Accueil À LA UNE AGRESSION AMÉRICAINE CONTRE LE VÉNÉZUELA : Large et massive condamnation internationale

AGRESSION AMÉRICAINE CONTRE LE VÉNÉZUELA : Large et massive condamnation internationale

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La frappe militaire menée par les États-Unis contre le Vénézuela a provoqué, ce samedi, une vague de réactions internationales d’une ampleur rare. De Moscou à La Havane, de plusieurs capitales européennes aux mouvements politiques arabes et internationaux, l’opération américaine est largement perçue comme une violation grave du droit international, une atteinte directe à la souveraineté d’un État indépendant et un facteur majeur de déstabilisation régionale et mondiale.

La Russie condamne fermement 

La Russie a été l’une des premières puissances à condamner fermement l’attaque. Dans un communiqué au ton sans équivoque, le ministère russe des Affaires étrangères a qualifié l’opération d’« acte d’agression armée » contre le Vénézuela, la jugeant « profondément inquiétante et condamnable ». Moscou a dénoncé les justifications avancées par Washington, estimant qu’elles « n’ont aucun fondement » et que « l’hostilité idéologique a pris le pas sur le pragmatisme politique et la recherche de relations fondées sur la confiance et la transparence ». La diplomatie russe a également apporté son soutien explicite à la demande vénézuélienne de convocation urgente du Conseil de sécurité de l’ONU, réaffirmant sa solidarité avec le peuple vénézuélien et son appui au processus bolivarien visant à défendre les intérêts nationaux et la souveraineté du pays. Moscou a rappelé que l’Amérique latine devait rester une « zone de paix », comme proclamé en 2014, et que le droit du Vénézuela à l’autodétermination devait être garanti sans aucune ingérence extérieure, notamment militaire. La condamnation russe a trouvé un écho fort à Cuba. Le président Miguel Díaz-Canel a dénoncé ce qu’il a qualifié d’« attaque criminelle des États-Unis » contre le Vénézuela, appelant à une réaction immédiate de la communauté internationale. Selon lui, l’agression vise non seulement le peuple vénézuélien, mais l’ensemble de l’Amérique latine, qu’il a décrite comme une région de paix aujourd’hui victime d’une « agression brutale » et d’un « acte de terrorisme d’État ».

L’Europe s’inquiète et appelle à la désescalade

En Europe, les réactions ont été marquées par une profonde inquiétude, mêlée à des appels à la désescalade. La présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, a indiqué suivre la situation au Venezuela « avec une grande attention », soulignant être en contact permanent avec le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani. Ce dernier a confirmé que la diplomatie italienne, ainsi que la représentation de Rome à Caracas, surveillent étroitement l’évolution de la situation, avec une attention particulière portée à la communauté italienne présente dans le pays. L’Italie a par ailleurs activé son unité de gestion de crise. L’Espagne a adopté une posture diplomatique plus proactive, appelant explicitement à la désescalade et au respect du droit international. Dans un communiqué, le ministère espagnol des Affaires étrangères a exhorté les parties à la retenue et s’est déclaré prêt à offrir les bons offices de Madrid pour parvenir à une solution pacifique et négociée à la crise opposant Washington à Caracas. L’Allemagne a, de son côté, exprimé sa « vive inquiétude », annonçant la convocation prochaine d’une cellule de crise afin d’approfondir les discussions sur les conséquences de l’attaque américaine. La Belgique a également fait part de sa préoccupation. Le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a indiqué que Bruxelles coordonne ses efforts avec ses partenaires européens, précisant que l’ambassade belge à Bogota, compétente pour le Venezuela, ainsi que les services diplomatiques à Bruxelles, sont pleinement mobilisés pour suivre la situation.

Riposte politique du monde arabe et islamique

Au-delà des États, une large mobilisation politique et idéologique s’est exprimée dans le monde arabe et islamique. De nombreux mouvements, partis nationalistes, organisations de gauche et formations islamiques ont dénoncé l’agression américaine, appelant la communauté internationale à mettre un terme aux politiques de Washington fondées, selon eux, sur l’ingérence, la coercition et l’usage de la force. Le Hezbollah a condamné avec vigueur ce qu’il a qualifié d’« agression terroriste et de piraterie américaine » contre la République du Venezuela. Dans un communiqué, le mouvement a dénoncé les frappes visant la capitale Caracas, des infrastructures vitales, des installations civiles et des zones résidentielles, ainsi que l’enlèvement du président Nicolás Maduro et de son épouse. Il a estimé que ces actes constituent une violation flagrante et sans précédent de la souveraineté nationale vénézuélienne, du droit international et de la Charte des Nations unies, révélant, selon lui, le mépris de Washington pour la stabilité et la sécurité internationales. Le Parti communiste libanais a, pour sa part, considéré l’attaque comme une atteinte directe au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, tandis que le Parti syrien national social a dénoncé une agression « arrogante et systématique », s’inscrivant dans une stratégie globale mêlant sanctions économiques, pressions politiques et intervention militaire, en violation manifeste du droit international. La résistance palestinienne a également condamné l’attaque, la qualifiant de prolongement des politiques américaines injustes et impérialistes. Elle a appelé les Nations unies et le Conseil de sécurité à assumer leurs responsabilités face à ce qu’elle considère comme une menace directe pour la paix et la sécurité internationales. Le Parti Al-Karama en Égypte a, de son côté, estimé que l’agression s’inscrit dans une logique de pillage des richesses vénézuéliennes, notamment minières et pétrolières, appelant les peuples du monde à soutenir le Venezuela face à cette offensive. Le mouvement Ansar Allah a dénoncé une agression reflétant, selon lui, « le niveau de brutalité et de criminalité américaine », soulignant que les frappes, combinées au blocus et aux sanctions, témoignent d’une politique systématique visant à soumettre les États refusant de se plier aux diktats de Washington. Sur le terrain, les conséquences de l’attaque sont déjà lourdes. Les frappes aériennes américaines ont visé le cœur de la capitale vénézuélienne ainsi que plusieurs autres zones, provoquant des coupures d’électricité et d’Internet dans certains quartiers de Caracas. Face à cette situation, le gouvernement vénézuélien a décrété l’état d’urgence et activé les lignes de défense nationale sur l’ensemble du territoire, affirmant sa détermination à défendre la souveraineté du pays. Alors que Caracas réclame une réunion urgente du Conseil de sécurité de l’ONU, la crise vénézuélienne apparaît désormais comme un nouveau test majeur pour l’ordre international. Entre condamnations diplomatiques, mobilisations politiques et risques d’escalade militaire, l’attaque américaine contre le Venezuela ravive les débats sur l’usage de la force, le respect du droit international et l’avenir d’un système mondial de plus en plus fragilisé.

M. Seghilani

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