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Sellal évacue la polémique sur la «darja» à l’école

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Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, a profité à l’occasion de sa visite effectuée, jeudi dernier, dans la wilaya de Constantine, dans le cadre de la commémoration de la date historique du 20-Août (1955-1956), pour s’exprimer sur les questions brûlantes de l’actualité nationale. Ainsi, Sellal est revenu sur la polémique suscitée autour de l’enseignement des langues maternelles, dans le cycle primaire, pour en exprimer la position du gouvernement. Il a affirmé que la langue arabe est une langue qui fait partie de la composante de la personnalité et de l’identité nationales, comme réponse aux réactions des partisans de cette même langue, qui se sont précipités au devant de la scène pour critiquer la ministre de l’Éducation, Nouria Benghebrit, et ses réformes portant sur le système éducatif. «La langue arabe est une référence constitutionnelle, civilisationnelle et culturelle», de ce fait, pour le Premier ministre, rien ne justifie, donc, la polémique suscitée au lendemain de la Conférence sur l’Éducation de fin juillet dernier. Sachant que la question «est tranchée d’une manière définitive», a-t-il met fin aux spéculations. À ce titre, la langue tamazight, se positionnant aux côtés de l’arabe, doit être «développée et généralisée au sein de la société algérienne dans une dimension spétiale nationale», a ajouté Sellal, lors d’un point de presse d’une dizaine de minutes, animé en marge de sa visite, lors de laquelle il a procédé, par ailleurs, à l’inauguration de plusieurs projets d’utilité publique. D’autre part, le premier responsable de l’Exécutif national a rappelé le contenu du programme du chef de l’État qui, tout en s’appuyant sur la langue arabe, est tout aussi axé sur les réformes du système éducatif, a-t-il précisé.
Ce sont les quelques déclarations du Premier ministre lesquelles, du coup, confortent le projet de Benghebrit, en proie, pour rappel, à une campagne de dénigrement et de critiques acerbes, l’accusant de vouloir porter atteinte à la langue arabe, à travers notamment cette recommandation consistant à l’intégration de l’enseignement dialectal dans le palier scolaire primaire. Plus loin encore, Sellal s’est montré solidaire avec la ministre de son gouvernement, en rappelant le projet de réforme du système éducatif lancé en 2000, qui, «fort de réalisations importantes», mérite davantage de soutien en vue d’améliorer l’apport pédagogique de l’École pour en faire un lieu d’acquisition d’une meilleure maîtrise technique, «voilà le véritable défi qu’il faudra relever», a indiqué le Premier ministre. Cette réaction intervient après un long silence observé par Sellal, notamment face à la polémique née au lendemain de la Conférence de l’Éducation.
Le Premier ministre a appelé à un débat plus serein en dehors de toute politisation de la question. «Nous avons affirmé d’une manière ferme que l’École algérienne doit être préservée de toute instrumentalisation politique», en d’autres termes, «le débat sur le sujet ne doit pas être politisé», a tranché Sellal. Faut-il souligner que la question de l’enseignement de la langues maternelle, quand bien même elle est à son stade de proposition, a déjà fait comble en termes de «cacophonie» chez bon nombres d’acteurs politiques et autres spécialistes de la langue arabe qui n’ont pas manqué de tirer à boulets rouges sur Benghebrit, plus qu’ils n’ont contribué, par des avis aussi contradictoires soient-ils, sur la question. Pour l’hôte de la ville de Constantine, il est prématuré d’en parler puisque ce ne sont encore que des recommandations, faites notamment par pédagogues et experts. Et, que, le gouvernement doit de prime d’abord examiné et étudié en Conseil des ministres, avant d’en arrêter celles qui pourraient impulser une nouvelle dynamique à l’école, en appelant, à juste titre d’ailleurs, à faire distinction entre proposition et décision de l’État. Plus que ça, Sellal a indiqué que le gouvernement poursuivra ses efforts, à même de pousser l’école vers le haut. Avant de revenir à la langue arabe en précisant qu’elle est, certes, une langue d’enseignement, mais que l’école doit être ouverte à toutes les autres langues vivantes, à même de donner accès vers plus d’acquisitions cognitives, en matière des sciences et des nouvelles technologies, a-t-il conclu.

«Le gouvernement est solidaire »
Pour sa première sortie d’«après-vacances», le Premier ministre a affirmé que contrairement à ce qui se dit à propos de son gouvernement, il n’y a ni problème ni division en son sein. Lequel Exécutif national sous la houlette et l’autorité du président de la République, a-t-il précisé, mène à bien sa mission qui consiste en l’application pure et simple de son programme, a-t-il insisté par ses propos. En allusion aux informations faisant de lui un homme «ambitionné par le poste de chef de l’État», Sellal a précisé qu’en tant que Premier ministre, son action ne souffre d’aucune arrière-pensée, encore moins empreinte d’ambitions électoralistes, et qu’il ne travaille qu’à la mise en œuvre du programme d’Abdelaziz Bouteflika, qui vise, du reste, à l’amélioration de la situation qui prévaut dans le pays, a-t-il laissé entendre. À ce propos justement, la situation économique et financière qui inquiète à plus d’un titre le peuple, à tel point que les experts et économistes ont tiré la sonnette d’alarme, a poussé Sellal à sortir de son silence, afin d’informer l’opinion publique sur ce que prévoit l’action de son gouvernement, pour limiter d’abord l’impact et puis aussi rassurer les citoyens. En effet, devant un parterre de journalistes, qui, même s’il ne leur a pas été donné l’occasion de poser des questions, ont eu quand même droit à quelques déclarations-clés qui auraient étanché leur soif d’information qui se fait de plus en plus rare en ces temps de grande disettes.
D’emblée, le chef de l’Exécutif a reconnu la crise en la qualifiant de «situation difficile», même s’il a tenté de minimiser l’impact. En ce sens, il a précisé que les expériences du passé, conjuguées aux compétences nationales, sont à même de constituer une force en vue d’une sortie de crise. Ainsi, face au prix du baril de pétrole qui avoisine les 48 dollars avec ses conséquences sur le budget de l’État, en parallèle à la valeur de la monnaie nationale qui suit une même tendance baissière, il faudra s’éloigner de la politique de frustration et de pessimisme, a préconisé Sellal. Donc, à en croire ses propos, le gouvernement n’a, semble-t-il, pas pris des mesures «spécifiques», hormis celles qui figurent dans son plan de relance économique à travers l’édification d’une économie productive et rentable hors hydrocarbures. Néanmoins, le Premier ministre a révélé qu’une réunion entre son gouvernement et les walis aura lieu le 29 août prochain. Elle se penchera sur la situation économique. Aussi, une rencontre de la Tripartie est prévue le 15 octobre prochain à Biskra.
De notre envoyé spécial, à Constantine, Farid Guellil

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