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3 mars 2024
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ACTUALITÉ

Menasra à propos de la conférence du FFS : «le pouvoir doit s’impliquer»

Le Front du changement (FC) a confirmé, hier à Alger, sa participation à la Conférence nationale du consensus (CNC), initiée par le Front des forces socialistes, sans aucun préalable. En effet, à l’issue d’une rencontre ayant regroupé les responsables des directions des deux partis, Abdelmadjid Menasra, président du FC, a déclaré que son parti s’engage à poursuivre son travail d’accompagnement de la démarche du FFS, tout en saluant les initiateurs sur leur patience et leur détermination à réussir cette rencontre, qui vise à réunir toutes les tendances et les sensibilités politiques nationales, sans exclusion, a-t-il souligné, lors du point de presse organisé avec son homologue du FFS, Mohamed Nebbou. «Le pouvoir ne doit pas rester spectateur», a lâché Menasra lorsqu’il est revenu sur les conditions posées par les partis du pouvoir. Sans les citer, il estime que parler d’un préalable avant l’arrivée de l’échéance n’a pas de sens, car, pour lui, la CNC n’est pas une fin en soi et qu’il faudrait d’abord se réunir, pour qu’ensuite, chaque partie défendra sa position, a-t-il précisé. Menasra a avoué que son parti «aurait posé des préalables au pouvoir », mais pas à une formation politique, a-t-il ajouté, pour semble-t-il exprimer son attachement au principe de consensus, dont il affirme que son parti adhère à tout projet visant l’intérêt des Algériens. En outre, le président du FC a assuré que son parti respecte tous les avis émanant des formations politiques moins influentes au pouvoir, seulement, elles n’ont de position que pour se maintenir ou franchir un pas vers ce même pouvoir, a-t-il lancé une « pique» à l’adresse de partis qui gravitent autour du sérail. Cependant, Menasra reste sceptique quant à la réussite de cette rencontre sans l’engagement des partis du pouvoir notamment, en indiquant que même si l’initiative venait à échouer, ce ne serait pas forcément la faute au FFS, mais à celle de toute la classe politique. Une déclaration qui sonne le glas de l’initiative du parti de Hocine Aït Ahmed, mais que les espoirs restent permis, semble dire Menasra. En effet, pour arriver à organiser la CNC, le président du FC a proposé aux responsables du FFS d’élaborer «une feuille de route», à travers laquelle tous les points de divergences des différentes parties devraient être levés, avant d’aller à cette rencontre. C’est ce qui pourrait contribuer, selon lui, à aplanir les différences de points de vue, seule solution qui puisse aboutir à un rapprochement entre les positions des uns et des autres, a-t-il souligné. « Il faudrait laisser de côté les positions partisanes et arrêter les calculs politiciens, et ne se focaliser que sur les objectifs communs de tous les Algériens», a précisé le président du FC, pour qui la conférence ne constitue pas un terrain de rivalités politiques. Menasra est convaincu que sans le soutien et l’adhésion des partis du pouvoir, l’initiative serait vouée à l’échec. De son côté, le premier secrétaire du FFS est revenu sur la proposition de son partenaire du FC, pour expliquer qu’à l’instar de toutes les recommandations des autres partenaires consultés, la feuille de route du FC, fera l’objet de discussions entre les membres du groupe de travail, désignés par tous les partis, et qui sera installé incessamment, a-t-il noté. D’ailleurs, c’est la seule réponse ressassée par Nebbou, en réponse à chaque question posée par les journalistes présents à cette rencontre. Comme pour assurer de la détermination de son parti à « aller jusqu’au bout de sa mission», l’a-t-il formulé, Nebbou a rappelé les deux engagements envers lesquels devrait se souscrire chaque participant, portant sur l’éthique et le politique. Ces engagements visent selon Nebbou, à éviter des dérapages et toute attaque entres différents partenaires.

«Oui à la participation de l’ex-FIS»
Interrogé au sujet de la position de son parti, par rapport à une probable participation des membres de l’ex-FIS, Menasra a affirmé ne pas être contre leur participation. D’ailleurs, il n’a pas hésité à faire le parallèle avec les préalables posés par Amara Benyounès, secrétaire général du MPA, au sujet des éléments du parti dissous, dont il a indiqué ne pas prendre part à la CNC du FFS, s’ils venaient à y prendre part. Le président du FC a mis en avant son argumentaire en estimant que «des éléments de la direction de l’ex-parti dissous, de ceux mêmes qui ont pris les armes, ont été reçus à la présidence de la République, qui est la plus haute institution souveraine du pays…», a argué Menasra en faisant allusion aux déclarations faites récemment par l’actuel ministre du Commerce, qui a posé ses préalables au FFS. Il a ajouté que les membres de l’ex-FIS sont des algériens, donc ils ne pourraient être exclus, dès lors qu’ils jouissent, en plus, des faveurs de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, a-t-il noté.

Marche de la CNLTD : les réserves de Menasra
S’agissant de l’appel à la marche lancé pour le 24 février prochain, par les partis de l’opposition réunis autour de la Coordination nationale pour les libertés et la transition démocratique (CNLTD), Mohamed Nebbou s’est refusé à donner tout commentaire, balayant d’un revers de main la question, tout en indiquant que son parti se concentre sur sa propre initiative, qui représente pour lui, le seul cadre de dialogue et de concertation autour des défis qui attendent le pays, a-t-il estimé, comme il a l’habitude de le faire d’ailleurs, à chaque fois qu’une question invoque le camps de l’opposition. Contrairement au FFS, Abdelmadjid Menasra, a estimé que les formations politiques agréées, donc qui activent dans la légalité, ont le droit absolu d’organiser des actions de protestations et jouir de leur liberté de rassemblement et de réunion, tant que celles-ci respectent les loi de la République. Interrogé s’il répondrait à l’appel de l’Instance de suivi et de concertation de l’opposition (ISCO) de la CNLTD, pour des actions de protestations contre l’exploitation du gaz de schiste, Menasra a déclaré qu’il va participer uniquement si la marche est autorisée par les pouvoirs publics. Car, «je ne veux pas compliquer d’avantage la situation», a-t-il souligné, tout en indiquant qu’il n’est pas contre le principe de cette action.
Farid Guellil

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