Accueil Brèves RÉACTIONS INTERNATIONALES : Moscou fustige une «attaque armée non provoquée »

RÉACTIONS INTERNATIONALES : Moscou fustige une «attaque armée non provoquée »

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Le vice-président du Conseil de sécurité de Russie, Dmitri Medvedev, a réagi hier aux frappes menées par l’entité sioniste avec le soutien des États-Unis contre des cibles militaires en Iran. L’opération, confirmée par les autorités sionistes et américaines, a été suivie de tirs de missiles iraniens en direction des territoires palestiniens occupés.

Dans un message publié sur le réseau social X, Dmitri Medvedev a estimé que les discussions engagées entre Washington et Téhéran ne traduisaient pas une réelle volonté de règlement diplomatique. « Les discussions avec l’Iran n’étaient qu’une couverture. Tout le monde le savait. Alors, qui aura maintenant la patience d’attendre la fin pitoyable de l’ennemi ? Les États-Unis n’ont que 249 ans. L’Empire perse a été fondé il y a plus de 2 500 ans. Voyons ce qu’il se passera dans 100 ans environ… », a-t-il écrit.

Appel à une désescalade

Dans son message, Dmitri Medvedev a établi un lien direct entre les frappes et les négociations menées récemment entre Washington et Téhéran sur le dossier nucléaire. Selon Reuters, des pourparlers avaient été engagés en février afin de tenter de parvenir à un accord. 

La diplomatie russe a qualifié l’attaque sioniste-américaine de « pas irresponsable » et appelé à un retour immédiat à la voie diplomatique. Le ministère russe des Affaires étrangères a estimé que l’ampleur des préparatifs militaires ne laissait aucun doute sur le caractère prémédité de l’opération, la considérant comme une violation des principes fondamentaux du droit international. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, s’est entretenu par téléphone avec son homologue iranien Abbas Araghtchi, à l’initiative de la partie iranienne. Moscou indique que Sergueï Lavrov a condamné une « attaque armée non provoquée » et a appelé à un retour immédiat à un règlement politico-diplomatique. Lors de cet échange, Abbas Araghtchi a affirmé que les frappes avaient fait échouer les négociations sur le dossier nucléaire iranien et évoqué la possibilité d’une convocation urgente du Conseil de sécurité de l’ONU. La Russie a réaffirmé sa disponibilité à contribuer, y compris au sein du Conseil de sécurité, à la recherche d’une issue pacifique à la crise.

La Chine anticipe et conseille l’évacuation en cas de nécessité

La Chine a anticipé les risques et a exhorté vendredi ses ressortissants en Israël à renforcer leurs préparatifs face aux situations d’urgence, en raison de l’escalade des tensions dans la région du Moyen-Orient. L’ambassade de Chine en terres palestiniennes occupées a appelé ses citoyens résidant dans le pays à suivre attentivement les évolutions et les alertes de sécurité émises par le gouvernement israélien. L’avertissement recommande aux Chinois de faire preuve de la plus grande vigilance, de renforcer leurs mesures de sécurité, de se préparer aux urgences et de ne sortir qu’en cas de nécessité absolue. Ils sont également invités à connaître à l’avance l’emplacement des abris et les itinéraires pour y accéder dans leur environnement immédiat, afin d’assurer leur sécurité personnelle et la protection de leurs biens. Plus tôt, la Chine avait déjà demandé à ses ressortissants présents en Iran de quitter le pays dans les plus brefs délais, invoquant une augmentation des « risques de sécurité externes » face aux menaces d’une éventuelle attaque militaire américaine. La région est en proie à une tension croissante, avec la crainte que Washington ne frappe militairement l’Iran si aucun accord n’est trouvé sur son programme nucléaire, alors qu’Israël se prépare à d’éventuelles représailles iraniennes. 

Selon la chaîne officielle CCTV, l’ambassade de Chine en Israël insiste sur la nécessité pour ses citoyens de rester prudents, de renforcer leur préparation aux situations d’urgence et de limiter leurs sorties aux seuls cas indispensables. L’institution rappelle également l’importance de « se familiariser à l’avance avec les abris à proximité et les itinéraires d’évacuation afin de garantir la sécurité personnelle et la protection des biens ».

Sanaâ condamne une « agression perfide » 

La République du Yémen a vivement condamné l’agression qu’elle attribue aux États-Unis et à Israël contre la République islamique d’Iran. Dans un communiqué relayé par l’agence de presse yéménite Saba, le ministère des Affaires étrangères et des Expatriés a qualifié cette attaque d’« escalade dangereuse » et de « violation flagrante de la souveraineté d’un État indépendant et membre des Nations unies ». Il y voit également une atteinte directe à la sécurité, à la stabilité et à l’intégrité territoriale de l’Iran. Selon le communiqué, cette agression constitue une violation manifeste de la Charte des Nations unies et du droit international, ainsi que de l’ensemble des normes et conventions interdisant le recours à la force ou la menace de son emploi contre les États souverains. Elle représenterait, en outre, une menace directe pour la paix et la sécurité régionales et internationales, ouvrant la voie à une nouvelle phase de tensions et d’instabilité dans la région. Le ministère yéménite a imputé cette attaque à l’opposition de l’Iran à l’hégémonie américaine, à sa quête d’indépendance et à son soutien aux causes de la nation islamique, en particulier la cause palestinienne. Sanaa a appelé la communauté internationale, et plus spécialement le Conseil de sécurité, à assumer ses responsabilités juridiques et morales en condamnant cette « agression brutale » et en prenant des mesures concrètes pour y mettre fin. Le communiqué affirme également que l’Iran mène « le combat de la nation islamique contre le sionisme mondial», soutenu par les armes américaines et israéliennes, exhortant les pays islamiques à adopter des positions claires et fermes pour rejeter cette agression, jugée dirigée contre l’ensemble du monde musulman. La diplomatie yéménite a, par ailleurs, dénoncé l’attitude de certains États arabes ayant ordonné à leurs forces armées d’intercepter des missiles iraniens visant des bases américaines, qualifiant ces actes de « honteux et répréhensibles » et estimant qu’ils pèseront lourdement sur leurs responsabilités historiques. Enfin, le ministère des Affaires étrangères a exprimé la pleine solidarité du Yémen, de ses dirigeants, de son gouvernement et de son peuple avec l’Iran, réaffirmant son droit à la légitime défense et aux représailles, tel que garanti par le droit international. Il s’est dit confiant dans la capacité de Téhéran à répondre et à infliger « une leçon cinglante » aux États-Unis et à l’entité sioniste.

Vague de condamnations internationales

Plusieurs responsables internationaux ont exprimé, hier, leur opposition aux frappes militaires menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran, dénonçant une action unilatérale et une violation des principes du droit international. En Espagne, le Premier ministre Pedro Sánchez a déclaré rejeter toute opération militaire unilatérale conduite par les États-Unis et Israël contre l’Iran, soulignant la nécessité de privilégier la voie diplomatique pour résoudre les différends régionaux. De son côté, le président finlandais Alexander Stubb a estimé que les États-Unis agissent « dans une large mesure en dehors du cadre traditionnel du droit international », mettant en garde contre les conséquences juridiques et politiques d’une telle approche. Au Royaume-Uni, le gouvernement a indiqué être « prêt » à protéger ses intérêts au Moyen-Orient, tout en affirmant ne pas souhaiter une nouvelle escalade vers un conflit régional plus large. Dans un communiqué officiel, un porte-parole a rappelé que Londres dispose de capacités de défense dans la région, récemment renforcées, et qu’une assistance consulaire est disponible 24 heures sur 24 pour les ressortissants britanniques. Selon la BBC, le Premier ministre britannique Keir Starmer a présidé une réunion d’urgence du comité de sécurité COBRA afin d’évaluer la situation et ses répercussions potentielles sur la stabilité régionale. Ces réactions traduisent une inquiétude croissante sur la scène internationale face au risque d’un embrasement plus large au Moyen-Orient, alors que plusieurs dirigeants appellent à un retour au dialogue et au respect du droit international.

M. Seghilani 

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