Accueil ACTUALITÉ GHAZA : Les Palestiniens se font massacrer sous silence

GHAZA : Les Palestiniens se font massacrer sous silence

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Depuis l’aube d’hier, le secteur de Ghaza a été frappé par une nouvelle escalade de violence sioniste, entraînant la mort de 25 Palestiniens et de nombreux blessés.
Ces incidents s’inscrivent dans le cadre des violations répétées de l’accord de cessez-le-feu conclu le 10 octobre dernier, qui devait mettre fin aux hostilités entre Israël et Ghaza après deux années de conflit intensif. Selon les sources médicales locales, les frappes aériennes sionistes ont touché plusieurs quartiers densément peuplés de Ghaza et de Khan Younès. À Sheikh Radwan et dans le quartier Al-Nasr, des avions de combat ont bombardé des bâtiments résidentiels, faisant au moins 16 victimes, dont plusieurs enfants et femmes. Dans le seul quartier de Sheikh Radwan, une première estimation faisait état de 13 morts et de plusieurs blessés, alors que dans le quartier Al-Nasr, trois Palestiniens ont trouvé la mort. La situation s’aggrave encore à Khan Younès, où une tente abritant des déplacés a été visée par les frappes israéliennes dans la région d’Asda, au nord-ouest de la ville. Sept membres d’une même famille ont été tués dans cet assaut, parmi lesquels cinq enfants, une femme et une personne âgée. Ces attaques viennent porter le bilan des victimes de ce samedi à 28 morts dans l’ensemble du secteur, et le chiffre est susceptible d’augmenter au fur et à mesure que les équipes de secours accèdent aux zones frappées. Les services de santé de Ghaza ont recensé 21 martyrs à Ghaza ville et 7 dans le sud du territoire depuis le début des hostilités hier matin.

524 martyrs, 1 360 blessés et 50 kidnappés depuis octobre dernier
Selon le bureau de presse gouvernemental, depuis la mise en place du cessez-le-feu en octobre dernier, Israël a commis 1 450 violations dans tout le secteur de Ghaza, malgré les accords internationaux et humanitaires. Ces violations incluent des bombardements ciblés, des tirs d’artillerie, des intrusions de véhicules militaires dans les zones résidentielles et la destruction de bâtiments civils. En chiffres, cela représente 487 tirs directs, 71 incursions de véhicules militaires, 679 bombardements et attaques ciblées, ainsi que 211 destructions de maisons et d’infrastructures diverses. Au total, depuis le cessez-le-feu, 524 Palestiniens ont été tués, dont 260 enfants, femmes et personnes âgées, et 1 360 autres ont été blessés, parmi lesquels 780 sont des civils vulnérables. La majorité des victimes ont été touchées en dehors de ce que l’on appelle « la ligne jaune », soit les zones sous contrôle direct israélien, ce qui constitue une violation flagrante du droit international humanitaire. En outre, 50 Palestiniens ont été kidnappés dans les quartiers résidentiels, en violation directe des protocoles humanitaires. Israël n’a pas respecté les engagements concernant l’acheminement de matériel humanitaire, les lignes de retrait et les conditions nécessaires pour la réparation des infrastructures ou pour les opérations de secours visant à récupérer les corps des victimes et évacuer les blessés. Les restrictions sur l’entrée des tentes, des logements temporaires et du combustible pour la centrale électrique ont également été observées, paralysant ainsi la vie civile dans le sud du territoire. L’accord de cessez-le-feu, négocié sous l’égide de la communauté internationale et annoncé à l’automne 2025, prévoyait une première phase d’arrêt des hostilités et la définition d’une « ligne jaune » séparant les zones de présence militaire israélienne et celles accessibles aux civils palestiniens. Cette ligne couvrait environ 53 % de la superficie du territoire à l’est, laissant l’ouest libre de contrôle direct israélien. La deuxième phase, annoncée mi-janvier par le président américain Donald Trump, prévoit le retrait progressif de l’armée israélienne et le lancement d’un programme de reconstruction estimé à 70 milliards de dollars. Cependant, la réalité sur le terrain contredit largement ces engagements. Depuis l’entrée en vigueur de cette phase, l’armée israélienne continue ses frappes quotidiennes. Dans le quartier Al-Rimal, à l’ouest de Ghaza ville, une attaque aérienne a tué cinq Palestiniens, dont trois enfants et deux femmes, et blessé plusieurs autres. Ce quartier est censé être libre de contrôle militaire selon l’accord.

Sept personnes dont trois enfants et trois petits enfants assassinés
De même, à Khan Younès, sept Palestiniens — un homme, ses trois enfants et trois petits-enfants — ont été tués dans le bombardement de leur tente, abritant des dizaines de milliers de déplacés, principalement des femmes et des enfants. D’autres frappes ont visé des appartements dans le quartier Al-Tuffah à l’est de Ghaza, ainsi que des zones à proximité de la route principale Al-Jalaa au nord-ouest de la ville, et le camp Al-Bureij, sans que l’on ait initialement recensé de victimes. Récemment, un bâtiment administratif du camp Al-Ghaith, accueillant des déplacés près du collège Al-Ribat, a été bombardé après un avis d’évacuation préalable, causant la panique parmi les civils mais aucune victime déclarée. La zone d’Al-Muwasi, le long de la côte méditerranéenne, du nord de Deir Al-Balah au sud de Khan Younes, demeure densément peuplée par les déplacés depuis le conflit de 2023 et est régulièrement visée par les raids aériens. Les attaques sionistes du vendredi précédent avaient déjà coûté la vie à cinq Palestiniens dans des zones sous cessez-le-feu. Dans l’est du camp Al-Maghazi, deux civils ont été tués et d’autres blessés lors d’une attaque aérienne, tandis qu’Israël prétendait neutraliser quatre Palestiniens dans la même zone, sans préciser leur statut exact. À Rafah, trois autres Palestiniens ont été tués par l’armée israélienne alors qu’ils se trouvaient sous des structures souterraines. Les négociations pour la sortie en sécurité d’environ 200 combattants de la résistance palestinienne coincés dans des tunnels à Rafah sont restées sans réponse, aggravant la situation humanitaire.

Plus de 71 000 morts depuis octobre 2023
La guerre sioniste qui a repris avec force en octobre 2023, a déjà fait plus de 71 000 morts et plus de 171 000 blessés dans le territoire de Ghaza, avec une destruction massive des infrastructures civiles, estimées à 90 % du bâti. Le coût de la reconstruction est évalué par les Nations unies à 70 milliards de dollars. Depuis l’annonce du cessez-le-feu, plus de 715 corps ont été récupérés et près de 1 405 blessés pris en charge par les équipes médicales locales, malgré les conditions extrêmement difficiles. Les frappes sionistes d’hier illustrent la fragilité persistante de l’accord de cessez-le-feu et le non-respect systématique par l’occupant sioniste des obligations internationales et humanitaires. Les autorités locales dénoncent l’inaction face aux violations continues et l’absence d’une force internationale capable de garantir la sécurité des civils et de superviser la reconstruction. Washington, qui soutient la mise en œuvre de la deuxième phase de l’accord, prévoit d’envoyer une force de stabilisation internationale pour assurer un contrôle sur la situation, mais le calendrier reste flou. À Sheikh Radwan, un raid sur un poste de police a tué sept officiers et agents de sécurité. Les opérations de secours pour retrouver les corps sous les décombres sont toujours en cours. Les frappes aériennes se poursuivent également dans d’autres quartiers, touchant des zones résidentielles peuplées de femmes, d’enfants et de personnes âgées. Selon le dernier bilan, le nombre total de victimes depuis le début du cessez-le-feu atteint 509 morts et 1 405 blessés, avec 85 nouveaux cas confirmés entre le 23 et le 30 janvier en cours. Ces événements rappellent que, malgré les accords et les déclarations diplomatiques, la violence reste omniprésente dans le secteur de Ghaza. La population civile continue de subir le prix fort du conflit, avec des déplacements massifs, des destructions d’habitations et un accès limité aux soins et aux ressources essentielles. Le respect du droit international humanitaire et la protection des civils restent des enjeux cruciaux pour toute perspective de paix durable dans la région.
M. Seghilani

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