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SAHARA OCCIDENTAL : Droits bafoués et ressources pillées

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Le silence de la communauté internationale face à la situation au Sahara occidental ne peut être considéré comme de la neutralité.
C’est l’avis de l’écrivain et militant espagnol Carlos C. García, qui estime que ce silence contribue à renforcer la logique de la force et à légitimer l’injustice. Selon lui, défendre le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination n’est pas une question symbolique ou lointaine, mais un combat pour le respect du principe de l’État de droit face à la loi du plus fort. Dans un article publié sur la plateforme “N’oubliez pas le Sahara occidental”, García souligne que la question du Sahara occidental « ne représente pas un conflit enraciné dans le passé ni une situation exceptionnelle héritée du colonialisme, mais reflète un modèle contemporain des relations internationales basées sur la force et l’imposition du fait accompli ». Pour lui, ce qui se passe dans la région constitue « une manifestation moderne du colonialisme, où se testent des politiques de domination, de pillage des ressources et de déni systématique de la légitimité internationale ». García rappelle que l’occupation marocaine du Sahara Occidental depuis près de cinquante ans constitue « une violation flagrante du droit international », une réalité confirmée à plusieurs reprises par l’ONU, la Cour internationale de Justice et la Cour de justice de l’Union européenne. Il déplore que cette situation illégale n’ait pas été sanctionnée, mais au contraire « normalisée et justifiée politiquement », aboutissant à ce qu’il décrit comme une véritable « récompense politique ». Le militant met en lumière les méthodes de l’occupation : répression, modification de la structure démographique et exploitation des ressources naturelles sahraouies, dont le phosphate, la richesse halieutique, les énergies renouvelables, les hydrocarbures et d’autres ressources rares. Selon lui, « le Sahara occidental est devenu un acteur stratégique dans la lutte mondiale pour les ressources, ce qui explique l’impunité dont bénéficie l’occupation marocaine ».
Carlos García critique également le plan dit d’«autonomie» proposé par l’occupation marocaine, le qualifiant de manœuvre visant à donner un caractère administratif à l’occupation en niant le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et en transformant une situation illégale en un fait permanent.
Il souligne par ailleurs la responsabilité historique et juridique de l’Espagne, ancienne puissance coloniale et autorité administrative légale. Selon García, le changement de position de Madrid sur le Sahara occidental constitue « un recul politique décidé sans débat démocratique, en contradiction avec ses engagements internationaux ». Il avertit que cette évolution risque de « consacrer l’occupation indéfiniment » et d’affaiblir la position juridique et politique de l’Espagne, tout en ouvrant la voie à des logiques expansionnistes pouvant toucher d’autres régions. Dans le même temps, l’occupation marocaine poursuit sa répression systématique des militants et défenseurs des droits humains dans les territoires occupés, en violation flagrante du droit international et des conventions sur les droits humains. Mardi dernier, les autorités de l’occupation marocaine ont imposé un strict siège sécuritaire sur les domiciles de deux activistes sahraouis : Hassna Baba Ahmed Adouihi, membre de l’Association pour la protection des prisonniers sahraouis dans les prisons marocaines, et Mina Baali, membre du bureau exécutif de l’Instance sahraouie contre l’occupation marocaine (ISACOM) à Laâyoune occupée.
Ces mesures visaient à empêcher la tenue d’un rassemblement commémoratif réunissant des militants sahraouis. Hassna Adouihi a précisé que le siège comprenait un déploiement massif de véhicules de la police de l’occupation marocaine, de forces auxiliaires, ainsi que d’agents de sécurité et de renseignements, encerclant complètement son domicile. Cette intervention s’inscrit dans le cadre de restrictions continues imposées par l’occupation marocaine sur le droit de réunion pacifique et la liberté d’expression, garantis par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
Ces pratiques violent également les obligations de l’occupant selon le droit international humanitaire, notamment la Quatrième Convention de Genève, qui exige le respect des droits politiques des populations civiles dans les territoires occupés. Mardi encore, six étudiants sahraouis ont été arrêtés par les forces de l’occupation marocaine pour avoir participé à une grève concomitante avec un sit-in pacifique sur le campus de l’université occupée d’Assa-Mara. Les sources sahraouies précisent que la police a encerclé les étudiants protestataires et que la situation reste tendue, avec un risque d’escalade. L’écrivain espagnol conclut que l’impunité de l’occupation marocaine et le silence international renforcent la domination sur le Sahara occidental, mettant en péril les droits fondamentaux du peuple sahraoui et sapant les principes du droit international.
M. Seghilani

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