La bande de Ghaza continue de vivre l’une des pires catastrophes humanitaires de son histoire, alors que l’agression de l’entité sioniste se poursuit malgré l’annonce d’un cessez-le-feu. Les chiffres publiés par le ministère de la Santé dressent un tableau alarmant d’une population toujours prise au piège de la violence, de la destruction et d’un blocus étouffant, tandis que l’hiver aggrave encore les souffrances des civils, en particulier des enfants. Dans son rapport statistique quotidien, le ministère de la Santé dans la bande de Ghaza a annoncé que, durant les dernières 24 heures, un martyr et six blessés ont été admis dans les hôpitaux du territoire à la suite des attaques israéliennes. Ces chiffres, bien que limités en apparence, s’inscrivent dans une réalité bien plus sombre, marquée par l’impossibilité pour les équipes de secours d’atteindre toutes les victimes. Les autorités sanitaires ont ainsi précisé qu’un nombre indéterminé de personnes se trouvent toujours sous les décombres ou gisent dans les rues, faute de moyens et de sécurité suffisants pour permettre leur évacuation. Depuis l’annonce du cessez-le-feu le 11 octobre dernier, les violations se poursuivent sur l’ensemble du territoire palestinien assiégé. Le bilan humain depuis cette date s’élève désormais à 464 martyrs, 1 275 blessés et 712 corps extraits des décombres. Ces chiffres témoignent de la fragilité de l’accalmie annoncée, qui reste largement théorique pour les habitants de Ghaza, confrontés quotidiennement aux bombardements, aux tirs et à l’insécurité permanente. Depuis le début de l’agression, le 7 octobre 2023, la situation a pris une ampleur dramatique. Le nombre total de martyrs atteint 71 548, tandis que 171 353 personnes ont été blessées. Derrière ces statistiques se cachent des familles décimées, des quartiers rasés et une société entière plongée dans le deuil et l’instabilité. Le ministère de la Santé a en outre annoncé avoir ajouté 92 martyrs aux statistiques cumulées, après finalisation de leurs dossiers et validation par la commission compétente, entre le 2 et le 16 janvier 2026, illustrant la difficulté d’actualiser les bilans dans un contexte de chaos permanent. Parallèlement à la violence militaire, une autre menace, silencieuse mais tout aussi meurtrière, frappe la population : le froid. En plein hiver, la bande de Ghaza, déjà exsangue, subit une vague de froid intense, dans un contexte de pénurie extrême de carburant, de matériel de chauffage et d’abris adaptés. Le ministère de la Santé a annoncé le décès d’une nourrisson âgée de 27 jours, Aïcha Aayech Al-Agha, morte de froid dans la ville de Khan Younès, au sud du territoire. Ce drame porte à huit le nombre d’enfants décédés à cause du froid depuis le début de l’hiver. Ce décès tragique met en lumière l’effondrement des conditions de vie dans l’enclave palestinienne. Des milliers de familles déplacées vivent dans des tentes délabrées, exposées au vent, à la pluie et aux basses températures. Les infrastructures ayant été largement détruites, l’accès à l’électricité est quasi inexistant, tandis que la pénurie de carburant empêche le fonctionnement normal des hôpitaux, des générateurs et des services essentiels. Dans ces conditions, se protéger du froid devient un luxe inaccessible pour une grande partie de la population. Les sources médicales soulignent que ce drame reflète la gravité extrême de la situation humanitaire, en particulier pour les enfants, les personnes âgées et les malades. Les nourrissons, déjà fragilisés par la malnutrition et le manque de soins, sont particulièrement exposés. Les organisations humanitaires alertent depuis des semaines sur les conséquences directes du maintien du blocus et du non-respect du protocole humanitaire, qui prive Ghaza des fournitures de base, notamment les couvertures, les vêtements chauds, les abris préfabriqués et le carburant. Sur le terrain, les attaques se poursuivent. Samedi, deux personnes ont été blessées dans de nouvelles frappes : une fillette atteinte par balle dans une école à Jabalia al-Balad, au nord de la bande de Ghaza, et un citoyen blessé par des éclats de drone près du rond-point de Bani Souheila, à l’est de Khan Younès. Des raids aériens ont également visé l’est de la ville de Ghaza, ainsi que les régions de Deir al-Balah et du camp d’al-Bureij, tandis que des tirs ont été signalés à l’est de Khan Younès et au nord de Rafah. Ces attaques répétées nourrissent un climat de peur permanent parmi les civils, déjà traumatisés par des mois de bombardements. Les écoles, les hôpitaux et les camps de déplacés, censés offrir un minimum de protection, sont eux-mêmes exposés aux frappes, renforçant le sentiment d’insécurité généralisée. Face à cette situation, les autorités sanitaires palestiniennes lancent un nouvel appel urgent à la communauté internationale. Elles réclament l’ouverture immédiate et durable des points de passage afin de permettre l’acheminement de l’aide humanitaire, notamment le carburant, les équipements médicaux, les moyens de chauffage et les abris. Elles insistent également sur la nécessité de garantir la protection des équipes de secours, afin qu’elles puissent atteindre les victimes encore coincées sous les décombres. La bande de Ghaza se trouve aujourd’hui à la croisée de plusieurs crises simultanées : militaire, humanitaire, sanitaire et sociale. Les bombardements continuent de faucher des vies, tandis que le froid, la faim et les maladies menacent les plus vulnérables. Dans ce territoire exigu, ravagé par la guerre et étouffé par le blocus, chaque jour devient une épreuve de survie. Au-delà des chiffres, c’est toute une population qui lutte pour sa dignité et son existence. Les drames humains, comme la mort de la petite Aïcha, rappellent que la guerre ne se limite pas aux armes, mais se prolonge dans les tentes glaciales, les hôpitaux débordés et les rues en ruines. Tant que l’accès à l’aide humanitaire restera entravé et que les violations se poursuivront, la tragédie de Ghaza continuera de s’écrire, jour après jour, dans la douleur et l’indifférence internationale.
M. Seghilani















































