La Coupe d’Algérie rappelle souvent que son prestige se nourrit autant de confirmations que de désillusions. Dans une compétition où l’histoire a plusieurs fois déjoué la logique sportive, ce jeudi a encore offert une soirée contrastée : des cadors solides, un tenant du titre bousculé, et surtout un co-dauphin de Ligue 1 renvoyé prématurément à la maison. Le charme de la « Dame Coupe » n’a visiblement rien perdu de son éclat.
L’élimination inattendue de l’Olympique Akbou, battu 2-0 sur la pelouse de l’AS Khroub, a constitué la principale surprise des 1/32es de finale de la Coupe d’Algérie 2025-2026. Pour leur première apparition dans l’épreuve, les Akbouciens, solides en championnat, n’ont jamais trouvé le rythme face à une équipe khroubie appliquée et déterminée. Benbaâyoud (35e) puis Hamdaoui (83e) ont scellé la qualification d’un club de Ligue 2 qui poursuit son aventure avec ambition. De leur côté, les favoris ont globalement rempli leur mission. Le tenant du trophée, l’USM Alger, a souffert plus que prévu sur la pelouse du NC Magra.
Les Rouge et Noir ont dû attendre la séance des tirs au but pour préserver leurs chances (0-0, 5-4 aux TAB). Si l’essentiel est assuré, la prestation usmiste, brouillonne et irrégulière, rappelle qu’aucun statut n’impose la facilité dans cette compétition à élimination directe. Les Algérois accueilleront en 1/16es le vainqueur de MO Constantine – CRB Kaïs.
La JSK déroule, le MCA gère
La soirée a donné lieu à un festival offensif du côté de Tizi-Ouzou, où la JS Kabylie a livré l’une de ses prestations les plus abouties de ces derniers mois. Le succès écrasant 7-0 face au MB Hassi Messaoud n’est pas seulement une qualification, mais un message envoyé au reste du plateau. Les Canaris ont marqué très tôt, imposant un rythme que leur adversaire, largement dépassé techniquement et physiquement, n’a jamais pu suivre. Au-delà de l’aspect offensif, la JSK a également montré une organisation collective rassurante, avec un pressing cohérent, des transitions rapides et une efficacité rare dans les derniers mètres. La première période, conclue sur un 5-0 sans appel, témoigne d’une équipe qui a retrouvé une fraîcheur mentale et sportive. L’autre fait marquant de la rencontre reste le retour du gardien Gaya Merbah, absent depuis plus d’un an en raison d’une lourde blessure au tibia. Sa présence sur le terrain, même peu sollicitée, a été saluée comme un symbole : celui d’un groupe qui récupère l’un de ses cadres au meilleur moment de la saison. La perspective d’un derby potentiel contre le MO Béjaïa, si ce dernier se qualifie, ajoute une dimension émotionnelle et sportive supplémentaire à la suite du parcours kabyle. À Douera, le MC Alger a opté pour un tout autre registre, celui de la maîtrise prudente. Face à un MC El-Bayadh accrocheur malgré sa position de lanterne rouge en Ligue 1, le « Doyen » a assuré l’essentiel en s’imposant 1-0 grâce à Benhaoua, auteur d’un but précoce à la 11e minute. La prestation mouloudéenne s’est appuyée sur une solide assise défensive et une gestion intelligente des temps forts, même si le manque de réalisme a failli leur coûter cher. Le penalty manqué par Ferhat à l’heure de jeu est venu rappeler qu’aucune équipe n’est à l’abri d’une égalisation tardive dans ce format à élimination directe. Mais la discipline du bloc, ajoutée aux corrections tactiques de Rhulani Mokwena, a permis au MCA de conserver son avantage. Pour un club habitué aux joutes de la Coupe et désireux de renouer avec un trophée devenu rare, l’essentiel n’était pas tant dans la manière que dans le résultat. Le prochain tour, contre le vainqueur d’USM Khenchela – MB Rouissat, exigera toutefois davantage de constance et d’impact offensif.
La logique respectée
Le Paradou AC a confirmé son regain de forme en signant un cinquième succès consécutif toutes compétitions confondues. La victoire nette (3-0) face au CRB Adrar reflète la maîtrise collective retrouvée par les hommes de Sofiane Hidoussi. Le PAC affrontera au prochain tour l’US Faubourg, qualifiée après un match spectaculaire en prolongation (4-2). La deuxième qualification à l’extérieur du jour est revenue au RC Arbaâ, solide vainqueur 1-0 chez le MC Sidi Ali Boussidi. Les Arbéens, habitués aux joutes piégeuses de la Coupe, ont su imposer leur expérience contre une formation accrocheuse de Régionale 1. L’essentiel est là : une qualification sans frayeur et la perspective de mieux figurer dans un tableau qui commence à s’ouvrir. Dans les autres rencontres, la logique sportive a prévalu : le MC Saïda a dominé le NRB Teleghma (3-0), l’ESF Bir El-Ater s’est imposée 2-0 contre le DRB Kadiria, tandis que le WA Boufarik n’a laissé aucune chance à l’US Naâma (3-0). Ces résultats reflètent une tendance récurrente de ce jeudi : les clubs hôtes, bien soutenus et mieux adaptés à leurs terrains, ont su faire respecter leur statut. Cette première salve de rencontres rappelle que la Coupe d’Algérie reste une épreuve singulière, souvent imprévisible. Si les mastodontes que sont l’USMA, la JSK ou le MCA ont répondu présents, l’élimination d’Akbou redonne vie au vieux mythe des « petits » capables d’abattre plus grands qu’eux. Un scénario que les amoureux de l’épreuve populaire connaissent bien et qui nourrit chaque saison le romantisme de cette compétition.
Le premier enseignement est clair : dans cette Coupe où rien n’est jamais acquis, les favoris ont intérêt à rester vigilants, car les surprises ne font peut-être que commencer.
Mohamed Amine Toumiat













































