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APRÈS DEUX ANS DE SILENCE : La radio reprend la voix à Ghaza 

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Après deux années d’interruption forcée dues à la destruction de leurs locaux et équipements lors de la guerre, plusieurs radios locales de la bande de Ghaza ont récemment repris partiellement leurs émissions. 

Une reprise symbolique, au milieu des bâtiments en ruine et des camps de déplacés, qui marque le retour progressif de la voix radiophonique dans l’enclave palestinienne. Des stations telles que Sawt Al-Qods (La Voix d’El-Qods) et Radio Zaman ont relancé leurs programmes matinaux, axés sur les préoccupations quotidiennes des habitants, la situation humanitaire et les conditions de vie précaires. Privée de ses infrastructures, la Radio Sawt Al-Qods émet actuellement depuis un immeuble endommagé du centre-ville de Ghaza, transformé en abri pour les déplacés, et diffuse ses programmes via Internet. Pour Imad Nour, animateur de radio, cette reprise porte un message fort : « C’est un défi et un message d’espoir lancé depuis les décombres, pour dire que la vie continue malgré la guerre ». Il explique que l’objectif principal est de rester au plus près des souffrances de la population et de l’aider à faire face aux séquelles du conflit, entre destructions massives et déplacements forcés. Les programmes mettent l’accent sur la vie quotidienne dans la bande de Ghaza, où des milliers de familles vivent sous des tentes de fortune, confrontées à la pauvreté, au chômage et à l’effondrement des services de santé et d’éducation. Malgré des moyens extrêmement limités, les équipes affirment avoir redémarré « à partir de zéro », avec la ferme volonté de poursuivre leur mission d’information. Actuellement diffusé uniquement en ligne durant la journée, le contenu radiophonique pourrait, à terme, revenir sur la bande FM, selon les responsables des stations. Parallèlement, le Syndicat des journalistes palestiniens dénonce un ciblage systématique des médias durant la guerre. Selon Rami Al-Sharafi, membre de son secrétariat général, plus de 250 journalistes palestiniens ont été tués et l’ensemble des 23 radios locales en activité avant le conflit ont vu leurs locaux détruits. Il appelle à faire de la reconstruction des médias une priorité nationale et sociale, soulignant l’importance de réhabiliter les infrastructures, de fournir des équipements de diffusion et des solutions énergétiques alternatives, et d’assurer un environnement de travail sûr pour les journalistes. Dans un territoire encore marqué par les ruines, la reprise de ces radios locales apparaît ainsi comme un acte de résistance médiatique et un symbole de la persistance de la voix palestinienne.

M. Seghilani

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