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MINE ZINC-PLOMB D’OUED AMIZOUR : Un potentiel exploitable de 34 millions de tonnes 

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Figurant parmi les trois projets miniers phares en cours dans le pays, la mine de zinc-plomb de Ouest Amizour dans la wilaya de Béjaïa, devra rentrer en exploitation courant de ce mois de mars. S’exprimant, hier, dans l’émission « L’invité du jour » de la Chaîne 3 de la Radio algérienne, le professeur Malek Ould Hamou, directeur du laboratoire de génie minier et consultant dans le domaine, a fourni de précieuses informations sur le gisement d’Oued Amizour, faisant savoir, d’emblée, que cette mine « est un minerai polymétallique composé principalement de zinc et de plomb, avec une estimation de 34 millions de tonnes exploitables », expliquant que les réserves contiennent environ 170 000 tonnes de zinc et 30 000 tonnes de plomb. Bien que ce projet ne soit pas comparable en volume à certains grands projets de minerai de fer, il se distingue par « la valeur élevée de ces métaux sur les marchés internationaux. » Ould Hamou a également expliqué que la teneur du minerai reste relativement faible. « Le minerai de plomb et de zinc se situe aux alentours de 4 % de zinc et de moins de 1,5 % de plomb », précise-t-il, ce qui nécessite, selon lui, des procédés de valorisation spécifiques afin d’extraire efficacement les métaux contenus dans la masse totale du minerai. « Le gisement d’Oued Amizour est classé à peu près au douzième rang mondial », affirme le professeur, ajoutant que cette position témoigne de l’importance stratégique du projet pour l’Algérie. « Le gisement permettra de renforcer l’approvisionnement national en matières premières pour l’industrie métallurgique et de réduire la dépendance aux importations », ajoute-t-il, rappelant que « l’exploitation se fera en mode souterrain, contrairement à certaines mines à ciel ouvert ». « C’est une exploitation souterraine où des blocs de minerai seront extraits puis transférés vers une usine de valorisation », explique-t-il, précisant que « le minerai brut alimentera ensuite une usine de traitement destinée à concentrer les métaux utiles » .

Augmenter la teneur en métaux 

L’exploitation ne se limite pas à l’extraction du minerai, selon lui. Une étape essentielle consiste à valoriser ce dernier pour en augmenter la teneur en métaux. « Extraire et vendre la matière première telle qu’elle vient de la mine n’est pas du tout une solution », souligne le professeur, indiquant que « le procédé utilisé est la flottation, une technique physico-chimique couramment utilisée en minéralurgie. Le procédé mis en place au niveau d’Oued Amizour est un procédé physico-chimique qu’on appelle la flottation ». Concrètement, le minerai subira d’abord une préparation mécanique. «Cela veut dire la réduction ou la fragmentation du minerai qui vient en bloc jusqu’à une taille de moins de 100 microns », explique-t-il. Cette étape permet ensuite de séparer les minéraux utiles à l’aide de réactifs chimiques tels que des collecteurs, des déprimants, des activants et des régulateurs de milieu. Grâce à ce processus, la teneur du minerai peut être considérablement augmentée. « De 1,2 % de plomb ou de quelques pour cent de zinc, on peut remonter le taux jusqu’aux environs de 60 % », précise le spécialiste.

Une durée de vie de 20 ans 

Pour l’invité de la Chaîne 3, le projet devrait avoir des retombées économiques importantes, tant au niveau régional que national. « Il y aura des milliers d’emplois qui vont être créés au sein de la mine », affirme le professeur, évoquant des emplois directs et indirects liés à l’exploitation, au traitement du minerai et à la logistique. La durée d’exploitation du gisement est estimée entre 19 et 20 ans. « Sur les 34 millions de tonnes de réserves, la mine devrait fonctionner pendant environ vingt ans », indique-t-il, soulignant que « le projet inclut également des mesures environnementales visant à limiter l’impact sur l’écosystème. Les résidus miniers seront en partie réutilisés pour combler les vides souterrains afin d’éviter les affaissements. Les rejets seront mélangés avec du ciment pour reconstituer les volumes exploités ». Par ailleurs, « la gestion des eaux et des résidus fera l’objet de dispositifs spécifiques afin d’éviter tout risque de pollution, notamment lié au drainage minier acide », souligne-t-il, affirmant que le projet est mené dans le cadre d’un partenariat entre un groupe algérien, majoritaire à 51 %, et la société australienne Terramin Australia Limited, qui détient 49 % des parts et apporte son expertise technique.

R. E.

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