Quatre membres d’une même famille – un père, une mère et leurs deux enfants – ont été martyrisés par des tirs de l’armée sioniste dans la localité de Tamoun, dans le nord de la Cisjordanie occupée. Deux autres enfants de la famille ont été blessés. Parallèlement, trois civils ont également été martyrisés dans un bombardement sioniste dans le centre de la bande de Ghaza, illustrant la poursuite des violences malgré le cessez-le-feu entré en vigueur en octobre dernier. La tragédie s’est produite lors d’une nuit du mois de Ramadhan qui devait être consacrée aux préparatifs de l’Aïd. Ali Bani Ouda, 37 ans, avait quitté la maison avec son épouse Waad, 35 ans, et leurs quatre enfants pour se rendre à Naplouse afin d’acheter des vêtements pour la fête. Dans la voiture familiale, l’ambiance était joyeuse. Les enfants riaient et échangeaient des gestes d’affection avec leurs parents, dans une scène ordinaire de vie familiale, semblable à celle que vivent de nombreuses familles à l’approche de l’Aïd. Mais le trajet s’est brutalement transformé en cauchemar. Selon des témoignages locaux, une unité spéciale de l’armée israélienne aurait intercepté le véhicule et ouvert le feu de manière directe et intense.
Les rires virent, en un laps de temps, aux larmes
Waad Bani Ouda a été mortellement touchée alors qu’elle tentait de protéger ses enfants. Les tirs ont également atteint Ali Bani Ouda et deux de leurs fils : Othman, 7 ans, et Mohammed, 5 ans. Tous ont succombé à leurs blessures. Deux autres enfants, Khaled, 11 ans, et Mustafa, 8 ans, ont été blessés par des éclats de balles à la tête et au visage, selon le ministère palestinien de la Santé. Khaled, l’aîné des enfants et élève en sixième année, a raconté les derniers instants vécus dans la voiture familiale. Selon lui, la famille était sur le chemin du retour depuis Naplouse après avoir acheté les vêtements de l’Aïd lorsque les tirs ont commencé. « Nous rentrions de Naplouse quand, soudain, des tirs directs ont commencé. J’ai caché ma tête sous le siège et nous ne savions pas d’où venaient les tirs », a-t-il expliqué. L’enfant affirme que tous les occupants de la voiture ont été touchés, à l’exception de lui-même et de son frère Mustafa. Khaled raconte également qu’après la fusillade, un soldat l’aurait tiré hors du véhicule et frappé, avant de faire sortir son frère. Lorsqu’il a tenté de protéger Mustafa, les soldats l’auraient jeté à terre et frappé dans le dos avec leurs bottes. Dans son témoignage, l’enfant affirme aussi avoir entendu l’un des soldats déclarer après la fusillade : « Nous avons tué des chiens ». «Mon père respirait encore à peine. Ma mère a crié puis tout est devenu silencieux», poursuit-il. Il conclut son récit par une phrase qui a profondément marqué l’opinion publique «Après cela, je n’ai plus entendu leur souffle. Mes frères sont morts et leur voix s’est éteinte. Mon frère Mohammed était assis au milieu à côté de mon père. Ils riaient juste avant que les tirs ne commencent». La mort de la famille Bani Ouda a suscité une vive émotion sur les réseaux sociaux palestiniens et arabes. De nombreux internautes ont qualifié l’événement de « massacre » et dénoncé ce qu’ils décrivent comme une violence disproportionnée. « Un père, une mère et leurs enfants sont sortis acheter des vêtements pour l’Aïd et sont revenus à la morgue au lieu de rentrer chez eux », a écrit un utilisateur. Un autre message largement partagé affirme : « Ils sont sortis pour acheter des vêtements de fête pour leurs enfants et sont revenus enveloppés dans des linceuls blancs. Une famille entière effacée du registre civil ». Une photo du petit Mohammed Bani Ouda, âgé de cinq ans, a également circulé sur les réseaux. Selon des témoins, le véhicule familial aurait été criblé de plus de cinquante balles tirées à courte distance. Un habitant du secteur a déclaré : «Devant ma maison, plus de cinquante balles ont été tirées d’un seul coup sur la voiture».
Trois martyrs dans une frappe à Ghaza
Dans le même temps, la violence se poursuit dans la bande de Ghaza. Des sources médicales ont indiqué que trois membres d’une même famille ont été tués dans un bombardement sionistes visant la zone d’Al-Sawarihah, dans le camp de réfugiés de Nusseïrat, au centre de l’enclave. Les victimes sont Kamel Ayash, son épouse Halima Ayash et leur fils Ahmed Kamel Ayash. Par ailleurs, Wafi Talal Ibrahim Al-Dassouqi est décédé des suites de blessures subies lors d’une attaque survenue le 30 janvier à Khan Younès, dans le sud de Ghaza, selon la défense civile. Au total, dix personnes ont été tuées dans différentes zones de la bande de Ghaza au cours des dernières 24 heures, selon les autorités locales.
Des violences malgré le cessez-le-feu
Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 11 octobre dernier, les autorités sanitaires palestiniennes affirment que les attaques sionistes n’ont pas cessé. Le ministère de la Santé à Ghaza indique que 658 personnes ont été tuées et 1 741 blessées depuis la mise en place de l’accord de trêve. Par ailleurs, 756 corps auraient été extraits des décombres durant cette période. Au cours des dernières 24 heures, sept nouveaux martyrs et treize blessés ont été admis dans les hôpitaux de l’enclave. Les autorités sanitaires précisent également que 91 victimes supplémentaires ont été ajoutées récemment au bilan officiel après confirmation de leur identité par la commission chargée de recenser les morts depuis le début du mois de mars. Malgré ces chiffres, les équipes de secours signalent que de nombreux corps restent encore sous les décombres ou dans des zones difficiles d’accès, les ambulances et la défense civile étant parfois empêchées d’intervenir.
Incursions et arrestations en Cisjordanie
En parallèle de ces événements, plusieurs incursions militaires sionistes ont été signalées dans différentes villes de Cisjordanie occupée. Les forces sionistes ont notamment pénétré dans les localités de Qabatiya et Al-Yamoun, dans la ville de Jénine, où plusieurs maisons ont été perquisitionnées. Dans la ville de Beït Furik, à l’est de Naplouse, des soldats ont tiré des grenades assourdissantes et des gaz lacrymogènes sans qu’aucune arrestation ne soit signalée. Dans la région de Salfit, un barrage militaire a été installé dans la zone de Wadi Al-Shaer, entre le village d’Al-Lubban Al-Sharqya et la ville de Salfit, près d’un nouvel avant-poste de colonisation établi récemment par des colons.
Blessés par balles en Cisjordanie occupée
Dans le sud de la Cisjordanie occupée, un homme de 36 ans a été blessé par balles à Tarqumia, à l’ouest d’El khalil. Selon des sources médicales, il a été touché à la jambe par des tirs de soldats sionistes près du mur de séparation et a été transporté à l’hôpital du Croissant Rouge à El-khalil, où son état est jugé modéré. Dans un autre incident, un Palestinien de 43 ans, identifié comme Ahmad Khalil Sader Saleh, a été blessé par balles près du poste de contrôle de Beït Iksa, au nord-ouest d’El-Qods. Selon des témoins, son fils Khalil, âgé de 20 ans, aurait été violemment battu par des soldats sur place. Ces événements s’inscrivent dans un contexte de tension persistante dans les territoires palestiniens. Alors que la guerre dans la bande de Ghaza dure depuis plus de deux ans et demi, les violences se poursuivent également en Cisjordanie occupée, où les affrontements entre l’armée sionistes, les colons et les Palestiniens restent fréquents. Pour de nombreux observateurs et militants, ces incidents illustrent une escalade plus large visant à accroître la pression sur la population palestinienne, dans un climat marqué par les opérations militaires, les incursions et les attaques de colons.
M.S.










































