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RESISTER PAR LA CULTURE : Comment le peuple sahraoui défie l’occupation marocaine

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La journaliste et écrivaine espagnole spécialisée dans les questions sociales et politiques en Afrique du Nord, Laura Casilles, alerte sur la situation préoccupante de la culture sahraouie, qu’elle décrit comme une « nouvelle bataille » dans le cadre de l’occupation marocaine. Dans un article intitulé « La culture : un autre champ de bataille dans l’occupation du Sahara occidental », publié sur la plateforme espagnole LaMaria, Casilles explique que le Maroc cherche à contrôler les symboles culturels du peuple sahraoui et à effacer son identité nationale pour imposer un récit fictif au service de ses ambitions coloniales.
L’auteure rappelle que ces politiques coercitives se sont manifestées de manière flagrante dès les manifestations de «Gdeim Izik» en novembre 2010, réprimées dans le sang par les autorités marocaines. Des centaines de personnes furent arrêtées, tandis que le camping traditionnel – symbole de résistance et d’organisation populaire – fut interdit. Selon Casilles, cette interdiction n’était pas un simple geste sécuritaire, mais une politique systématique visant à désarticuler la société de l’intérieur. Les mesures se sont étendues à la langue, à l’éducation et aux sites historiques.
Casilles souligne que l’hassanya, langue du peuple sahraoui, est réprimée dans les territoires occupés et progressivement remplacée par le dialecte marocain. Officiellement, elle est intégrée à l’« identité culturelle marocaine », dans une double démarche visant à effacer la dimension politique de la culture sahraouie. La journaliste aborde également le patrimoine matériel, évoquant la destruction de milliers de gravures rupestres et d’artefacts historiques à cause de projets d’occupation ou de la construction du mur de séparation. Elle cite l’exemple du site d’Al-Assly, transformé en carrière après qu’une entreprise marocaine y eut obtenu un permis. La mobilisation populaire et médiatique a forcé le retrait du permis, mais les dommages étaient déjà considérables. En parallèle, Casilles dénonce le détournement de la culture sahraouie. Dans les festivals organisés au Maroc, le patrimoine sahraoui est présenté comme folklore touristique, neutralisant toute portée nationale et politique, tandis qu’il est interdit dans les territoires occupés. Malgré ces pressions, le peuple sahraoui persiste et utilise la culture comme outil de résistance. Dans les camps de réfugiés et certaines villes du Sahara occidental, musique, poésie et théâtre servent à sensibiliser la population à la cause nationale et à transmettre des valeurs fondamentales. Laura Casilles conclut son analyse en affirmant que la culture n’est pas seulement un héritage ou un art, mais la première ligne de défense de l’identité nationale sahraouie.
M. S.

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