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PAIX ET SÉCURITÉ EN AFRIQUE : Pour une action concertée conforme aux principes de l’UA

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Les travaux de la 12e session du Séminaire de haut niveau sur la paix et la sécurité en Afrique sont ouverts, depuis hier, au CIC à Alger, en présence de hauts dirigeants des instances africaines. 

Dans son allocution à l’ouverture des travaux de la 12e session du Séminaire de haut niveau sur la paix et la sécurité en Afrique, le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, a appelé à faire de cette édition du Processus d’Oran, qui se tient dans la capitale Alger, « une occasion pour renouveler l’engagement à plaider d’une seule et même voix les priorités africaines au sein du Conseil de sécurité des Nations unies et dans les différents espaces de l’action multilatérale internationale ». Il a également appelé à faire de cette conférence soit l’opportunité de « renouveler l’engagement à poursuivre la mobilisation pour mettre fin à la marginalisation de l’Afrique dans les différents cercles et centres de décision internationaux.

Attaf a rappelé que douze ans plus tard, le Processus d’Oran est revenu au point de départ, « là où il a fait ses premiers pas, afin d’évaluer les avancées remarquables accomplies dans la mise en œuvre de cette vision stratégique et sa traduction en une réalité tangible au sein des Nations unies et de leur Conseil de sécurité.

Il n’a pas manqué d’affirmer que ce retour dans la capitale algérienne pour constater collectivement trois vérités éclatantes, qui sont véritablement source de fierté. « Nous sommes fiers que le Processus d’Oran soit devenu un rendez-vous continental régulier, établi de manière formelle à l’agenda de notre Union africaine et de son vénérable Conseil de paix et de sécurité. Nous sommes également fiers que les trois pays africains au Conseil de sécurité forment désormais un bloc unique et uni, un bloc reconnu, doté d’une identité affirmée et de positions solides et cohérentes. Nous sommes aussi fiers qu’en confiant à ses représentants siégeant au Conseil de sécurité des Nations unies la mission de plaider en son nom et pour ses priorités, l’Afrique a atteint un statut qu’aucun autre continent n’a atteint avant elle, celui d’être représentée non par des voix nationales dispersées, mais par une seule voix, unifiée — la voix du continent africain dans son ensemble », a-t-il indiqué.

Développant son allocution Attaf a souligné que ces trois acquis n’auraient pu être réalisés sans l’engagement de tous les États africains et leur adhésion aux objectifs du Processus d’Oran. « Nos remerciements les plus sincères vont à l’ensemble des pays de notre continent, qui se sont succédé aux trois sièges africains du Conseil de sécurité depuis la première édition du Processus jusqu’à aujourd’hui. L’Algérie est honorée d’avoir toujours été un acteur engagé dans cette démarche, hier comme pays hôte du Processus d’Oran, et aujourd’hui, en plus de ce rôle, comme membre du Conseil de sécurité des Nations unies et du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine. Alors que nous nous apprêtons à conclure notre mandat au Conseil de sécurité, nous espérons avoir été à la hauteur des responsabilités qui nous incombaient envers notre continent et nos frères africains. 

Avec nos partenaires de la République fédérale de Somalie et de la République de Sierra Leone, nous nous sommes attachés à former un bloc cohérent au sein du Conseil — un bloc qui exprime des positions africaines, et non des positions nationales, chaque fois que les questions de paix et de sécurité en Afrique étaient en jeu », a-t-il soutenu.

Des initiatives conformes aux orientations du CPS de l’UA

Abordant les positions défendues par le bloc africain au Conseil de sécurité, le ministre d’Etat a indiqué que, « nous nous sommes attachés à ce que nos positions s’appuient sur les décisions de l’Union africaine, à ce que nos initiatives soient conformes aux orientations de son Conseil de paix et de sécurité, et à ce que nos actions soient pleinement en harmonie avec la doctrine africaine consacrée en matière de prévention des causes de tension et de conflit. Nous vous remercions sincèrement pour la confiance précieuse que vous nous avez accordée au cours des deux dernières années », a-t-il avant de souhaiter bonne chance, « et plein succès à nos successeurs au Conseil de sécurité des Nations Unies — la République démocratique du Congo et la République du Libéria. Nous adressons à ces deux pays frères nos plus chaleureuses félicitations pour leur élection et leur transmettons l’expérience et l’expertise que l’Algérie a accumulées durant son mandat, afin qu’ils puissent poursuivre l’élévation de la voix de l’Afrique au sein du Conseil, malgré la complexité de la conjoncture internationale actuelle et les défis majeurs qu’elle impose ».

Il estimera dans son allocution qu’il n’est ni excessif ni exagéré d’affirmer que la conjoncture internationale actuelle est loin d’être ordinaire. « Il s’agit d’une période de profonde crise, d’instabilité aiguë et de complexité extrême, marquée par la polarisation, les divisions et les conflits — une période où une volonté déterminée cherche à remettre en cause les acquis les plus précieux de l’humanité depuis les débuts de son histoire, à savoir : le droit international comme arbitre suprême entre les nations,  le multilatéralisme comme méthode de coopération face aux défis partagés et l’Organisation des Nations Unies comme phare du droit, de la justice et de la légalité, et comme espace commun de dialogue, de rapprochement et de règlement des différends.

Il estimera qu’une telle conjoncture impose inévitablement des défis supplémentaires au continent africain, « d’autant plus que nous observons le recul préoccupant de l’attention internationale portée aux questions de paix et de sécurité en Afrique, lesquelles disparaissent progressivement des priorités de la communauté internationale. 

La guerre au Soudan approche de sa troisième année, générant la plus grave crise humanitaire au monde, sans que ne pointe à l’horizon la moindre perspective de règlement politique susceptible de mettre fin aux souffrances du peuple soudanais frère. La crise en Libye, après quatorze années, est devenue un dossier oublié, tant au niveau continental qu’international, comme si tous s’étaient résignés à la logique des factions internes et des ingérences étrangères, en la considérant comme un sort inévitable. La dernière colonie de notre continent marque cette année soixante-deux ans depuis que la communauté internationale s’est engagée, en inscrivant le Sahara occidental sur la liste des territoires non autonomes, à permettre à son peuple d’exercer son droit inaliénable et imprescriptible à l’autodétermination, conformément à la légalité internationale pertinente et à la doctrine onusienne consacrée en matière de décolonisation et la situation dans la région sahélo-saharienne a dépassé tous les seuils de crise — sur les plans sécuritaire, politique et économique — sans qu’aucune initiative significative n’émerge, ni pour traiter les changements anticonstitutionnels de gouvernement devenus des faits accomplis, ni pour affronter la menace terroriste qui s’est intensifiée à un niveau sans précédent dans cet espace africain », a-t-il rappelé tout en faisant remarquer que les tensions continuent de meubler le quotidien des peuples d’autres régions du continent, « notamment dans la région des Grands Lacs et dans la Corne de l’Afrique ce qui démontre que l’absence de solutions durables ne fait que reproduire les mêmes crises sous des formes plus graves et plus dangereuses ».

La force de l’Afrique réside en elle-même

Il estimera que la conjoncture mondiale et la réalité des défis qui se posent au continent, « nous imposent, par objectivité et par conscience de nous interroger nous-mêmes avant d’interroger autrui, et de porter d’abord notre regard critique sur nos propres manquements avant de les adresser aux autres. Il dressera dans ce cadre, les éléments qui sont à l’origine des difficultés que vit le continent sur le plan sécuritaire en affirmant que, « le recul du rôle diplomatique continental est malheureusement devenu une caractéristique marquante du paysage africain de la paix et de la sécurité. La faible attention africaine portée à nos propres zones de tension a été un facteur déterminant de leur marginalisation dans l’agenda multilatéral international. Et la rareté des initiatives africaines pour résoudre les conflits a ouvert un large espace aux interventions extérieures, tant en nombre qu’en portée ». Il soulignera dans ce contexte que le continent a aujourd’hui plus que jamais besoin de renforcer son rôle diplomatique, de concevoir et de mettre en œuvre des solutions africaines aux problèmes africains, et de raviver sa tradition diplomatique, une tradition dont l’efficacité a été démontrée tout au long de son histoire récente et plus ancienne : une tradition fondée sur une présence active dans les foyers de crise et de conflit, une tradition reposant sur un dialogue constructif avec toutes les parties prenantes, une tradition animée par des initiatives de médiation proactive permettant de prévenir l’escalade et d’éviter la complexification des crises’. Telle est la responsabilité qui s’impose à nous aujourd’hui, une responsabilité collective et partagée entre tous les États membres et les communautés économiques régionales concernées, en coopération avec notre organisation continentale, l’Union africaine. 

Et le groupe africain au Conseil de sécurité des Nations unies ne saurait être qu’un soutien, un relais et une amplification de cet effort africain authentique au niveau international ». Il estimera que la force de l’Afrique réside en elle-même. « Cela ne signifie nullement renoncer à la lutte pour obtenir la place que mérite notre continent dans tous les centres décisionnels internationaux — politiques, sécuritaires et économiques. 

Cela signifie rappeler, comme l’a affirmé notre regretté leader africain Kwame Nkrumah, que les forces qui nous unissent sont intrinsèques et plus fortes que les influences superposées qui cherchent à nous diviser », avant d’appeler à faire de cette édition du processus d’Oran qui se tient dans la capitale Alger,  «  l’occasion de renouveler nos engagements de redoubler d’efforts pour élaborer des solutions africaines aux maux africains, de plaider d’une seule voix pour les priorités de l’Afrique au Conseil de sécurité et dans tous les forums multilatéraux et de poursuivre la mobilisation afin de mettre fin à la marginalisation de l’Afrique dans les instances où se prennent les décisions internationales.

Synthèse Slimane B.

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