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Niger : La CEDEAO veut engager des pourparlers

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Plus d’un mois après le changement de pouvoir au Niger, avec l’éviction de l’ancien président et la mise en place du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), dirigé par le général Abdurahamane Tchiani, chef de la Garde présidentielle, la voix de la raison semble avoir dissuadé la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) d’emprunter la voie qui mène au désastre qu’aurait produit son intervention militaire. Les spécialistes africains affirment que sans la France, la CEDEAO ne peut pas se lancer seule dans l’aventure d’une guerre au Niger. Pour le moment, les dirigeants de la CEDEAO, partisans d’une agression contre le Niger, hésitent à prendre la décision politique d’intervenir, qui permettrait à la France d’intervenir, elle aussi, militairement. Tout en se prononçant, précise-t-il, pour « l’action diplomatique », le président Emmanuel Macron attend que la CEDEAO décide de l’action militaire pour la soutenir. Mais, pour l’heure, la CEDEAO cherche à éviter l’intervention militaire dans ce pays, a fait savoir le porte-parole et commissaire chargé des Affaires politiques, de la paix et de la sécurité au sein de l’organisation, Abdel Fattah Moussa, cité par Sputnik. Il a annoncé que la CEDEAO veut négocier avec les nouvelles autorités du Niger qu’elle a invitées à mener des pourparlers en terrain neutre. Le 18 août, rappelle Sputnik, Abdel Fattah Moussa a révélé à l’issue d’une réunion des chefs d’état-major des forces armées de la CEDEAO, que la date exacte de l’intervention militaire au Niger avait été déterminée mais pas encore officiellement annoncée. Entre temps, l’approche de l’Algérie en faveur d’une solution pacifique au Niger a été soutenue lors des différentes escales effectuées au Nigeria, au Bénin et au Ghana par le ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, Ahmed Attaf, afin de restaurer l’ordre constitutionnel dans ce pays en crise et préserver sa sécurité et sa stabilité ainsi que celles de la région. L’option militaire a reculé grâce à l’action de l’Algérie. Au Niger, la population manifeste tous les jours à Niamey contre l’intervention militaire extérieure, comme l’ont montré les images diffusées par la télévision algérienne. Pour sa part, la ministre française des Affaires étrangères, Catherine Colonna, a qualifié les événements du Niger de « déni de démocratie », soulignant que Paris continuera à soutenir « le système constitutionnel, même si d’autres hésitent ». On sait qu’au Niger et ailleurs dans les ex-colonies françaises ainsi que dans d’autres pays africains, la notion de «démocratie à l’occidentale» qui a permis de promouvoir, chez eux, les agents du néo-colonialisme dans les principaux rouages de l’État et même au plus haut sommet, est remise en cause par les militants du panafricanisme. C’est le discours que tiennent les militants au Niger, au Burkina Faso et au Mali, pour ne s’en tenir qu’au plus visible médiatiquement. Sur le terrain, d’après Xinhua French, agence chinoise d’information, qui cite un communiqué du ministère de la Défense nationale samedi, plusieurs dizaines de terroristes s’apprêtant à attaquer les localités de Banibangou et Abala, dans l’ouest du Niger (zone dite des « trois frontières », Niger-Mali-Burkina Faso) ont été récemment neutralisés par les Forces de défense et de sécurité (FDS) dans cette zone. « C’est ainsi que la prompte et vigoureuse intervention des forces aériennes et terrestres à travers des frappes simultanées sur différentes positions a permis de mettre l’ennemi en déroute », précise le communiqué, annonçant qu’il n’y a aucune perte côté militaire. Côté terroriste, « plus de deux cents motos et cinq véhicules détruits, plusieurs terroristes neutralisés dont des chefs importants », selon la même source. Par ailleurs, le président du CNSP, Abdourahamane Tchiani, a signé dimanche plusieurs décrets mettant fin aux fonctions des directeurs généraux, des présidents et de membres d’autorités de régulation ainsi que d’offices publics, a appris lundi Xinhua French de source officielle.
M’hamed Rebah

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