La Direction générale de la Défense civile dans la bande de Ghaza a appelé les habitants à prendre des mesures de sécurité face à une masse d’air chargée de poussière qui frappe l’atmosphère palestinienne.
Une tempête de sable accompagnée de vents actifs aggrave la situation déjà précaire des centaines de milliers de déplacés vivant dans des tentes dépourvues des protections les plus élémentaires. La Défense civile a exhorté les citoyens à éviter de sortir de leurs habitations, centres d’hébergement ou tentes, sauf en cas de nécessité absolue, notamment pour les personnes souffrant de maladies respiratoires, en raison de la forte concentration de poussière dans l’air. Les autorités ont recommandé de porter des masques en tissu ou de couvrir le nez avec un tissu humide lors des déplacements, d’éviter l’exposition des yeux à la poussière et de boire davantage d’eau et de liquides après la rupture du jeûne et durant la nuit pour atténuer les effets de ces conditions météorologiques. Les services de secours ont également insisté sur la nécessité de renforcer solidement les tentes et les abris de fortune afin d’éviter qu’ils ne soient emportés par les vents, en particulier pour les déplacés installés près du littoral et dans les zones côtières. Une violente tempête de sable a balayé hier la bande de Ghaza, provoquant des rafales de vent et une atmosphère saturée de poussière qui ont directement affecté les campements de déplacés. Cette situation accentue les risques sanitaires et humanitaires, notamment pour les personnes atteintes de maladies chroniques ou respiratoires. Selon les prévisions météorologiques, le temps devrait rester poussiéreux et partiellement nuageux au cours de la journée, avec des températures relativement stables et un risque de pluies dans certaines zones. Les vents devraient souffler du nord-est au sud-est à des vitesses modérées à soutenues, tandis que la mer restera peu agitée. En soirée et durant la nuit, un système dépressionnaire accompagné d’une masse d’air froid pourrait entraîner une baisse des températures et des averses éparses, parfois accompagnées d’orages.
Ces conditions climatiques surviennent alors que des centaines de milliers de déplacés vivent dans des tentes endommagées qui ne les protègent ni du froid hivernal ni de la chaleur estivale. Depuis décembre dernier, plusieurs dépressions ont déjà provoqué l’inondation ou la destruction de dizaines de milliers d’abris, ainsi que l’effondrement de bâtiments fragilisés par les bombardements antérieurs, causant des victimes.
Sept morts et treize blessés en 48 heures
Parallèlement, les violences se poursuivent malgré le cessez-le-feu. Deux Palestiniens ont été tués et deux autres blessés à l’aube samedi lors d’une frappe menée par un drone israélien contre un poste de police à l’ouest de Khan Younès. Les victimes ont été identifiées comme Ahmad Mohammed Al-Maghribi (35 ans) et Musab Ghazi Al-Raqab (43 ans). La veille au soir, trois autres personnes, dont deux adolescents âgés de 17 ans, ont été tuées lors d’un bombardement visant un rassemblement de civils dans le quartier de Choujaïya, à l’est de la ville de Ghaza. Selon des sources palestiniennes, l’armée sioniste mène quotidiennement des frappes aériennes et des tirs d’artillerie dans l’enclave, ce qui constitue, selon ces sources, une violation continue du cessez-le-feu entré en vigueur le 11 octobre 2025. Ces violations auraient fait plus de 653 morts et 1 741 blessés. Le ministère palestinien de la Santé a annoncé que le bilan total de l’offensive israélienne sur Gaza depuis le 7 octobre 2023 s’élève désormais à 72 234 morts et 171 852 blessés. Les hôpitaux de l’enclave ont enregistré, au cours des 48 dernières heures, sept morts et treize blessés supplémentaires. Plusieurs victimes restent encore sous les décombres ou dans les rues, les équipes de secours peinant à y accéder en raison des conditions de sécurité difficiles.
10 % seulement des aides humanitaires autorisées
Dans le même temps, les autorités locales dénoncent une baisse drastique des aides humanitaires entrant dans l’enclave. Selon le directeur du bureau médiatique gouvernemental à Ghaza, Ismaïl Al-Thawabta, seuls 640 camions d’aide sur les 6 000 prévus ont été autorisés à entrer récemment, soit à peine 10 % des besoins réels. Au total, 36 720 camions seulement ont pénétré dans le territoire sur les 88 800 attendus, ce qui représente un taux d’acheminement d’environ 41 %.
La situation est encore plus critique pour l’énergie : 1 081 camions de carburant seulement sont entrés dans la bande de Ghaza sur les 7 400 prévus, soit environ 14 % des besoins. L’entrée du gaz de cuisson reste par ailleurs totalement bloquée, provoquant une crise dans les foyers et les services publics. Cette réduction des approvisionnements a fortement perturbé les marchés locaux, entraînant une hausse des prix des produits alimentaires et une pénurie de marchandises. Le manque de carburant affecte également des secteurs essentiels comme l’eau, l’assainissement et la gestion des déchets, tandis que les hôpitaux continuent de dépendre principalement de générateurs électriques.
Les autorités locales mettent en garde contre un risque sérieux pour la sécurité alimentaire de plus de 1,5 million de personnes dans ce territoire où vivent environ 2,4 millions d’habitants, déjà confrontés à une crise humanitaire majeure aggravée par la destruction d’environ 90 % des infrastructures civiles.
Dans ce contexte, les opérations de recherche et de récupération des victimes se poursuivent dans différentes zones de l’enclave, alors que les équipes médicales et de la défense civile travaillent sous une pression extrême et avec des moyens limités.
M. Seghilani









































