phosphate spolié par le Maroc

PHOSPHATE SAHRAOUI : Action en justice contre le Fonds néo-zélandais

La représentation du Front Polisario en Australie et en Nouvelle-Zélande a déclaré  que le Front Polisario avait engagé une action en justice devant la Haute Cour de Nouvelle-Zélande contre le Fonds de pension de retraite néo-zélandais, pour son investissement dans les exportations de phosphates extraits et importés illégalement des territoires occupés du Sahara occidental.
Le Front Polisario a « entamé une action en justice dans le cadre de ses efforts pour arrêter les exportations illégales de phosphate naturel du Sahara occidental occupé vers la Nouvelle-Zélande », a rapporté l’Agence SPS, soulignant que « certaines décisions d’investissement néo-zélandaises soutiennent l’occupation illégale continue du Maroc du Sahara occidental, ainsi que l’extraction et l’exportation illégales de phosphate sahraoui ». Le représentant sahraoui en Australie et en Nouvelle-Zélande, Kamal Fadel, a déclaré que « le peuple sahraoui est déterminé à protéger ses ressources naturelles par tous les moyens disponibles. Cette action en justice est un message à tous ceux qui sont impliqués dans l’exploitation illégales des ressources naturelles sahraouies ». Cette demande fait suite à une action en justice couronnée de succès par le Front Polisario à l’étranger, y compris la saisie et la vente d’une cargaison de phosphate du Sahara occidental en 2017 qui transitait par l’Afrique du Sud en route vers la Nouvelle-Zélande. Dans cette affaire, la Haute Cour d’Afrique du Sud a conclu que le gouvernement sahraoui était propriétaire de la cargaison et a observé que le Sahara occidental était illégalement occupé par le Maroc par le recours à la force armée.
L’Organisation des Nations unies ne reconnaît  aucune souveraineté du  Maroc sur le Sahara occidental occupé  en 1975. La Cour internationale de Justice a conclu que le Maroc n’avait pas de liens historiques avec le Sahara occidental susceptibles de soutenir une revendication de souveraineté. « Le Front Polisario a été reconnu par les Nations unies comme le représentant légitime du peuple sahraoui. En 1976, le Polisario a proclamé la République arabe sahraouie démocratique (RASD) comme gouvernement légitime représentant le peuple sahraoui. En 1982, la RASD est devenue membre de l’Organisation de l’unité africaine, pour devenir, en 2001, membre fondateur de l’Union africaine », rappelle-t-on. Tout au long de l’occupation marocaine, le phosphate a été extrait à Bou Craâ et exporté via le port d’El-Ayoune  par Phosphates de Boucraâ, qui appartient à la famille royale marocaine. Le Front Polisario a expliqué que l’extraction et l’exportation annuelles de phosphate incitent le Maroc à poursuivre son occupation illégale du Sahara occidental et à diriger une économie en extension de son annexion du territoire. « Cela encourage le Maroc à continuer de retarder un référendum sous les auspices des Nations unies qui permettrait au Sahara occidental d’affirmer sa souveraineté indépendante », a souligné le Front Polisario.
Au cours de la dernière décennie, un certain nombre d’entreprises dans le monde ont cessé d’importer du phosphate sahraoui pour des raisons éthiques, et des pays comme l’Australie, le Canada et les États-Unis n’importent plus de phosphate du territoire occupé. Cependant, souligne le Front Polisario, les sociétés néo-zélandaises « Ballance Agri-Nutrients Limited (Ballance) et Ravensdown Limited (Ravensdown) » continuent d’acheter et d’importer illégalement du phosphate sahraoui et, par leur intermédiaire, la Nouvelle-Zélande est le seul importateur restant de phosphate sahraoui dans le monde occidental.
M. Bendib