Human Rights Watch (HRW) a appelé le gouvernement américain à mettre un terme aux arrestations et expulsions arbitraires d’étudiants et d’universitaires internationaux soutenant la cause palestinienne.
L’ONG a exprimé ses préoccupations concernant les répercussions de la répression croissante contre l’activisme pro-palestinien sur les campus universitaires américains, soulignant que les autorités américaines utilisent ces mesures comme un moyen de punir ceux qui expriment leur soutien à la Palestine. Dans un communiqué publié jeudi, HRW a dénoncé la répression, précisant que les étudiants étrangers sont souvent ciblés en raison de leurs opinions politiques et de leur activisme. Cette vague d’arrestations et d’expulsions s’inscrit dans un contexte de répression plus large visant les universitaires non-citoyens. L’administration américaine a également révélé avoir révoqué des centaines de visas étudiants, accentuant ainsi le climat de peur et d’intimidation qui pèse sur les étudiants et universitaires engagés dans des activités pro-palestiniennes. John Raphling, directeur adjoint du programme États-Unis à HRW, a souligné que ces arrestations créent un environnement hostile dans les universités du pays, où les étudiants craignent désormais de s’exprimer librement. Depuis le début de la guerre contre Ghaza en octobre 2023, qui a coûté la vie à plus de 50 000 Palestiniens, les manifestations de soutien à la Palestine se sont multipliées sur les campus américains, provoquant une intensification de la répression. Cette situation s’est aggravée avec la promulgation, par l’administration de Donald Trump, d’un décret exécutif visant à lutter contre l’antisémitisme, qui permet désormais de poursuivre et d’expulser les étudiants impliqués dans des manifestations pro-palestiniennes. Des sources universitaires ont rapporté que cette politique de répression se distingue par des méthodes de plus en plus opaques. Plusieurs universités, telles que l’Université du Minnesota, ont révélé que des visas d’étudiants ont été annulés pour des raisons floues. Edward Inch, président de l’Université d’État du Minnesota, a indiqué que les autorités fédérales ont employé de nouvelles tactiques, telles que la suppression discrète des dossiers des étudiants étrangers, sans passer par les universités comme cela se faisait auparavant. De plus, le cas de Mahmoud Khalil, un activiste palestinien arrêté en mars 2025, a attiré l’attention sur l’utilisation de ces mesures répressives pour étouffer toute forme de solidarité envers la Palestine. Khalil, qui avait mené des manifestations de soutien à Ghaza à l’Université de Columbia, a été arrêté après la signature par Trump d’un décret renforçant les mesures contre l’antisémitisme. Des incidents similaires ont également touché d’autres étudiants, dont la doctorante turque Rimesa Öztürk, interpellée à l’Université de Tufts. La répression s’est également étendue à l’université de Pennsylvanie, où les protestations en faveur des droits palestiniens ont attiré l’attention d’organisations comme « Canary Mission », qui publie des listes de militants pro-palestiniens, les assimilant à des antisémites. Selon des documents, cette organisation a reçu des fonds d’une famille influente au sein du conseil d’administration de l’université, ce qui soulève des interrogations sur l’impact de ces financements sur la liberté académique et la protection des droits des étudiants. Cette campagne de répression touche non seulement les étudiants, mais aussi les membres du corps enseignant et les chercheurs, dont certains ont été désignés comme antisémites simplement pour avoir soutenu des causes palestiniennes.
Le gouvernement américain « doit mettre fin à ses arrestations « arbitraires » »
La pression s’intensifie sur les étudiants et universitaires pro-palestiniens aux États-Unis, alors que les institutions académiques cèdent aux pressions politiques et financières du gouvernement américain. Dernier exemple en date, le renvoi d’une chercheuse iranienne de la prestigieuse Université Yale, un acte que beaucoup considèrent comme une tentative manifeste de faire taire la dissidence. L’Université Yale a décidé de se séparer de Heleh Dottagi, chercheuse iranienne et critique affichée de la politique israélienne, en raison de son prétendu manque de coopération dans une enquête universitaire. Cette enquête portait sur des allégations de liens entre elle et une organisation qualifiée de « fausse organisation caritative » par Washington, qui serait associée au Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), classé comme organisation terroriste par les États-Unis et le Canada. Dottagi, qui occupait le poste de chercheuse associée et de directrice adjointe d’un projet de droit et d’économie politique, réfute toute accusation de non-coopération. Selon elle, son renvoi est directement lié à ses critiques ouvertes contre l’agression israélienne à Ghaza, dans un contexte où les universités américaines subissent des pressions accrues de l’administration du président Donald Trump pour réprimer toute forme d’opposition à la politique israélienne. L’affaire repose en partie sur une publication datant de 2022, identifiant supposément Dottagi comme membre du réseau « Samidoun », une organisation de solidarité avec les prisonniers palestiniens. Cependant, cette classification n’a été effective qu’à partir d’octobre 2023, et la chercheuse dément toute affiliation avec cette structure. « L’université n’a présenté aucune preuve tangible de mon implication », affirme-t-elle. Yale justifie pourtant son licenciement en déclarant que Dottagi a refusé de se présenter en personne pour répondre aux interrogations de l’enquête. Pour ses défenseurs, cette affaire illustre un climat de plus en plus répressif à l’égard des voix critiques de la politique américaine et israélienne. Le cas de Heleh Dottagi s’inscrit dans une tendance plus large de restriction de la liberté d’expression au sein des universités américaines. De nombreux étudiants et chercheurs pro-palestiniens font face à des sanctions académiques et professionnelles, souvent sur la base d’accusations floues ou non prouvées. Cette répression survient alors que les manifestations étudiantes en faveur de la Palestine se multiplient à travers le pays, entraînant des arrestations et des menaces de suspension pour les participants. Les organisations de défense des droits humains tirent la sonnette d’alarme sur ces « arrestations arbitraires », qualifiant ces mesures de violations graves de la liberté d’expression et des droits académiques. Face à cette situation, des appels se multiplient pour que le gouvernement américain cesse d’exercer des pressions sur les universités et mette un terme à la criminalisation des voix critiques de la politique israélienne.
M. Seghilani