L’ÉPOUSE DU MILITANT NAÂMA ASFARI EMPÊCHÉE DE RENDRE VISITE À SON MARI : Le Makhzen foule aux pieds les droits des détenus sahraouis

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L’activiste française, Claude Mangin, épouse du prisonnier politique sahraoui Naâma Asfari, détenu à la prison centrale de Marrakech, continue d’être harcelée et de subir des expulsions par les autorités d’occupation marocaines lors de ses déplacements pour rendre visite à son mari en prison.
Depuis janvier 2019, elle subit un traitement inhumain du gouvernement marocain qui lui refuse le droit de visiter son époux, arrêté et arbitrairement condamné avec ses compagnons, dans l’affaire dite de Gdeïm Izik.
Lundi, alors qu’elle s’apprêtait à rentrer au Maroc, elle a été interpellée à l’aéroport de Marrakech alors qu’elle était accompagnée, dans son voyage, par Philippe Bouyssou, maire de la ville française d’Ivry-sur-Seine, et Claire Delmotte, conseillère municipale. Elle a été invitée à quitter le Maroc au moment où ses compagnons ont été autorisés à y entrer.
De par son statut d’épouse d’un des détenus politiques sahraouis, ses prises de positions et sa fermeté dans la défense de la cause sahraouie, Claude Mangin, continue d’être harcelée et de subir des expulsions par les autorités d’occupation marocaines lors de ses déplacements pour rendre visite à son mari en prison.
Cette interdiction s’inscrit dans le cadre de la privation continue de Claude Mangin de son droit de visiter son mari depuis janvier 2019, malgré ses tentatives répétées pour lui rendre visite et suivre sa situation à l’intérieur de la prison. Cette mesure soulève des questions concernant le respect du droit à la vie familiale et les garanties de visite pour les détenus, en particulier face à la persistance des restrictions imposées sur la communication entre Naâma Asfari et son épouse, et la souffrance humaine continue qui en découle. Il est à noter que le défenseur sahraoui des droits humains, Naâma Asfari, a récemment mené des grèves de la faim pendant 55 jours, exigeant que les autorités d’occupation marocaines appliquent les décisions et recommandations des mécanismes des Nations unies pour les droits humains, notamment les décisions du Comité des Nations unies contre la torture. Il avait mis fin à sa grève après des assurances de la direction de la prison de Marrakech de rétablir le droit de visite des familles aux détenus, un engagement qu’elle n’a pas tenu, ce qui a conduit des compagnons de Naâma Asfari à engager un nouveau mouvement de grève. Les revendications des militants sahraouis de Gdeïm Izik s’inscrivent dans le cadre d’un suivi international du dossier. Des personnalités et des ONG continuent d’appeler l’autorité d’occupation à à traiter les violations soulevées concernant leur procès et leur détention. Le Comité des Nations unies contre la torture avait appelé, dans ses décisions relatives au cas de Naâma Asfari et ses camarades, le Maroc à abandonner les charges retenues contre eux et à les libérer. Il faut rappeler, dans ce cadre, que c’est au terme d’un simulacre de procès que Naâma Asfari et ses compagnons de Gdeïm Izik ont été condamnés à de lourdes peines de prison.  L’interdiction faite à Claude Mangin d’entrer au Maroc pour visiter son mari remet en lumière la persistance de cette affaire et les revendications en matière de droits humains visant à mettre en œuvre les décisions des instances onusiennes et à garantir le respect des droits des prisonniers politiques sahraouis, y compris le droit de visite et à la vie familiale.
Le Maroc, qui foule aux pieds des résolutions onusiennes, a entravé tous les efforts pour étendre la mission de la Minurso vers le contrôle de la situation des droits de l’Homme dans les territoires sahraouis occupés. Malgré leur caractère contraignant, les résolutions onusiennes continuent de se montrer impuissantes devant l’entêtement du Makhzen et l’administration occupante à ne pas reconnaitre aux militants sahraouis le statut de détenus politiques seule garantie pouvant les préserver de la répression et de la torture qu’ils subissent dans les prisons marocaines, citées comme de véritables espaces de non-droit par plusieurs ONG et même par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme (HCDH).
Slimane B.