l’Algérie de faire entendre sa voix et celle des peuples qu’elle représente et des causes justes, au sein du Conseil de sécurité de l’Onu comme au niveau africain. À propos de l’agitation anti-algérienne de l’extrême-droite française, il explique qu’il y a plusieurs échéances électorales en France, comme les sénatoriales, et en 2027, il y a les présidentielles. Pour Badis Khenissa, c’est peine perdue, parce que le peuple français est plus intéressé par son devenir, par la crise sociale latente et par la crise économique que connaît la France. Il y a aussi, ajoute-t-il, la crise politique que connaît la France. Il explique que la classe politique, en France, se cherche et essaie de stigmatiser l’immigration. Badis Khenissa cite les cas d’ingérences de personnalités françaises dans les affaires intérieures de l’Algérie.
M’hamed Rebah