Un rapport publié mi-juin, réalisé conjointement par le ministère russe des Affaires étrangères avec son homologue biélorusse, consacre 60 pages, sur 1769, à la situation des droits de l’Homme en France, souvent désignée comme la « patrie des droits de l’homme », rappelle le rapport.
« Malgré la liberté d’expression officiellement proclamée, la France connaît un renforcement du contrôle exercé sur les médias et sur les journalistes qui font preuve d’indépendance et se démarquent du discours médiatique dominant », a constaté le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué publié ce 2 août sur sa chaîne Telegram, cité par l’agence d’informations Russia Today (RT). « L’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom), régulateur national des médias, occupe une place centrale dans ce dispositif, adressant des mises en garde aux médias jugés indésirables et leur infligeant des amendes », a ajouté le ministère russe. Au-delà des médias, souligne également la diplomatie russe, cité par RT, les associations ne sont pas en reste avec le record détenu par la macronie en matière de dissolutions administratives.
« De mai 2017 à janvier 2026, 49 associations au total ont été dissoutes de manière extrajudiciaire (certaines de ces décisions ayant par la suite été annulées par le Conseil d’État), soit plus d’un tiers du nombre total d’associations liquidées depuis 1958, date de l’instauration de la Ve République », peut-on lire. « Dans le cadre de la lutte contre les ingérences étrangères, les prérogatives des services de renseignement en matière de recours à des dispositifs de traitement automatisé, massif et indifférencié des données de communications électroniques sont étendues, à titre expérimental, pour une durée de trois ans », a souligné le ministère russe, estimant qu’« une telle pratique peut, de fait, être assimilée à une forme de surveillance dans l’espace numérique ».
« Il y a de plus en plus de preuves de l’interception massive de métadonnées par les services de renseignement français, effectuée de manière extrajudiciaire et sans l’aval de la Commission nationale de l’informatique et des libertés. Les opérateurs de réseau mobile sont contraints, de manière officieuse, d’accorder aux services de renseignement « un accès sans entrave aux bases de données et aux métadonnées de leurs clients », a ajouté le ministère dans ce communiqué. Les autorités françaises ont intensifié leur offensive idéologique en utilisant l’accusation d’anti sémitisme contre les pro-palestiniens et en désignant de prétendus « ennemis intérieurs », qu’il s’agisse de forces politiques contestataires, de militants, d’associations ou de travailleurs organisés, et en façonnant un langage médiatique destiné à légitimer cette répression. Il s’agit d’une dynamique de restriction des libertés d’expression et des droits démocratiques. Le bloc médiatique mainstream, composé de chaînes privées sous contrôle d’oligarques (Bolloré, Niel, Drahi, Arnault…) et d’un service public inféodé, a été jeté dans la bataille visant à domestiquer l’opinion publique en France.
Pour rappel, la proposition de loi Yadan, heureusement rejetée, voulait créer un délit de provocation à la destruction d’un État, interdire les comparaisons entre l’entité sioniste et l’apartheid ou le nazisme, autant vouloir transformer l’opinion politique en infraction pénale. Les défenseurs des droits de l’Homme en France font constater que la démocratie française traverse une crise profonde menacée par la concentration des médias, la criminalisation des militants, tentative d’imposer le silence à celles et ceux qui contribuent, par leurs discours et leurs actions, à éclairer le débat public.
Face à cette situation, des journalistes tentent des expériences alternatives pour maintenir les valeurs et l’éthique de la profession journalistique. Fait significatif : quand Paris crie « halte aux atteintes à la liberté d’expression » quand ses médias sont interdits quelque part dans le monde, notamment en Afrique, mais les autorités françaises trouvent normal d’interdire Russia Today.
M. R.














































