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MODERNISATION DU FRET AÉRIEN : Air Algérie et l’aéroport d’Alger scellent un partenariat stratégique 

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Dans un monde où la compétitivité économique se mesure aussi à la rapidité de circulation des marchandises, les plateformes logistiques deviennent des instruments de puissance. 

En misant sur le fret aérien, l’Algérie cherche aujourd’hui à transformer son positionnement géographique en véritable avantage stratégique. La compagnie aérienne nationale Air Algérie a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie de modernisation en signant, jeudi soir à Alger, une convention de partenariat avec la Société de gestion des services et infrastructures aéroportuaires d’Alger (SGSIA-Alger). L’accord, paraphé par les PDG Hamza Benhamouda et Mokhtar Saïd Mediouni, vise la création d’un centre de fret aérien moderne destiné à renforcer les capacités logistiques nationales et à accompagner la diversification économique du pays. Organisée dans une atmosphère officielle, la cérémonie de signature a réuni plusieurs responsables institutionnels et économiques, parmi lesquels des représentants des Douanes, de l’Agence algérienne de développement des investissements et du secteur énergétique. Tous ont souligné l’importance de ce projet dans la transformation du transport aérien de marchandises, considéré désormais comme un levier stratégique du commerce extérieur. Au cœur de cette initiative figure le développement d’un hub logistique capable de repositionner l’Algérie sur les grandes routes commerciales régionales et internationales. Pour le PDG d’Air Algérie, ce projet s’inscrit dans la dynamique de modernisation engagée par l’État et répond aux orientations nationales visant à encourager les exportations hors hydrocarbures et à intégrer progressivement les chaînes de valeur mondiales.

Un hub logistique à vocation internationale

Le projet prévoit l’aménagement d’une nouvelle zone de fret au sud-est de l’aéroport international d’Alger. La première phase comprend la rénovation du Terminal 3, dont le bâtiment existant de plus de 10 000 mètres carrés sera réhabilité pour accueillir un centre opérationnel moderne doté d’une capacité de stockage de 25 500 mètres cubes. Des espaces dédiés au traitement des importations et exportations, des entrepôts modernes, des chambres froides pour les produits pharmaceutiques et alimentaires ainsi que des installations douanières y seront intégrés. Une extension future de 5 000 mètres carrés permettra d’augmenter davantage la capacité logistique, tandis qu’un bâtiment administratif moderne de trois étages assurera la gestion commerciale et opérationnelle du site. L’achèvement de la première phase est attendu dans un délai de douze mois, alors que l’extension complète devrait être finalisée dans les deux années suivantes. Selon Hamza Benhamouda, le développement du fret aérien repose sur une approche globale combinant investissement infrastructurel, digitalisation des opérations et adoption de systèmes intégrés de gestion. Le contrat d’exploitation, d’une durée de trente ans, offre une visibilité stratégique à long terme et garantit la pérennité du modèle économique basé sur l’autofinancement. Les projections annoncées témoignent d’ambitions élevées. Le volume de fret devrait passer de 19 000 tonnes à plus de 65 000 tonnes d’ici 2029, soutenu par une croissance annuelle supérieure à 25 %. Cette progression s’appuie également sur le renforcement de la flotte cargo, passée d’un seul appareil à six avions, permettant d’élargir les dessertes vers l’Afrique, l’Europe, l’Asie et l’Amérique du Nord.

Une ouverture renforcée vers l’Afrique

Au-delà des infrastructures, Air Algérie mise sur le développement de partenariats internationaux pour consolider sa présence sur les marchés émergents. Des accords signés à Addis-Abeba avec des organisations économiques africaines visent à faciliter les échanges intra-africains. Un partenariat stratégique avec Ethiopian Airlines dans le domaine du fret devrait également être finalisé prochainement afin d’optimiser les réseaux de transport et d’accroître la connectivité continentale. Cette orientation s’inscrit dans la logique de la Zone de libre-échange continentale africaine, considérée comme une opportunité majeure pour les opérateurs économiques nationaux. Le fret aérien apparaît ainsi comme un outil essentiel pour accélérer l’accès aux marchés africains et soutenir la stratégie nationale de diversification économique. De son côté, le PDG de la SGSIA-Alger a insisté sur la dimension structurelle du projet. La création du centre de fret répond, selon lui, à une vision globale visant à moderniser les infrastructures aéroportuaires selon les standards internationaux. L’introduction de systèmes intelligents, la digitalisation des procédures et la coordination renforcée entre les intervenants devraient permettre une gestion plus fluide et plus rapide des flux de marchandises.

Une transformation globale de l’aéroport d’Alger

Le projet de fret s’inscrit également dans une transformation plus large de l’expérience aéroportuaire. La SGSIA-Alger poursuit la modernisation des services destinés aux voyageurs, notamment à travers l’installation de bornes d’enregistrement en libre-service, l’intégration de technologies biométriques et la digitalisation du parcours passager. 

Des espaces commerciaux modernisés, des zones de loisirs et des installations dédiées aux familles sont progressivement déployés afin d’améliorer le confort des usagers. 

Parallèlement, des initiatives environnementales ont été lancées, telles que l’introduction de bus électriques et la mise en place de systèmes avancés de gestion du risque aviaire, traduisant une volonté d’adopter un modèle aéroportuaire durable. Dans cette dynamique, Air Algérie Cargo joue un rôle central. Son directeur général, Abdelkader Salmi, a présenté une feuille de route axée sur l’automatisation du traitement des marchandises, l’optimisation commerciale et l’expansion vers les marchés africains. 

L’entreprise opère déjà des liaisons vers Nouakchott, Dakar et N’Djamena, tout en développant une expertise dans le transport de marchandises spécialisées, y compris celles liées à l’industrie pétrolière. La première livraison du projet est attendue pour fin 2026, avec un achèvement global prévu à l’horizon 2027. 

À terme, l’objectif est clair : transformer l’aéroport international d’Alger en plateforme logistique régionale capable d’attirer les flux commerciaux et de soutenir la croissance économique nationale.

En misant sur le fret aérien, l’Algérie cherche désormais à dépasser son rôle de simple marché pour devenir un carrefour d’échanges. Reste à savoir si cette ambition logistique saura suivre le rythme accéléré du commerce mondial.

Mohamed Amine Toumiat

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