algerienp2

UN VOL PARTI SECRÈTEMENT HIER VERS LONDRES POUR RAMENER DES ALGÉRIENS BLOQUÉS AU ROYAUME-UNI : Rapatriement… clandestin !

Les « heureux concernés », inscrits depuis belle lurette sur une liste d’attente quelconque, ont été prévenus de ce vol à 22 heures, durant la nuit de mardi à mercredi, alors qu’ils se trouvaient à Nottingham, sise à trois heures de route de Londres, et qu’ils y étaient attendus le matin-même.

Un avion de la compagnie Air Algérie a décollé, ce mercredi 27 mai, à destination de Londres pour rapatrier les Algériens bloqués dans ce pays, indique sommairement le site « visa-algerie.com ». Il ajoute que « le vol AH2054 est opéré par un Airbus A330 », et qu’ « il s’agit de la première opération de rapatriement depuis la mi-avril ». Simple comme bonjour. Oui. Mais, pas aux yeux de ceux qui ont programmé ce vol, sans doute classé « ultraconfidentiel » pour on ne sait quelle raison. Certains responsables, en matière de « communication institutionnelle », ont pas mal de chemin à faire avant d’en arriver à des normes relativement acceptables. D’aucuns en sont carrément à l’âge de pierre. Sinon, comment expliquer la manière dont est gérée ce volet précis en ce qui concerne le rapatriement des Algériens bloqués à l’étranger à cause de l’épidémie de coronavirus ? En effet, ce n’est qu’à 22 heures, durant la nuit de mardi à mercredi, que des citoyens concernés par cette procédure ont été prévenus. Confinés à Nottingham, sise à trois heures de route de Londres, ils avaient pour mission impossible de s’y rendre le lendemain-matin sans la moindre préparation, un minimum de temps pour préparer ses affaires et trouver un moyen de transport qui ne soit pas trop coûteux. La veille, mardi, nous avions pris langue avec le Premier ministère, ceux de l’Intérieur et de la Communication, mais aussi Air Algérie, sans avoir réussi à obtenir la moindre info concernant ce vol. À croire qu’il s’était plutôt agi d’exfiltrer de redoutables agents secrets au lieu de simples citoyens, dont le « grand tort » aura été de s’être trouvés au mauvais moment et au mauvais endroit. Une pareille attitude de la part de ceux qui gèrent ce dossier, rendu « sensible » pour on ne sait quelle raison alors qu’il ne l’est pas du tout, s’avère carrément contre-productive. Si ceux qui cultivent le secret de cette manière quasi-maladive pensaient éviter les rushs et les « tbahdilate» qui vont avec. Bah ! ils ont eu tout faux. À simple titre d’exemple, les quelques dizaines de personnes prévenues de ce vol inespéré, et face à l’absence totale d’informations, se sont empressées d’en prévenir des centaines d’autres. Car à l’étranger, cela est connu, les Algériens se serrent grandement les coudes entre eux. C’est ce maladif et malsain secret, donc, qui a toutes les chances de déclencher d’indescriptibles cohues alors que si l’Algérie avait agi comme l’ont fait beaucoup d’autres pays avant elle, dans une totale transparence, en rendant public le programme de ses vols, et même en programmant les dates de retour de tous les concernés, les choses se seraient déroulées comme sur des roulettes. Au lieu de quoi, on s’évertue à agir dans la clandestinité, ajoutant à l’angoisse des concernés et de leurs proches, mettant même au niveau des ambassades des répondeurs qui… ne répondent jamais.
Mohamed Abdoun