L’icône de la musique brésilienne Gilberto Gil a conclu samedi son « ultime tournée » avec un concert festif de pas moins de trois heures devant 50.000 personnes à Sao Paulo, à 83 ans. Gilberto Gil a révolutionné la musique brésilienne pendant la dictature militaire (1964-1985), aux côtés de Caetano Veloso et Chico Buarque notamment, en donnant naissance au « tropicalisme », fusion de la samba et de la bossa nova avec le rock et la pop. Entouré de ses enfants et petits-enfants musiciens, il a fait vibrer samedi ses fans au stade de Palmeiras avec des classiques tels que « Palco », « Vamos fugir », « Andar com fé » et « Aquele abraço ». Emu mais souriant, il a prononcé quelques mots à l’intention de sa fille Preta Gil, décédée il y a moins d’un an et à qui il a dédié cette tournée. Un des moments forts du spectacle a été « A paz » (« La paix »), qu’il a interprété aux côtés de ses petits-enfants Flor et Bento Gil, âgés de 16 et 22 ans, et qu’il a terminé en formant un « V » avec ses doigts en signe de paix. Le concert a également été marqué par l’intervention en vidéo de Chico Buarque, venu raconter l’histoire de « Cálice », une chanson sur la censure à l’époque de la dictature. Avec sa voix et son talent de guitariste inentamés, Gilberto Gil a encore fait preuve de toute sa vitalité et de son talent, qui avaient autrefois poussé son ami Veloso à le qualifier de « véritable musicien » brésilien de sa génération. L’artiste, qui fut également ministre de la Culture du président Lula de 2003 à 2008, prévoit de continuer à se produire mais lors de concerts moins grandioses et moins fréquents.













































