Les candidats aux épreuves du Baccalauréat au nombre de 824 000 élèves, dont 263 000 libres, auront leur carte nationale d’identité biométrique avant la fin du mois d’avril prochain. Avec un rythme de délivrance de 100 000 par semaine, les deux centres biométriques carburent à plein régime pour atteindre cet objectif, initié conjointement par les ministères de l’Éducation nationale et celui de l’Intérieur et des Collectivités locales. C’est ce que vient d’annoncer le sous-directeur du Secondaire au ministère de l’Éducation nationale, Abdelhafidh Hadj-Saddok, lors de son passage à l’émission “l’Invité de la rédaction de la chaîne 3” de la Radio algérienne. Déjà, aux dires de celui-ci, à Chlef, tous les élèves passant le Bac peuvent l’avoir avant la fin de la semaine en cours.
Quel est l’objectif de la carte nationale d’identité biométrique? S’est interrogée l’animatrice de l’émission. «Déjouer la triche», répond Hadj-Saddok. Et comment la déjouer? Peut-on s’interroger. «En évitant à une autre personne de passer le Bac à la place du véritable candidat!! Et ça, c’est déjà arrivé», rétorque Hadj-Saddok. Les chiffres? Il n’en dispose pas, comme à son habitude. La triche, de toute manière, sera sanctionnée de 5 ans d’exclusion de l’épreuve. Au sujet d’autres gestes assimilés à la fraude, l’orateur cite la tentative d’utiliser le portable. En 2016, l’on s’enorgueillit d’avoir introduit la biométrie, alors que beaucoup d’établissements scolaires, notamment ceux de l’époque coloniale, et, à un degré moindre, ceux réalisés sous la supervision des Directions du logement et des équipements publics (devenus après leur éclatement Direction des équipements publics), sont dans un état qui interpelle les instances chargées de leur assurer le bon fonctionnement requis. Parmi les carences que l’on peut énumérer, il y a le manque d’espaces de loisirs et de structures permettant d’assurer aux élèves l’implication de plain-pied dans la vie active. Et ce ne sont pas les associations à caractère sportif et culturel qui pullulent au sein des établissements, auxquelles est dévolue la mission d’animation, et dont parle Hadj-Saddok, qui peuvent nous contredire en apportant quelque chose d’impactant dans le domaine cité. De même que des salles de sports aux normes requises, comme a tenu à le signaler un auditeur, sont également aux abonnés absents. Rassurant, le sous-directeur au ministère de tutelle rétorqua: «Au moins un terrain de sports». Et lorsqu’il vient à manquer complètement, «la Direction de l’éducation devra remédier en dénichant un autre endroit où la classe pourra faire du sport», tient-il à indiquer, justifiant, ici, la possibilité que ce genre de structures pourraient, évidemment, ne pas figurer dans les équipements de l’établissement. Concernant les accidents qui peuvent survenir lors de l’exercice sportif, le cadre ministériel dit n’y détenir aucun chiffre. Ce sera, d’ailleurs, le refrain à entendre durant toute l’émission. Hormis le nombre de candidats et les dates des examens (Bac, du 29 mai au 2 juin, Bac blanc, du 8 au 12 mai, fin du programme arrêté au 15 mai), et le fait que les cours de soutien soient assurés durant les vacances de printemps à l’intention des étudiants éprouvant des lacunes dans certaines des matières enseignées, le représentant ne dispose d’aucun bilan ni statistiques chiffrées. Ni en ce qui concerne les cas d’absentéisme durant le dernier trimestre du cursus scolaire, ou à partir de janvier.
Absentéisme : le risque d’exclusion plane
Au sujet de ce phénomène, Hadj-Saddok parle de mesures, mais en tant que chef d’établissement scolaire qu’il était, à savoir interdire aux absentéistes de refaire le Bac en cas d’échec. «C’est un moyen qui a donné ses résultats, je vous l’assure!». Parmi les mesures prônées, et qui semblent être contenues dans les directives adressées aux proviseurs, il cite également un volet qui se met en œuvre indirectement, et ce, à travers le fait de ne pas noter l’élève à l’épreuve sportive, étant celle-ci une rotation continue qui s’étend durant toute l’année, ce qui incite le sanctionné de bien penser avant de décider de quitter les bancs. Pour faire davantage peur aux candidats à l’absentéisme, le sous-directeur au Secondaire met en relief la plateforme numérique de cours et d’exercices mise en place par l’ONEFD (Office national des examens et de la formation à distance), comportant des comptes d’utilisation pour les candidats. Ainsi, ceux qui s’absenteront ne pourront en bénéficier de ses avantages. Enfin, comme mesure extrême, il rappellera qu’«une absence continue et sans justification de 33 jours coûtera au candidat du Bac une exclusion de l’établissement». «Malheureusement, il passera son Bac», nuançant ses propos. D’autre part, il y a le volet de la sensibilisation dévolue aux enseignants, aux conseillers de l’orientation et aux parents d’élèves, qui pourra contribuer, le cas échéant, de dissuader les absentéistes. À titre d’information, les scolarisés ne passeront pas l’épreuve sportive, car ils auront la note de contrôle continu, comptabilisée dans l’épreuve du Bac, alors que les candidats libres entameront à partir du 13 mars, et pendant dix jours, l’épreuve sportive anticipée.
Révision du programme secondaire, Bac professionnel
Les réformes touchant les deux premières classes du cycle primaire, pourraient être également étendues au cycle secondaire, à travers une deuxième lecture des programmes en cours, indique Hadj-Saddok. Un nouveau programme pour le lycée, comme il a été fait pour le primaire et le cycle moyen, pourrait être l’option à l’avenir, envisagée pour le développement du secteur. S’exprimant sur une possible réforme des examens du Baccalauréat, le représentant du ministère de l’Éducation nationale signale qu’un travail de réflexion est en cours, quant à l’opportunité de ramener à trois jours la période de leur déroulement, à partir de 2017. Un consensus avec les partenaires sociaux est déjà fait, se limite-t-il à préciser. La révision à la baisse du nombre de matières à passer n’est pas également à écarter. Car, l’équation à résoudre est comment réussir l’acrobatie de ramener le passage de dix matières en trois jours, au lieu de cinq jours que compte actuellement la durée du Bac ? Une autre question s’est imposée à la lumière de débats: se dirige-t-on vers la suppression des épreuves du Bac, comme cela a été effectué dans les pays anglo-saxons et la France? «On verra», est la laconique réponse du cadre. Il fait également état de la possibilité, examinée en commun par le ministère de l’Éducation et celui de la Formation professionnelle, d’instituer un Baccalauréat professionnel auquel pourrait prétendre, en option, des élèves de 4e année du cycle moyen. Il rappelle, ici, la Loi d’orientation, la Loi organique qui régit l’enseignement en Algérie, qui dispose que l’élève de 4e année moyenne peut prétendre à l’enseignement secondaire général et technologique, à l’enseignement professionnel et à la formation professionnelle qui peut déboucher sur un Bac professionnel. Le Bac professionnel pourrait, donc, être l’option de demain. L’enseignement des langues (espagnole, italienne et allemande) sera renforcé à l’avenir, en multipliant la formation des formateurs, indique le représentant du ministère de l’Éducation nationale, rappelant, aussi, que les premiers élèves ayant suivi des cours d’italien passeront le Bac cette année. Enfin, on décèle à la faveur de l’émission, bondée de:«Je ne sais pas, on verra, et je n’ai pas les chiffres» de Hadj-Saddok, que le monde de l’éducation est plein d’ingrédients de la panique répressive: triche, absentéisme et leur corollaire, exclusion, menace d’échec scolaire.
Zaid Zoheir