Le président tchadien, Mahamat Idriss Déby Itno, a appelé vendredi le Haut-Commissaire des Nations unies pour les Réfugiés (HCR), Barham Ahmed Salih, à opérer un changement de paradigme dans l’aide aux réfugiés face à l’afflux croissant, selon des sources officielles.
Il s’exprimait lors d’un entretien avec le Haut-Commissaire du HCR, Barham Ahmed Salih, en visite au Tchad pour la première fois depuis son élection à ce poste le 18 décembre 2025. Le Tchad accueille environ 1,3 million de réfugiés, soit près d’une personne sur treize sur son territoire, et fait face à une situation humanitaire complexe, a indiqué M. Déby Itno. Il a évoqué l’écart entre les besoins et les financements disponibles, estimant que cette situation pose des défis financiers et sécuritaires pour l’Etat ainsi que pour les populations locales. M. Déby Itno a indiqué que l’assistance ne devait pas se limiter à l’aide d’urgence, mais inclure un appui aux infrastructures publiques. Il a également souligné la relocalisation de certains camps situés près des frontières pour des raisons de sécurité, appelant le HCR à poursuivre sa coopération avec les autorités tchadiennes sur ces questions. M. Salih a salué des efforts fournis par le gouvernement tchadien et les communautés hôtes dans l’accueil des réfugiés soudanais, centrafricains, nigérians, camerounais et d’autres nationalités. Il a visité des camps de réfugiés soudanais dans l’est du pays avant l’entretien. Le Soudan demeure en proie à un conflit entre l’armée régulière soudanaise et ses Forces de soutien rapide depuis avril 2023, qui a entraîné le déplacement de millions de personnes, dont une partie s’est réfugiée au Tchad.
Plus de 900 000 réfugiés soudanais depuis avril 2023
Le Tchad accueille plus de 900.000 réfugiés soudanais fuyant la violence et les conflits et ont trouvé refuge au Tchad depuis avril 2023, selon les chiffres officiels communiqués par le bureau du HCR au Tchad. L’agence onusienne a indiqué, il y a quelques jours, qu’une personne sur trois dans l’est du pays est réfugiée, précisant que beaucoup de personnes arrivent avec presque rien, épuisées, traumatisées, mais portées par l’espoir. « Mille jours de guerre, de violence, de peur et de familles contraintes de fuir pour sauver leur vie », a-t-elle dit. Selon l’antenne du HCR au Tchad, dès les premiers jours de la crise, les Tchadiens ont ouvert leurs portes, partagé leur nourriture et offert un abri, souvent bien avant l’arrivée de l’aide humanitaire. Malgré des ressources limitées et des défis quotidiens, ils ont fait preuve d’une solidarité et d’une humanité exceptionnelles. Le gouvernement tchadien a également fait montre d’un engagement majeur en maintenant l’accès à l’asile et en protégeant les réfugiés. Afin de maintenir cet élan de solidarité, un soutien international accru et durable est indispensable pour répondre aux besoins urgents, protéger les réfugiés et soutenir les communautés qui les accueillent, a estimé le HCR.
R. I.















































