Environ 55 millions de personnes en Afrique de l’Ouest et centrale sont menacées cette année par une grave insécurité alimentaire, des populations souffrant déjà de la faim comme dans l’Etat de Borno au Nigeria, a indiqué l’ONU vendredi.
Les violences qui sévissent dans toute la région ont déclenché une crise alimentaire exacerbée par les réductions de l’aide humanitaire, a déclaré le Programme alimentaire mondial (PAM). Le PAM a précisé avoir dû réduire drastiquement son aide alimentaire dans la région face à l’épuisement des fonds. Selon l’agence onusienne, 55 millions d’habitants risquent une famine critique cet été, dont plus de 13 millions d’enfants en danger. Pour éviter un désastre humanitaire, le PAM réclame plus de 453 millions de dollars dans les six prochains mois. Une récente analyse pour ces deux régions prévoit également que plus de trois millions de personnes seront confrontées à une insécurité alimentaire de niveau d’urgence (phase 4 du Cadre Intégré de classification de la sécurité alimentaire – IPC) cette année, soit plus du double des 1,5 million de personnes touchées en 2020. Et 15.000 personnes dans certaines zones de l’Etat de Borno, dans le nord-est du Nigeria, sont en situation de catastrophe, un niveau atteint pour la première fois en dix ans. Ces personnes sont « au bord de la famine », a déclaré M. Bauer, qui s’exprimait depuis le siège du PAM à Rome. « Cela signifie que des gens meurent (…) que des gens souffrent de la faim ». L’Etat de Borno est l’épicentre d’une insurrection terroriste qui a débuté en 2009. Ce conflit a fait plus de 40.000 morts et environ deux millions de déplacés dans le nord-est du pays, et s’est étendu aux pays voisins.
Les coupes budgétaires et l’escalade de la violence plongent ainsi des millions de personnes en Afrique de l’Ouest et du Centre dans une urgence alimentaire dramatique, alerte le PAM. « La réduction des financements que nous avons constatée en 2025 a aggravé la faim et la malnutrition dans toute la région. Les besoins dépassant les financements », a déclaré vendredi Sarah Longford, directrice régionale adjointe du PAM pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. « Il est essentiel que nous soutenions les communautés en crise, afin que la faim rampante ne provoque pas davantage de troubles, de déplacements et de conflits dans toute la région », a-t-elle insisté.
R. I.












































