La diffusion jeudi dernier, par une chaîne publique française du service public, d’un programme présenté comme une « enquête journalistique » a suscité une vague de réactions politiques en Algérie.
Plusieurs formations politiques nationales ont dénoncé une campagne médiatique hostile, orientée et attentatoire à la souveraineté de l’État, estimant que le contenu diffusé s’éloigne des règles du journalisme professionnel pour s’inscrire dans une logique de propagande politique.
Dans des communiqués détaillés et particulièrement fermes, le Rassemblement national démocratique, le Front de libération nationale et le Mouvement Al-Binaa, pour ne citer que les premiers à réagir, ont exprimé leur indignation, mettant en cause la responsabilité des médias publics français et réaffirmant leur attachement à la souveraineté, aux institutions et aux symboles de l’Algérie.
RND : « Dénigrement déguisé en enquête »
Dans son communiqué, le RND dit suivre avec « surprise et indignation » ce qui a été diffusé par une chaîne publique française sous couvert d’enquête journalistique. Le parti considère qu’il ne s’agit nullement d’un travail médiatique professionnel, mais d’une pratique grossière de dénigrement politique, faussement enveloppée du vocabulaire de l’investigation pour légitimer un discours hostile qualifié de révolu.
Le RND relève que l’émission en question a donné la parole à des personnalités connues pour leur hostilité déclarée envers l’Algérie, liées, selon le parti, à des cercles ayant perdu toute légitimité politique et morale. Il affirme que l’Algérie, par son histoire, ses institutions et ses choix souverains, ne se définit pas depuis l’extérieur de ses frontières, et qu’elle ne se mesure ni aux appréciations ni aux jugements de médias confondant enquête professionnelle et propagande dirigée.
Le parti insiste sur le contexte dans lequel est intervenue cette diffusion, le même jour que l’adoption par le Conseil de la nation de la loi criminalisant le colonialisme, estimant que cela révèle l’acharnement de certains cercles à convoquer les mêmes visages, le même langage et les mêmes rancunes, dans une tentative de ressusciter un discours dépassé depuis la fin définitive du temps de la tutelle.
Le RND qualifie par ailleurs la diffusion de descriptions jugées vulgaires à l’encontre d’un symbole de l’État algérien de « scandale médiatique et moral sans précédent », révélateur d’un dérapage dangereux et d’une crise de normes au sein d’un média public français qu’il accuse d’impudence et de provocation. Face à ces dérives, le parti rappelle que l’Algérie est un État à part entière, dont les décisions se prennent au sein de ses institutions constitutionnelles, et que la souveraineté nationale n’est ni négociable ni sujette à des débats futiles.
Le RND souligne enfin que l’Algérie n’a pas besoin de « certificats de bonne conduite », qu’elle n’est pas dirigée par des mentalités d’avant l’indépendance et que les relations entre États doivent reposer sur le respect mutuel et l’égalité. Il déplore l’attitude de certains acteurs qu’il qualifie de mercenaires politiques, accusés d’avoir aliéné leur honneur au profit de campagnes de dénigrement, et réaffirme son soutien total aux institutions de l’État et à l’unité du front intérieur.
FLN : « Désinformation et propagande hostiles »
Le Front de libération nationale a, pour sa part, exprimé une condamnation absolue et sans équivoque des campagnes qu’il décrit comme hostiles, flagrantes et systématiques menées par les médias publics français contre l’Algérie. Le FLN estime que le comportement adopté par ces médias ne souffre plus ni interprétation ni justification et révèle leur implication directe dans une guerre de propagande s’alignant sur les thèses de l’extrême droite française.
Selon le parti, ce qui est diffusé sur les écrans de France Télévisions à propos de l’Algérie a cessé d’être de l’information pour devenir un outil de désinformation, d’incitation, de déformation et de falsification délibérée des faits. Le FLN accuse le service public audiovisuel français d’être utilisé pour véhiculer des mensonges flagrants visant directement la souveraineté et les institutions algériennes, dans ce qu’il qualifie de déchéance morale et professionnelle dangereuse.
Le FLN considère que cette dérive traduit un état de panique et de confusion chez certains cercles français qui n’ont pas accepté le fait que l’Algérie soit désormais un État doté d’une décision souveraine indépendante, refusant toute tutelle ou diktat. Le parti établit un lien direct entre ces campagnes médiatiques et les choix stratégiques opérés par l’Algérie sous la direction du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, visant à instaurer des relations internationales fondées sur l’égalité et le respect mutuel.
Tenant les institutions officielles françaises pour pleinement responsables, politiquement et moralement, de ce qu’il qualifie de dérapage grave, le FLN affirme que les tentatives de chantage et de déformation médiatique ne feront que renforcer la solidité de l’Algérie et son attachement à ses choix souverains. Le parti conclut que, quelles que soient l’intensité et la virulence des campagnes médiatiques, « la caravane de l’Algérie avance », réaffirmant son soutien total à la direction politique du pays.
El-Binaa : « Une atteinte à la dignité du peuple algérien »
Le Mouvement El-Binaa El-Watani a également condamné avec vigueur la campagne médiatique française ciblant l’Algérie et ses symboles, dans un contexte de tensions que l’Algérie, souligne-t-il, cherche pourtant à apaiser dans le cadre de la souveraineté, du respect et de la réciprocité. Le mouvement affirme avoir suivi avec une vive indignation le contenu diffusé par France 2 le 22 janvier 2026, estimant que ce prétendu travail d’investigation a dégénéré en pratiques anciennes et renouvelées de déformation délibérée de l’image de l’Algérie, en violation même des règles juridiques régissant les médias français.
El-Binaa El-Watani considère que la reproduction de récits coloniaux par certaines salles de rédaction traduit un regard de tutelle persistant et une hostilité envers les orientations souveraines de l’Algérie. Il estime que cette campagne ne peut être dissociée de plans menés par des parties françaises et régionales connues pour leur animosité à l’égard de l’Algérie, cherchant à faire pression sur l’État algérien en ciblant ses institutions et en semant le doute sur ses choix stratégiques.
Le mouvement qualifie cette dérive médiatique d’atteinte directe à la dignité du peuple algérien et appelle à une position nationale unifiée dépassant les calculs partisans. Il rappelle que le respect entre nations ne se construit ni par les écrans ni par la provocation médiatique, mais par la réciprocité et la non-ingérence. El-Binaa El-Watani appelle enfin les autorités françaises à revoir cette approche médiatique qu’il juge nuisible aux relations bilatérales et affirme que l’Algérie restera inébranlable face aux campagnes médiatiques, aussi bruyantes soient-elles.
Sarah O.













































