Foncier

Oran : la mafia du foncier toujours vorace

La mafia du foncier ne veut pas désarmer à Oran et chaque jour qui passe montre sa cupidité et sa voracité elle, qui a appris à s’adapter à toutes les situations pour s’enrichir  encore plus.  Ces derniers temps, une  nouvelle astuce visant à détourner les terres agricoles de leur vocation initiale pour en faire des lots de terrains à bâtir, fait fureur parmi les pontes de cette mafia.

En effet, certains chanceux qui ont eu à bénéficier de concessions de terres agricoles dans le cadre du programme de la mise en valeur, n’ont pas trouvé aujourd’hui meilleur moyen pour se remplir les poches, que de déraciner des centaines d’arbres fruitiers avant de céder leur terre au plus offrant. La nouvelle astuce pour détourner les terres agricoles de leur vocation initiale consiste, en premier lieu, a ériger autour de ces espaces de hauts murs de clôture pour éviter d’éveiller les soupçons et à morceler cette terre en lots de terrains à bâtir  pour les vendre dans l’indivision  en attendant la régularisation de leur situation administrative. Ces pratiques sont constatées à haï Ben Daoud, commune de Bir el-Djir, ainsi qu’a haï Chahid Mahmoud,  commune de Hassi Bounif, à Sidi Maârouf, commune de sidi Chahmi, ou encore à haï El-Hachem, commune de Boutlélis. À travers ce mode opératoire, les auteurs de tels actes mettent l’administration devant le fait accompli, en «encourageant» la construction illégale de centaines de villas sur ces terres agricoles pour abriter des centaines de familles que les autorités ne pourront pas déloger par la suite. À titre d’exemple, à haï Bendaoud une terre agricole qui surplombe haï Mohamed Bouchouicha, qui contenait plusieurs dizaines d’arbres fruitiers, a été vendue à une tierce personne. Cet acquéreur l’a morcelé en lots de terrain à bâtir de 150, 200 et 500 mètres carré chacun, qu’il propose à des prix variant entre 350 000 et 400 000 Dinars le mètre carré. Au niveau de la direction de l’Agriculture on affirme que cette terre est agricole, cédée dans le cadre d’une concession. Elle ne doit pas être rétrocédée ou subir un changement  de vocation. Malheureusement, nous avons appris qu’un certificat d’urbanisme aurait été délivré par l’APC au nouveau propriétaire. Selon une source bien informée, ce document n’a aucune valeur  tant que cette terre agricole n’est pas déclassée conformément  à la réglementation en vigueur. Par ailleurs, nous avons également appris  que l’APC de Bir el-Djir aurait établi une réquisition de la force publique pour rétablir la nature de cette terre, mais elle aurait été retirée semble-t-il. Dans le cadre d’une enquête, les gendarmes se sont déplacés deux fois sur site sans trouver le propriétaire. Face au détournement des terres agricoles de leur vocation initiale et, au moment où des milliards de dollars sont consacrés chaque année aux importations des produits agricoles et alimentaires et dont la facture ne cesse de s’alourdir d’année en année pour couvrir les besoins en produits alimentaires de la population. Il est à se demander ce que devient l’application de la loi concernant la protection des terres agricoles qui sont à la base de l’indépendance alimentaire de tout pays. Certains citoyens s’étonnent, à juste titre, du mutisme  des responsables sur la destruction de cette ressource essentielle par l’urbanisation à outrance. Et, en attendant, la mafia du foncier se frotte les mains.
Slimane B.