Le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, a participé mardi, par visioconférence, à une réunion ministérielle du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA), consacrée principalement à l’évolution de la situation en Somalie.
La rencontre s’est tenue dans un contexte régional et international marqué par de fortes tensions géopolitiques et de nouvelles tentatives de déstabilisation en Afrique, indique un communiqué du ministère.
Dans une allocution ferme et structurée, le chef de la diplomatie algérienne a réitéré la condamnation sans équivoque de l’Algérie de la reconnaissance unilatérale du soi-disant « État du Somaliland » par les autorités d’occupation israéliennes, qualifiant cette démarche de grave atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la République fédérale de Somalie. Il a, dans le même temps, réaffirmé la solidarité « indéfectible » de l’Algérie avec le peuple et les institutions somaliennes dans leurs efforts visant à préserver l’unité nationale, renforcer la cohésion interne et restaurer durablement la paix et la sécurité. Attaf a inscrit cette décision israélienne dans une dynamique plus large de déstabilisation, soulignant qu’après avoir « semé l’instabilité, la tragédie et le chaos » au Moyen-Orient à travers des agressions répétées à Ghaza, en Cisjordanie, au Liban, en Syrie, au Yémen et en Iran, la puissance occupante chercherait désormais à ouvrir un nouveau foyer de tensions dans la Corne de l’Afrique. Une démarche dont, a-t-il averti, «rien de bon ne sortira », ni pour le Somaliland, ni pour la Somalie, ni pour l’ensemble de la région. Pour le ministre algérien, la question soulevée devant le CPS dépasse largement le cadre strictement somalien. Elle constitue d’abord une préoccupation nationale majeure pour la Somalie, dans la mesure où l’action unilatérale israélienne menace de compromettre les efforts constants visant à promouvoir une gouvernance inclusive et à consolider la paix.
Elle est également une source d’inquiétude régionale, la Corne de l’Afrique étant déjà confrontée à des fragilités structurelles et à des crises prolongées, que toute nouvelle ingérence ne ferait qu’aggraver. Sur le plan continental, Attaf a mis en garde contre une violation grave de l’un des principes fondateurs de l’architecture normative africaine : l’intangibilité des frontières héritées de l’indépendance. Un principe, a-t-il rappelé, qui a permis au continent d’éviter de nombreux conflits territoriaux et de contenir les dynamiques sécessionnistes. À l’échelle internationale enfin, cette reconnaissance unilatérale constitue, selon lui, une atteinte flagrante aux principes fondamentaux de l’ordre international contemporain, tels qu’inscrits dans la Charte des Nations unies.
Face à cette situation, le ministre d’État a estimé que la réunion du CPS devait aller au-delà des simples condamnations de principe et des déclarations de solidarité. Il a plaidé pour un engagement collectif renouvelé en faveur de l’unité africaine, seule à même de faire face aux tentatives de déstabilisation visant les États africains, de défendre le cadre normatif commun du continent et de préserver un ordre international fondé sur des règles équitables.
« Ce n’est que par l’unité que les pays africains peuvent véritablement préserver leurs intérêts », a-t-il conclu, dans un monde de plus en plus marqué par l’hégémonie, la domination et le mépris du droit international. Un appel clair à la cohésion continentale, alors que la Somalie et l’Afrique dans son ensemble font face à des défis sécuritaires et politiques d’une ampleur croissante.
M. Seghilani













































