Les pouvoirs publics ont initié la mise en place d’une stratégie nationale qui va réinstaller la loi et la justice dans les quartiers, protéger la sécurité des biens et des personnes et défendre la sérénité des citoyens.
Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a présidé, lundi au Palais du gouvernement, une réunion de la commission nationale de prévention et de lutte contre les bandes de quartiers, consacrée à l’examen et au débat du projet de la stratégie nationale de prévention et de lutte contre les bandes de quartiers pour la période 2026-2029, indique un communiqué du ministère. Ce projet qui s’inscrit dans le cadre de l’ordonnance 20-03 relative à la prévention et à lutte contre les bandes de quartiers, comprend « une approche globale alliant dissuasion et prévention, dans le but de renforcer la sécurité et la sérénité publiques et de préserver la sécurité des personnes et des biens », selon la même source. Il s’agit, dans le cadre de ce projet, de sécuriser l’espace vital du citoyen en le mettant à l’abri des nuisances des bandes criminelles qui activent dans le trafic de drogue, le vol avec violence, le proxénétisme et qui excellent dans tous les coups tordus qui perturbent la sérénité des citoyens.
Aujourd’hui, l’heure est à la tolérance zéro. C’est une véritable guerre contre cette violence qui constitue une menace pour la sécurité des personnes et des biens et susceptible de fragiliser le front intérieur. Il faut rappeler, dans ce contexte, que l’extension urbaine qu’ont connue certaines régions du pays, a favorisé l’apparition de ce phénomène. Pour endiguer ce phénomène, il fallait, pour les services de sécurité, notamment urbaine, redéfinir une nouvelle stratégie de redéploiement de leurs moyens humains et matériels pour se garantir une présence dissuasive. Évoluant dans un milieu où les liens sociaux et de voisinage sont encore en construction, ces bandes criminelles, se croyant en terrain conquis, ont tissé une toile de la terreur qui a donné lieu à l’espace de non droit où elles dictaient leur loi. La prise de conscience des citoyens a donné lieu à des réactions, parfois condamnables où la parole n’était plus à la loi et la justice mais à celle du Talion où la vengeance est le maître-mot. C’est d’ailleurs pour mettre un terme à cette réaction qui est d’essence violente (car la violence appelle la violence, ndlr), que les pouvoirs publics ont réagi en initiant la mise en place d’une stratégie nationale qui va réinstaller la loi et la justice dans les quartiers, protéger la sécurité des biens et des personnes et défendre la sérénité des citoyens.
Il s’agira à l’avenir, grâce à cette stratégie, d’engager une lutte contre ce phénomène par la prévention par des actions de lutte et de contrôle continu qui vont mettre sous pression toute velléité des bandes de malfaiteurs de créer des espaces où elles imposeraient leur loi, la sensibilisation des citoyens, qui deviendront des acteurs majeurs dans la lutte par la dénonciation et le signalement de tout acte répréhensible et l’éducation qui va permettre d’orienter les efforts sur le terrain, avec l’aide de la société à la resocialisation des jeunes désœuvrés susceptibles de devenir les fiers à bras des bandes.
Une approche participative et intégrée
Sayoud a souligné, lors de la rencontre que la stratégie nationale constitue « le fruit d’une action participative intégrée, basée sur un diagnostic précis du phénomène des bandes de quartiers et une anticipation de ses diverses dimensions sécuritaires et sociales, tout en proposant un ensemble de mécanismes pratiques à même de le prévenir et de le combattre avec efficacité ». Il a, à ce titre, précisé qu’elle adopte « une approche multidimensionnelle, combinant les aspects sécuritaires, préventifs, sociaux et éducatifs, permettant ainsi de traiter les racines du phénomène et non de se limiter à ses apparences », et ce, à travers « le renforcement du rôle des institutions de l’État, la consolidation de l’action de proximité et de sensibilisation, ainsi que le soutien aux mécanismes d’alerte précoce et la consécration de la culture de citoyenneté et de conscience communautaire chez les jeunes ». Partant du principe que cette lutte est une responsabilité collective, il a appelé à la nécessité d’une adhésion effective et coordonnée de tous les acteurs, instances, établissements et secteurs ministériels, outre la société civile et les acteurs locaux.
Le citoyen prend conscience et s’implique
Explicitant la stratégie, il a souligné l’importance d’engager des actions à court terme, à travers le lancement de larges campagnes de sensibilisation, en attendant la mise en œuvre de la teneur de la stratégie, tout en poursuivant le travail sur le terrain et la coordination continue, à travers des réunions périodiques régulières et le renforcement des mécanismes de suivi et d’évaluation. Sayoud a conclu en réaffirmant que la garantie de la sécurité des citoyens à l’intérieur des quartiers représente une priorité nationale constante qui exige la participation de tout un chacun, au regard du rôle pivot de l’aspect sécuritaire dans le renforcement d’un front national intérieur capable de se dresser face à tous les périls susceptibles de porter atteinte à la stabilité de la société.
Aujourd’hui, le citoyen s’implique en diffusant, sur les réseaux sociaux, des vidéos de certaines exactions de bandes criminelles. Ces vidéos, devenues virales, sont exploitées par les services de sécurité pour engager des opérations qui ont permis d’éradiquer des bandes et surtout de rétablir la sérénité et la sécurité dans certains quartiers qui étaient considérés comme des espaces de non-droit.
Slimane B.

