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ANTONIO GUTERRES : « Les Palestiniens ont le droit à la dignité, à la justice et à l’autodétermination »

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Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a de nouveau exhorté la communauté internationale à avancer vers une solution politique durable fondée sur la création d’un État palestinien indépendant. 

Il a insisté sur la nécessité de mettre fin à l’occupation des territoires palestiniens conformément aux lignes de 1967, rappelant que les Palestiniens « possèdent le droit à la dignité, à la justice et à l’autodétermination».

Selon lui, ces droits fondamentaux ont été constamment bafoués au cours des deux dernières années, alors que le conflit continue de dévaster Ghaza et la Cisjordanie. Guterres a appelé à un processus irréversible vers un règlement politique, estimant qu’aucune stabilité régionale ni aucune paix durable ne seront possibles sans la mise en œuvre concrète de la solution à deux États. Dans un message parallèle, Catherine Russell, directrice exécutive de l’UNICEF, a alerté sur les souffrances croissantes des enfants de Ghaza soumis à la faim, aux maladies et à des températures dangereusement basses. Elle a affirmé que « l’ensemble de ces facteurs menace directement la vie de milliers d’enfants », dans un contexte où les infrastructures sanitaires sont détruites et où l’accès à l’aide humanitaire reste entravé. La situation humanitaire s’est aggravée ces derniers jours, notamment dans les camps de déplacés. L’Instance supérieure des affaires tribales de Ghaza a évoqué « une catastrophe imminente » après l’inondation des tentes par les pluies hivernales. Selon l’organisation, des dizaines de milliers de familles — en particulier des enfants et des personnes âgées — font face à un risque réel de noyade ou d’hypothermie dans des abris transformés en mares de boue faute de matériel d’hébergement adapté. L’instance a dénoncé « une honte pour l’humanité tout entière » en l’absence d’intervention internationale significative. Malgré l’accord de cessez-le-feu annoncé le 9 octobre 2025, l’armée israélienne continue ses opérations armées à Ghaza. Dans la nuit de vendredi à samedi, le territoire a été la cible d’un bombardement intensif combinant raids aériens, tirs terrestres et frappes navales. Les zones orientales de la ville de Ghaza, Beit Lahya, le camp de Bureij, ainsi que Rafah et les localités de Qarara et Bani Suhaila à l’est de Khan Younès, ont été visées. Les quartiers de Chajaya, Tuffah et Zaytoun ont également subi des salves de missiles, de tirs d’artillerie et de mitraillage. Les vedettes militaires israéliennes ont parallèlement bombardé la côte de Ghaza, rendant impossibles les opérations de secours dans plusieurs secteurs. Les autorités palestiniennes rappellent que ces attaques violent de façon répétée l’accord de cessez-le-feu. Depuis le début du conflit, le 7 octobre 2023, la situation humanitaire ne cesse de s’alourdir. Le ministère de la Santé palestinien à Ghaza rapporte désormais une accumulation tragique : 70 100 morts et 170 983 blessés. Depuis le début de la trêve du 10 octobre 2025, 354 Palestiniens ont été tués et 906 blessés, tandis que 606 corps ont été extraits des décombres. Dans son dernier bilan, le ministère indique également l’ajout de 299 nouveaux noms à la liste officielle des martyrs, après vérification administrative entre le 21 et le 28 novembre 2025. La crise humanitaire se double d’un blocage politique au niveau international. La commissaire européenne à l’Égalité et à la Gestion des crises, Hadja Lahbib, a révélé que les autorités israéliennes lui avaient interdit d’entrer à Ghaza lors de sa récente visite en Égypte. Elle a dénoncé la persistance des violations israéliennes malgré la trêve, rappelant que 347 Palestiniens dont 67 enfants avaient été tués depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu. Lahbib a souligné que près de 600 travailleurs humanitaires ont perdu la vie en tentant de porter secours à la population, décrivant Ghaza comme « l’un des endroits les plus dangereux au monde ». Cette entrave à l’accès humanitaire accentue l’urgence d’une réponse internationale capable de protéger les civils et de permettre la distribution de l’aide. Sur le terrain, les bombardements de la nuit de vendredi à samedi confirment la poursuite des opérations militaires israéliennes, au mépris des efforts diplomatiques en cours. Les habitants de Ghaza, particulièrement les déplacés, se retrouvent pris entre le marteau des frappes et l’enclume d’une crise humanitaire sans précédent, marquée par la faim, les épidémies, le froid et l’effondrement complet des infrastructures. Dans ce paysage dévasté, les nouvelles déclarations de Guterres apparaissent comme un rappel insistant que la fin du conflit ne peut se limiter à un cessez-le-feu précaire. La question palestinienne demeure, plus que jamais, un enjeu de droit, de justice et de dignité humaine. Toute perspective de stabilité passe inexorablement par une solution politique concrète, capable de mettre un terme à des décennies d’occupation et de garantir la sécurité et les droits du peuple palestinien tout autant que ceux des autres peuples de la région. À mesure que la catastrophe humanitaire s’étend, la vérité la plus simple reste la plus difficile à ignorer : sans levée du blocus, sans accès humanitaire massif et sans engagement politique réel, Ghaza continuera de s’enfoncer dans une tragédie que nul ne pourra prétendre ne pas avoir vue venir. Cette séquence dramatique impose à la communauté internationale d’agir, non seulement pour sauver des vies aujourd’hui, mais pour empêcher que ce cycle de violence et d’impunité ne se répète indéfiniment.

M. Seghilani

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