Le 10e festival national de la chanson chaâbi, mettant en compétition, vingt-quatre interprètes de différentes régions du pays, s’est ouvert, jeudi soir, à Alger avec les prestations des premiers candidats aux quatre prix de la manifestation. Organisé jusqu’au 30 juin à l’espace Agora du complexe culturel de Riad El Feth, le festival a été inauguré par le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, qui a honoré les familles de Kamel Messaoudi (1961-1998) et de Rachid Nouni (1943-1999), deux figures de la musique populaire algéroise auxquels les organisateurs ont choisi de rendre hommage. Deux montages vidéo évoquant le parcours et la personnalité des deux chanteurs disparus ont, par ailleurs, été projetés à cette occasion devant un public relativement nombreux et composé essentiellement de familles et de visiteurs du complexe culturel. Les quatre premiers candidats se sont ensuite succédé sur scène pour interpréter des standards du Melhoun (poésie populaire du Maghreb), devant un jury présidé par Lounès Aissaoui et composé de musicologues, de paroliers autres spécialistes du chaâbi. Ces récitals d’une vingtaine de minutes par candidat, reprenant des pièces classiques comme « Zora ya Âachkine » ou encore « Ya el kadi » n’ont pu être pleinement appréciés, de l’avis de quelques spectateurs, à cause d’une sonorisation trop amplifiée, plus propice à d’autres genres de musiques entraînantes qu’au châabi, monotone et méditatif. À cette sonorisation « inadéquate », s’est ajouté l’ « inconfort » du lieu accueillant le festival, un espace en plein air, sans chaises (hormis une dizaine de fauteuils installés pour l’occasion) qui a obligé les spectateurs à suivre les prestations des candidats debout ou assis sur les marches en béton de l’Agora. La deuxième partie de la soirée, devant être animée par la star de la musique andalouse, Nassima Chaâbane, a été, quant à elle, annulée en raison de l' »absence » de la chanteuse, selon les organisateurs qui n’ont pas donné plus de précisions. Le festival national de la chanson chaâbi, institué en 2006, vise à préserver le patrimoine de ce genre de musique populaire et à assurer une animation artistique durant le mois de ramadhan. Véritable vivier de jeunes talents qui a permis l’émergence de chanteurs comme Kamel Aziz et Mustapha Belahcène, le festival s’est successivement tenu au TNA (théâtre national algérien), à l’Institut national supérieur de musique d’Alger, à la salle Ibn-Zeydoun (Riad El Feth), puis à l’Agora depuis 2014.
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