Le plus grand fonds souverain au monde, le Fonds de richesse nationale de Norvège, a annoncé lundi la liquidation de ses participations dans 11 entreprises israéliennes, dans un contexte de guerre à Ghaza et d’occupation en Cisjordanie occupée.
Le président du fonds a confirmé l’abandon de l’investissement dans la société israélienne Beït Shemesh Engines Holdings Ltd, précisant que d’autres retraits concerneront prochainement des sociétés ayant des activités en Israël. Il a également affirmé que la réduction de l’exposition aux entreprises israéliennes se poursuivrait dans les semaines à venir. Le fonds, bras financier de la Banque centrale de Norvège, avait déjà annoncé la fin de tous ses contrats avec les sociétés de gestion d’actifs opérant sur des investissements liés à Israël. Jusqu’au 30 juin 2025, il détenait des parts dans 61 entreprises israéliennes, mais a précisé avoir cédé ses participations dans 11 d’entre elles « au cours des derniers jours ». Cette décision intervient après une révision urgente engagée la semaine dernière, suite à des révélations médiatiques selon lesquelles le fonds avait acquis une part dans une entreprise israélienne spécialisée dans la fabrication de moteurs d’avions, qui fournit également des services à l’armée israélienne, notamment la maintenance d’avions de combat. Le ministre norvégien des Finances, Jens Stoltenberg, a rappelé que le fonds ne devait pas investir dans des entreprises contribuant à l’occupation de la Cisjordanie et à la guerre menée contre Ghaza, soulignant l’importance de respecter les principes éthiques qui guident sa politique d’investissement. Bien que le Parlement norvégien ait rejeté en juin dernier une proposition de retrait complet de toutes les sociétés actives dans les territoires palestiniens occupés, le ministre a laissé entendre que de nouvelles mesures pourraient suivre.
« Nous avons maintenant vendu ces parts entièrement », a déclaré le fonds, ajoutant qu’une évaluation était toujours en cours concernant d’autres entreprises israéliennes pour de possibles désengagements. Avec près de 2 000 milliards de dollars d’actifs, le Fonds souverain norvégien est l’un des investisseurs institutionnels les plus influents au monde.
Son choix d’exclure certaines sociétés israéliennes, en lien avec le conflit et l’occupation, envoie un signal fort aux marchés internationaux sur les risques réputationnels et éthiques liés à de tels investissements.
M. Seghilani