Un Clásico ne s’achève jamais vraiment au coup de sifflet final. Il se prolonge dans les colonnes des journaux, dans les débats et parfois dans la polémique. Dimanche soir, à Riyad, le FC Barcelone a conservé sa Supercoupe d’Espagne en dominant le Real Madrid (3-2). Au-delà du score serré, la presse ibérique a surtout retenu une évidence : la supériorité collective des Blaugrana, incarnée par un Raphinha étincelant.
Le FC Barcelone a confirmé sa mainmise sur la Supercoupe d’Espagne au terme d’une finale spectaculaire face à son éternel rival. Malgré l’intensité et le suspense, les médias espagnols s’accordent sur un constat clair : le Barça a maîtrisé son sujet. Privé de Kylian Mbappé au coup d’envoi, Xabi Alonso avait opté pour un dispositif prudent en 5-2-3, avec Aurélien Tchouaméni aligné en défense centrale. Une approche défensive assumée, qui a laissé l’initiative aux Catalans dès les premières minutes. Dans son compte rendu, Mundo Deportivo n’a pas mâché ses mots. Le quotidien catalan a décrit un Real Madrid « plus mourinho-esque que jamais », contraint de subir le jeu d’un Barça dominateur, plus juste techniquement et mieux organisé. Selon le journal, la stratégie madrilène reposait sur la gestion des efforts et l’entrée tardive de Mbappé pour tenter de renverser la rencontre dans le dernier quart d’heure.
Cette approche n’a cependant pas résisté à la pression barcelonaise. Si le Real est parvenu à rester compact durant une bonne partie de la première période, il a fini par céder face au rythme imposé par les hommes de Flick. La possession, les circuits de passes et la capacité à jouer haut ont progressivement étouffé les Madrilènes. « Barcelone dictait le jeu », a résumé Mundo Deportivo, soulignant une nouvelle démonstration collective des Catalans dans les grands rendez-vous. L’entrée de Kylian Mbappé, à la 76e minute, n’a pas changé le cours de la finale. De retour seulement onze jours après une blessure au genou gauche, le capitaine des Bleus est apparu en manque de rythme. Discret malgré quelques accélérations, il a été jugé « invisible » par une partie de la presse catalane, sans pour autant être pris pour cible par les médias madrilènes.
Raphinha, symbole du Barça conquérant
Tous les regards se sont tournés vers l’homme du match : Raphinha. Auteur d’un doublé décisif, l’ailier brésilien a survolé cette finale. AS a titré sans détour : « La Supercoupe de Raphinha », tandis que Sport s’est incliné devant « le cheikh Raphinha ». Même Marca, habituellement plus mesuré lorsqu’il s’agit du Barça, a salué un joueur « âme de l’équipe », louant son pressing, son repli défensif et sa régularité statistique. Le Brésilien a terminé le tournoi avec quatre buts, une passe décisive et deux trophées de MVP. Une performance qui a poussé Mundo Deportivo à ironiser sur son absence du XI de l’année 2025 du trophée The Best, suggérant qu’« une photo devrait être envoyée à la FIFA ».
La polémique de Mbappé en arrière-plan
L’après-match a toutefois été marqué par une controverse extra-sportive. Kylian Mbappé est accusé d’avoir incité ses coéquipiers à ne pas former une haie d’honneur pour les joueurs du Barça. Des images diffusées par Movistar+ semblent montrer l’attaquant demandant à ses partenaires de quitter la zone. Selon le journaliste Alfredo Martínez, le Real Madrid affirme que la Fédération aurait demandé aux joueurs de se déplacer car ils se trouvaient dans le champ des caméras. En conférence de presse, Xabi Alonso a préféré se concentrer sur l’aspect sportif, défendant l’attitude de son équipe et expliquant l’entrée tardive de Mbappé par un choix physique et tactique.
Entre la démonstration barcelonaise et la frustration madrilène, cette Supercoupe aura rappelé une vérité immuable : dans les Clásicos, le jeu parle toujours plus fort que les polémiques.
Mohmaed Amine Toumiat















































